FEU/FEUE (2 de 2)

La valse-hésitation de    feu la… / la feue…

2-    Son sens et son emploi

Sens de feu

Appelé à dire, dans vos propres mots, ce que signifie feu dans la notice nécrologique en question, vous diriez fort probablement : mort, défunt, décédé, trépassé. Le message est, à ne pas en douter : certains parents de la défunte ont passé l’arme à gauche avant elle. C’est ce que tout un chacun comprend, et moi de même. Là où mon embarras commence, c’est quand je lis la définition de feu que donne le Robert.

Selon cet ouvrage, non seulement faut-il que la personne en question soit morte, mais qu’elle le soit depuis peu pour que l’on puisse utiliser feu! Cette restriction de temps ne m’était pas connue. Pourtant on la trouve dans d’autres dictionnaires de langue (Larousse, Antidote) ou  de difficultés du français (Girodet, Colin, Péchoin & Dauphin, Hanse). Il arrive même que  « qui est mort depuis peu » soit accompagné de « défunt », comme dans le Larousse en ligne. Là, mon embarras augmente. Mort depuis peu et défunt véhiculeraient la même idée? Si tel est le cas, les dictionnaires se font muets sur le sujet, car défunt n’est jamais défini autrement que par : qui est mort, décédé. Autrement dit, une personne qui mange les pissenlits par les racines est dite feue si elle est morte depuis peu; mais défunte si elle est tout simplement morte, peu importe le moment de son décès. Alors, pourquoi les donner comme acceptions équivalentes? Que signifie, dans les faits, depuis peu? Difficile à dire, car la formulation est plutôt vague. Hanse (1991) ajoute même « on dit plus souvent défunt, si la mort date de plus longtemps ». Mais de combien d’années parle-t-il? On ne saurait dire. À mes yeux, de plus longtemps n’est pas plus précis que depuis peu.

Cette restriction de temps, est-elle récente? Le sens que l’on donne à feu ne s’est pas imposé sans soubresaut. Une petite recherche dans les Dictionnaires d’autrefois m’a
fait découvrir, là aussi, une valse-hésitation.

  • Selon Nicot (1606), feu « signifie defunct, trespassé, comme, Le feu Roy, feu mon père ». Dire feu mon père ne signifie donc rien de plus que mon père est mort. Sans précision sur la date de son décès.
  • En 1694, donc dès la 1e éd. de son dictionnaire (DAF), l’Académie française ajoute  une précision qu’elle maintiendra jusqu’en 1798 (5e éd.) : « se dit ordinairement que De ceux qui sont morts, il n’y a pas long-temps. Feu mon pere. feuë ma mere. feu mon oncle. Quand on dit Le feu Pape. le feu Roy. la feuë Reine, &c. On entend tousjours le Pape  dernier mort, Le Roy dernier mort, &c. ».
  • Féraud (1787-1788) note une certaine variation de sens selon les sources : « Suivant Ménage, il ne se dit que des persones mortes, que nous avons vûes, ou que nous avons pu voir; suivant l’Acad. de ceux, qui sont morts il n’y a pas long-temps ». Il ajoute un peu plus loin que « Si nous avons conu ou pu conaître plusieurs de ces persones mortes, qui aient eu même dignité, ou même emploi, alors ces mots de feu, feûe ne s’entendent que de la persone, qui est morte la dernière ». Ne pourrait-on pas en conclure que la forme plurielle n’a pas droit à l’existence? Qui sait?
  • En 1835, l’Académie (DAF, 6e éd.) laisse tomber la restriction de temps : feu ne signifie plus alors que défunt! Exactement ce que Nicot rapportait en 1606.
  • En 1872-1877, Littré abonde dans le même sens : feu signifie défunt. Dans les Remarques qui accompagnent cette entrée, il s’aligne à la fois sur ce que Ménage et Féraud disaient : Rem. 4- Feu ne se dit que des personnes que nous avons vues ou que nous avons pu voir; Rem. 5- Quand on dit le feu pape, le feu roi, etc. on entend toujours le pape dernier mort, le roi dernier mort, etc. Rem. 6- On dit feu la reine s’il n’y a pas de reine vivante ; et la feue reine si une autre l’a remplacée. (Cette restriction ne se retrouve nulle part ailleurs.)
  • Puis, en 1935, l’Académie (8e éd.) réinstalle la restriction de temps et, à mon grand étonnement,  y ajoute même, dans la 9e éd. (1985), l’adjectif défunt.

