Nouvelle orthographe et Tréma (1 de 3)

« L’emploi du tréma est amélioré ».

  Je ne l’aurais jamais cru.

-1- 

 

Nous avons vu précédemment  que l’emploi du tréma est parfois problématique. Même si les anomalies orthographiques concernant son emploi ne datent pas d’hier (voir Féraud, 1787), elles n’ont jamais inquiété outre mesure les régents de la langue. Les réformes, imposées par voie d’arrêtés ministériels – mais non respectées –, ne se sont jamais vraiment intéressées au tréma : ni l’arrêté Leygues (fév. 1901) « La simplification de l’enseignement de la syntaxe française »; ni l’arrêté Haby (déc. 1977) « Tolérances grammaticales ou orthographiques ». Ce dernier ne s’est intéressé qu’à l’accentuation de quelques mots : on recommandait de tolérer référendum et referendum; asséner et assener; évènement et événement; crane et crâne; épitre et épître, crument et crûment. Rien sur l’emploi du tréma. Ces recommandations n’ont pas toutes été reçues favorablement par les rédacteurs du Petit Robert : certaines sont apparues tardivement (après 1992); d’autres, en 2010, sont encore totalement ignorées.

Il faudra attendre près de 15 ans (1) pour voir le tréma devenir, tout à coup, suspect. En 1990, Michel Rocard crée le Conseil supérieur de la langue française (CSLF). Ce dernier est, nous dit A. Goosse (Le Bon Usage, 2008, # 90, 2), « chargé de veiller, dans divers domaines, sur le destin et la qualité du français, et aussi de préparer, non pas une réforme, ce que M. Rocard excluait explicitement, mais des rectifications portant sur cinq points. »

Relativement à l’emploi du tréma, le CSLF formule deux nouvelles règles, numérotées C 3.1 et C 3.2, dans le Grand Vadémécum. Même si elles sont à effets limités, i.e. qu’elles ne touchent que quelques mots, leur lecture m’a fait froncer les sourcils. J’avais, comme qui dirait, un mauvais feeling (2). Mais j’étais incapable de verbaliser mon malaise. Ces règles ne semblaient pas apporter « à l’orthographe du français encore plus de logique et de rigueur », comme le prétend le Grand Vadémécum dans son avant-propos (p. 3). J’ai donc décidé d’y regarder de plus près, de voir si vraiment, comme on le proclame (p. 22), « l’emploi du tréma est amélioré ».

Voici le fruit de mes élucubrations. N’allez pas penser que je dénigre mon travail en recourant à ce substantif. Je lui attribue exceptionnellement le sens que son étymologie lui confère, et qu’on ne lui donne plus aujourd’hui, à savoir : Ouvrage exécuté à force de veilles et de travail (sens consigné dans le Petit Robert, mais pas dans le Larousse).

Dans le premier billet de cette série de trois, je me penche sur la première règle, la C 3.1, qui se lit comme suit :

Le tréma est déplacé sur la lettre u qui correspond à un son dans les suites -güe-  et  -güi-Ex. : aigüe, ambigüe, bégüe, cigüe, contigüe, exigüe, subaigüe, suraigüe, ambigüité, contigüité, exigüité, désambigüisation, désambigüiser.                                                                                   [Cette liste d’exemples est presque complète.] 

Cette règle ne chambarderait pas beaucoup nos habitudes langagières, car elle ne concerne qu’un nombre assez limité de mots. La liste fournie est, nous dit-on, « presque complète ». C’est à se demander d’ailleurs pourquoi on s’est retenu de ne pas en fournir une qui le soit, car un seul mot manque à l’appel : besaiguë! Cette règle ne toucherait donc au total que 14 mots. Il n’y a vraiment pas de quoi fouetter un chat. Alors pourquoi ne pas les adopter, nous disent les champions de la Nouvelle orthographe! Je serais porté à acquiescer, mais à la condition, sine qua non, que le remède guérisse le mal auquel on s’attaque. Mais quel est vraiment le problème? Phonétique ou orthographique? Le CSLF intervient-il parce que la prononciation de ces mots est défectueuse ou parce qu’on fait des fautes en les écrivant?

Ce ne peut être un problème d’écriture, car il faudra toujours savoir où mettre ce fameux tréma. Ce n’est pas en le déplaçant que son orthographe sera moins problématique. S’agirait-il plutôt d’un problème de prononciation? Sa présence sur le u plutôt que sur le e contribue-t-elle à « rectifier » la prononciation des mots visés? Autrement dit, prononceriez-vous différemment aigüe et aiguë, ambigüe et ambiguë ou encore cigüe et ciguë? Moi, pas. Si ce déplacement ne facilite pas leur prononciation – il ne facilite déjà pas leur graphie – on est en droit de se demander pourquoi on le recommande? On m’a toujours dit que changer un BB pour un BB (un blanc bonnet pour un bonnet blanc), c’est travailler inutilement.