Cette valse-hésitation s’observe également chez Grevisse. En 1980, dans Le Bon Usage (11e éd.), feu signifie « qui est mort depuis peu de temps ». En 1990, dans son Précis de grammaire française, il n’est plus défini que par défunt. Puis, en 2008, dans la dernière édition du Bon Usage (# 561), depuis peu réapparaît!

Quel sens faut-il vraiment donner à feu? Tout simplement mort  ou mort depuis peu? Il va sans dire que personne n’écrira feu Socrate ni feu Molière. On s’entend là-dessus. Mais pourrait-on dire feu George VI? Il est mort en 1952. Il n’y a donc pas si longtemps. Moi, je l’ai connu. Et vous, non? Je pourrais donc, moi, utiliser feu, mais pas vous. Il vous faudrait utiliser défunt, comme le conseille Hanse! Pour le moins étonnant, n’est-ce pas? Peut-être même serait-il préférable de n’en utiliser aucun, car il va de soi qu’il a rendu l’âme; c’est sa fille Élizabeth qui règne sur l’empire britannique depuis 1952. À vous de décider.

Que penser des feu utilisés dans la notice nécrologique? Veut-on laisser entendre que les personnes sont mortes récemment? Ou simplement qu’elles sont mortes? Je ne saurais dire, car opter pour la première laisse entendre que le rédacteur connaît cette subtilité de sens, ce qui n’est pas assuré; et opter pour la seconde laisse entendre que tout le monde pense comme moi, ce qui n’est pas non plus assuré.

Emploi de feu

Quand utiliser feu? Rarement, direz-vous. Et avec raison. Trouver des emplois  à cet adjectif n’est pas chose aisée. Mais qu’en disent les dictionnaires? Quelles marques d’usage lui associe-t-on? Vous l’aurez deviné, tout dépend du dictionnaire consulté.

  • Dans le Petit Robert (de 1967 à 2010), on trouve : Dr., littér. ou plaisant; dans le Colin (dict. des difficultés de la maison Robert), on a remplacé Dr. par admin., et on a laissé tomber littér.
  • Dans le Larousse 2000 ou en ligne, il n’est que littéraire; dans le Péchoin & Dauphin (dict. des difficultés de la maison Larousse, qui a remplacé le célèbre Thomas), on dit  que « feu ne s’emploie plus que dans la langue écrite de registre soutenu ou dans le style plaisant. »
  • L’Académie française (9e édition, 1985) le dit uniquement littéraire; le style plaisant n’est plus dans le décor. Et c’est compréhensible, car, si l’on devait faire la preuve d’un  tel emploi, on éprouverait de la difficulté. Feydeau, connu pour ses vaudevilles, l’a utilisé dans le titre d’une de ses pièces : Feu la mère de Madame, mais c’était en 1908. Voilà donc plus d’un siècle!

Son domaine d’emploi semble s’être rétréci comme une peau de chagrin. Je ne le vois que dans les notices nécrologiques. Il n’y a donc rien à redire sur son emploi dans  l’extrait qu’on m’a soumis.  Sauf peut-être sur sa répétition.

Emploi répétitif de feu 

Pour celui qui s’est fait dire d’éviter à tout prix les répétitions et qui s’est toujours fait un devoir de mettre en pratique l’enseignement reçu, cette notice nécrologique est l’exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire. Mais cessez de vous mettre  martel en tête, la non-répétition n’est pas une règle absolue. Tout dépend en fait de la nature du texte.

Dans la notice qui est à l’origine des deux derniers billets, la répétition de feu  à sept reprises ne peut que rendre lassante la lecture de cet extrait. Soit, mais l’esthétique n’est certainement pas la qualité première d’une notice nécrologique. Ce que l’on veut, d’abord et avant tout, c’est informer le lecteur que la personne qu’il a connue a rendu l’âme. Pas question de faire du style. Bien qu’il s’agisse d’un texte purement informatif, la qualité de l’écriture n’est quand même pas à jeter aux orties. Alors, la question qui se pose est de savoir s’il est possible de supprimer quelques feu sans dénaturer l’information. Si oui, lesquels?

On pourrait sans doute recourir à l’implicite, le sous-entendu, le non-dit. (Vous  me pardonnerez, j’espère, de ne pas avoir répété la préposition à.) Il n’est pas inhabituel qu’un enfant meure avant ses parents, c’est, comme qui dirait, dans l’ordre des choses. Étant donné que Lucie est morte à 95 ans, on peut affirmer, sans trop de risque de se tromper, que ses parents ne sont plus là. Pourquoi le préciser si cela va de soi? C’est, à la limite, une information superflue. On pourrait en dire autant d’Alphoma, la seconde femme de son père. Il y a donc là une économie possible de 3  feu.

Que dire de ses frères? Si Lucie avait une santé qui l’a fait vivre jusqu’à 95 ans,  rien ne nous interdit de penser que ses frères ont pu bénéficier, eux aussi, d’une aussi bonne génétique. Mais ils ont passé l’arme à gauche avant elle. Là, aucune économie possible. Pas plus d’ailleurs qu’en ce qui concerne ses belles-sœurs : l’une est morte, l’autre pas. Ces dernières informations ont donc leur raison d’être.

Bref, on peut, en se basant sur l’implicite, réduire à 4, le nombre de feu.  Voilà certes une amélioration, mais il en reste encore trop, et surtout ils sont trop rapprochés pour que le texte soit plaisant à lire. Mais, comme nous l’avons dit, l’auteur de la notice ne cherche pas à plaire, mais à informer.

Si l’on voulait se baser sur le sens pour éliminer d’autres feu, il nous faudrait  savoir depuis combien de temps les personnes en question sont mortes. Depuis  peu ou depuis un certain temps? On n’en sait rien, et vous ne saviez sans doute pas, tout comme moi, la restriction de temps que mentionnent les dictionnaires. Goosse (Bon Usage, 2008, # 324, p. 407) rajoute même une distinction nouvelle: « Il semble plus exact de dire que feu signifie « récemment décédé », non seulement par rapport au moment où l’on parle, mais parfois par rapport au moment dont on parle (et qui peut être éloigné) » : Ils (= le régent et le cardinal Dubois) avaient perdu l’appui qu’auraient été pour eux la tradition du précédent règne et le prestige du feu Roi (= Louis XIV). » Cette distinction ne fait rien d’autre qu’ajouter à la difficulté, ce qui n’était vraiment pas nécessaire.

Et si feu ne s’employait que pour parler d’une personne qu’on pourrait croire encore vivante, mais qui, dans les faits, ne l’est plus? Peut-être, mais cela n’est consigné nulle part, dans aucun dictionnaire actuel…

Maurice Rouleau

P.-S. –    Dans les trois (3) prochains billets, je me pencherai sur les caprices de l’accord du participe passé. N’allez surtout pas vous imaginer que je ferai le tour de la question. Loin de là. Ce serait trop long.

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18 commentaires pour FEU/FEUE (2 de 2)

  1. Marie dit :

    J’aime beaucoup la langue Française bien qu’elle ne soit pas ma langue maternelle. Je trouve ces informations très utiles à propos de l’utilisation du terme feu/feue. Je pensais à l’utiliser dans un tout récent message écrit, et j’ai hésité car je ne n’avais pas assez d’information sur son emploi. J’ai bien fait de n’en pas user. Merci bien.
    Lola, Boston Massachusetts

  2. Patricia Eeckhout dit :

    Quelle douce musique de lire un si beau français …. venu de si loin ! Merci Marie pour notre belle langue.

    Patricia
    Salles-sous-Bois
    France

  3. WTF ? o,o

    Okkkkkkkk, vous faîtes tout un articles sur un truc de merde mdrrrr, c’est n’imp’ –‘

    De : Manon Dessmons, collégienne à Louis Lumière, 38130, échirolles, France.

    • rouleaum dit :

      Bonjour Manon,

      Si je décode bien votre commentaire, vous n’avez pas trouvé mon texte intéressant. Vous m’en voyez désolé.
      Peut-être auriez-vous trouvé plus utile que je vous apprenne la conjugaison du verbe « faire » au présent de l’indicatif (vous faites et non vous faîtes) ou encore que je vous explique quand utiliser le pluriel (un article et non un articleS).
      Ou même que je vous enseigne quand employer la majuscule (Échirolles et non échirolles).
      Mais cela ne vous intéresse sans doute pas. Pourtant, votre prose y gagnerait beaucoup en qualité.

      Pour utiliser le même niveau de langue que le vôtre, c’est-à-dire « scatologique », je vous conseillerais de vous relire avant de chier sur la tête des gens.

      • Laroye dit :

        Parfaitement bien répondu à la petite collégienne

        • Laroye dit :

          Dans les actes anciens les notaires faisaient la distinction entre « feu » et « défunt ». « fille de feu Médulphe Chevarin et défunte Souveraine Chautard. Ici la notion de temps est bien réelle sinon pourquoi indiquer « feu » pour le père et « défunte » pour la mère? Cependant ma remarque est inexacte car dans ce cas le Notaire aurait indiqué « fille de défunts Médulphe Chevarin et Souveraine Chautard ». Généralement le mot « feu » indiquait un décès plus récent que « défunt » comme vous l’avez si bien expliqué. Merci infiniment. BL

  4. SOUN dit :

    jubilatoire !