L’élément important de cette règle, c’est que la prononciation de la suite gue peut prêter à confusion. En effet, dans algue [alg], fugue [fyg], bègue [bɛg], le u du -gue ne se prononce pas, et le e est muet. Par contre, dans ambiguë, ciguë [sigy], le u se prononce. Pour que le locuteur ne s’y trompe pas, on a décidé, voilà de cela bien des lunes, de mettre un tréma sur le e. Décision fort pertinente, car c’est précisément ce à quoi sert ce signe : « indiquer que la voyelle qui précède doit être prononcée séparément ». Pourquoi vouloir le mettre maintenant sur le u? Cette « rectification » ne sert strictement à rien, sauf peut-être à faire mentir le NPR, car le tréma ne répond plus à sa définition; il ne remplit plus la fonction qui lui est normalement réservée, car il n’y a plus de voyelle qui précède!  Si le changement apporté ne remplit pas son rôle (i.e. éviter de confondre les deux prononciations du –gue), serait-ce que le problème est mal posé?…

La suite -gui- serait, elle aussi, problématique, semble-il (3). Et la modification apportée servirait à nous éviter de mal prononcer le -gui- dans ambiguïté par exemple. Soit. Mais force est de reconnaître que mettre le tréma sur le u plutôt que sur le i ne change strictement rien à sa prononciation, pas plus qu’à celle des 4 autres mots visés : contigüité, exigüité, désambigüisation, désambigüiser. Si ce n’est pas un  problème de prononciation, serait-ce un problème de graphie? Cette modification rendrait-elle  l’écriture de ces mots moins problématique? Permettez-moi d’en douter. Si tel est le cas, combien de gensfont une faute en les écrivant? Je ne saurais dire.Pour les besoins de la discussion, supposons que seulement 40 % des gens mettent le tréma sur le i. C’est dire que 40 %  les écrivent correctement et, conséquemment, que 60 % font une « faute ». Qu’arrivera-t-il une fois que la Nouvelle orthographe sera devenue la norme? Les pourcentages seront tout simplement inversés. Aura-t-on résolu le problème? Non. En déplaçant le tréma, on n’a fait que déplacer le problème. De toute évidence, ce qui est problématique semble être chose que la place du tréma. Mais quoi au juste?

Se pourrait-il que ce soit sa simple présence? Si oui, n’aurait-on pas mieux fait de l’enlever, tout simplement? J’en entends déjà qui rouspètent : « Comment fera-t-on alors pour savoir s’il faut prononcer le u, comme dans ambiguïté [gɥi], ou comme dans guitare [gi]? » C’est un argument qui a du poids, j’en conviens. Mais cet argument clôt-il pour autant le débat? Pour m’en assurer, j’ai regardé de plus près les mots du NPR 2010 qui contiennent la fameuse suite guiou guï. Qu’en est-il de l’accord de leur prononciation avec leur graphie? Nous savons que, par définition, dans les mots qui ont un tréma, le u se prononce. Il est donc logique de penser que, dans les autres, il ne se prononce pas. Mais…

Mais là, des surprises m’attendaient. Comment peut-on savoir que la suite gui se prononce différemment dans aiguille [egɥij]  et dans anguille [ɑ̃gij]? Dans aguicher [agiʃe] et dans linguiste [lɛ̃ist]? Ce n’est qu’à force de les entendre qu’on en vient à les prononcer correctement. Il n’y a là aucune logique qui puisse être invoquée : il faut mémoriser leur prononciation. Alors, pourquoi ne pourrait-il pas en être de même pour ambiguité, contiguité, etc.? Je sais fort bien que cette proposition ne ralliera pas les régents. Mais est-elle aussi saugrenue qu’elle paraît? Réfléchissons-y un instant. Bien avant de connaître ces 5 mots, les jeunes francophones, et même les allophones, auront certainement rencontré les adjectifs correspondants : ambigu, contigu, exigu. Ces gens seraient-ils à ce point dépourvus de logique qu’ils ne pourraient pas inférer que, si le u se prononce dans ambigu, il devrait l’être également dans ambiguité et ses dérivés? Pourquoi tient-on mordicus à mettre, sur ces 5 mots, un tréma, signe qui permet de distinguer les deux prononciations possibles de la suite gui, mais qu’on se refuse à en mettre un sur aiguille, linguiste, etc.? Ne fait-on pas alors preuve d’un manque flagrant de logique?… Quand on sait que l’objectif visé par le CSLF est « d’apporter à l’orthographe du français encore plus de logique et de rigueur », il m’est difficile de dire  : « Mission accomplie ». J’aurais plutôt tendance à crier : « Une autre belle occasion de ratée ».