  5. Jean dit :

    Bonjour, merci pour votre article !
    D’une certaine manière, vous soulevez le problème de l’utilité de l’adjectif feu dans notre langue écrite contemporaine. Cependant, je n’arrive pas à trouver une réponse à mon problème et votre « tour de la question » ne m’aide pas complètement à trancher. J’ai le conseil suivant à vous demander. Le titre d’un article dans un livre en phase de relecture est le suivant : « Témoignage de feu René Wei…., tiré du livre d’or de …  » Et ensuite l’article commence : « Feu René Weib…. nous a laissé un témoignage …  » On fait référence à d’autres personnes décédées dans ce livre, mais jamais avec « feu ». Je me demande donc si nous ne devrions pas tout simplement enlever « feu » dans cet article. René était connue de celui qui cite les extraits de ce témoignage et il est mort en 2001. Evidemment, il n’était pas mort au moment ou il a écrit dans le livre d’or en 1996. Comment trancher dans ce cas ? Merci d’avance

    • rouleaum dit :

      Je ne suis pas certain de bien saisir le problème que vous soulevez.
      D’après ce que j’en comprends, utiliser feu dans le titre de l’article me paraît fort discutable, car son témoignage a été apporté de son vivant. On pourrait dire : Témoignage de René Wei, aujourd’hui décédé. J’irais même plus loin. Jusqu’à quel point le fait qu’il soit mort est important? Dans ce contexte, on pourrait tout simplement faire disparaître FEU.

      Peut-être que cela ne répond pas à votre interrogation. Alors je m’en excuse.

      • Jean dit :

        Je pense que vous m’aidez à formuler mon questionnement un peu confus : 1. Est-ce important de signaler dans ce contexte que l’auteur d’un texte est mort depuis un bon moment déjà – depuis peu ou depuis longtemps, c’est subjectif, mais 14 ans, c’est pas comme si quelqu’un allait être mis au courant de la mort de René par l’intermédiaire du livre – par l’adjectif « feu »? 2. Quand on cite quelqu’un qui est vivant au moment où il parle (sans blagues !), doit-on s’abstenir de le présenter précédé de « feu »? Je pense que vous répondez bien à la seconde question. Pour la première question, c’est à moi d’y répondre, de savoir si c’est important.
        Bref, merci de votre avis, ca m’a bien aidé à clarifier mon problème.

        Bien à vous ! Et merci pour votre blog!

  6. Roland dit :

    Pitoyable, l’intervention de Manon… Dont le surnom laisse accroire que son cerveau est de même taille que l’organe que l’on ne lui aurait pas soupçonné!

  7. b_s_trenbath@hotmail.com dit :

    Ce que je souhaitais savoir c’est l’origine de cette expression bizarre… ‘feu’ Monsieur Dupont. Quelle en est l’étymologie ?

  8. Van eyck dit :

    Je voulais savoir comment accorder « feu » au masculin pluriel. Ex : Ceci appartenait à l’un de ses nombreux « feu » maris.
    Merci

  9. Nathalie dit :

    Bonjour 😊
    Article extrêmement intéressant … Petite question pour une recherche généalogique :
    Pensez vous que lorsque l’on retrouve dans l’état civil « feu Mr X et défunte Mme Y » on peut en déduire que Mme est décédée avant Mr ? (Nous sommes en 1903 et l’état civil ne nous donne pas de date de décès bien sûr 😊)
    Merci pour votre réponse
    Nathalie

    • rouleaum dit :

      Il m’est bien difficile de répondre à cette question, car, comme je l’ai mentionné dans ce billet, j’ignorais jusqu’à tout récemment cette distinction entre feu et défunt.
      Ce qu’il y a de particulier dans l’extrait de l’état civil auquel vous faites référence, c’est que les deux adjectifs s’y trouvent presque juxtaposés, appliqués à deux personnes différentes. Cela me porte à croire que la distinction est ici faite.

      Il serait donc correct, sans garantie toutefois, de dire que Madame est morte avant Monsieur. Sans plus. Depuis combien de temps? Impossible de le savoir.

      Maurice Rouleau

      • nathalieherreman dit :

        Bonjour,

        Je vous remercie d’avoir pris le temps de me répondre … Nous allons donc mettre tout cela au conditionnel mais garder cependant à l’esprit cette distinction qui va nous permettre d’orienter nos recherches avec un éclairage nouveau lorsque nous recouperons nos informations.
        Cordialement
        Nathalie

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