En fouillant dans le NPR, j’ai fait d’autres découvertes. Déconcertantes. En voici deux.

  • Comment prononceriez-vous laguiole (mot apparu dans le NPR après 1996)? Vous hésitez?… Je vous le donne en mille. D’après le NPR 2001, il se prononce (la-iole) [lajɔl]! Vous ne l’aviez pas vu venir, n’est-ce pas? Le gu ne se prononce même pas! Dans le NPR 2010, sa transcription phonétique est toujours la même, sauf qu’on nous fait entendre non pas une mais deux prononciations : (la-iole) et (la-gui- ole)! Pourquoi ne trouve-t-on pas deux transcriptions phonétiques si les deux prononciations ont cours? C’est à se demander si elles ont vraiment cours…
  • Comment prononceriez-vous onguiculé? Diriez-vous [ɔ̃..g(ɥ)ikyle] comme dans aiguille ou [ɔ̃..gikyle] comme dans anguille? Je vous le donne encore en mille… Toujours selon le NPR, les deux prononciations sont « bonnes »; et on nous fournit, cette fois, deux transcriptions phonétiques. La présence de ces deux transcriptions m’intrigue. Un mot n’arrive certainement pas dans la langue avec deux prononciations. Alors, quelle était la toute première? Ou dit autrement : depuis quand la deuxième prononciation est-elle admise?

Cela serait arrivé soit en 1958, ou avant, car le Grand Robert donne les deux transcriptions phonétiques : [ɔ̃..g(ɥ)ikyle]. Paul Robert se serait-il inspiré du Littré (1872) ou du Larousse (Grand dict. universel de la langue française du XIXe siècle, 1874)? De ni l’un ni l’autre. Ces deux ouvrages ne donnent qu’une seule prononciation : (on-gu-i-cu-lé). En 1905, le Petit Larousse imite son grand frère. La deuxième prononciation (on-gi-cu-lé) [ɔ̃..gikyle] aurait donc fait son apparition au début du XXe siècle! À moins que ce ne soit en 1958!… Si l’on a décidé de consigner une deuxième prononciation, c’est qu’elle devait être courante, mais ce n’est pas un mot d’utilisation courante

Bref, on veut nous faire déplacer le tréma du i ou du e sur le u, mais cela n’aide pas à mieux les prononcer ni à mieux les écrire. Aurait-on changé un BB pour un BB? Je le pense sérieusement.

Quel accueil les dictionnaires actuels ont-ils réservé à cette règle, que l’on tente d’imposer depuis 1990? Un accueil tellement discret qu’on en cherche la trace. Le Petit Robert 2010 écrit encore aiguë, ciguë, ambiguë, etc. et ne mentionne même pas la nouvelle graphie. Et le Larousse en ligne? À aigu, à ambigu, on précise qu’il faut mettre un tréma sur le e au féminin. À ciguë, on est encore plus explicite : « le tréma va sur le e et non sur le ». Tenez-vous-le pour dit! Que faut-il en conclure? Que les régents ne sont pas très chauds à l’idée de déplacer le tréma (ailleurs on dirait : chaud pour l’idée). Ce n’est pas un accueil mitigé, c’est un rejet total. Rejet qui me semble tout à fait justifié, compte tenu qu’il ne règle absolument rien.

À SUIVRE

MAURICE ROULEAU

(1)    Il serait plus exact de dire qu’il a fallu attendre 200 ans.  En effet, Jean-FrançoisFéraud,  dans son Dictionaire critique de la langue française (1787-88), avait déjà tiré la sonnette d’alarme, mais en vain. Preuve que les mauvaises habitudes, tout comme les bonnes, ont parfois la vie dure.

(2)    Réviseur, rangez votre crayon rouge; ce mot est consigné dans le Petit Robert.  Il a beau y figurer, il est, au Québec, fort mal reçu. Il ne figure d’ailleurs pas dans le Dictionnaire québécois d’aujourd’hui (J.-C. Boulanger, 1993), ouvrage parfois appelé le Petit Robert québécois, parce qu’il  a été supervisé par Alain Rey et son équipe.

(3)   Pourquoi se limiter aux suites –gui– et –gue? S’imaginait-on que c’était les seules à poser problème? Aurait-on oublié d’examiner la suite –gua? Si oui, il ne faudrait pas s’en plaindre, car la différence de prononciation du –gua– dans guacamole et dans distinguable aurait pu amener le CSLF à vouloir les distinguer graphiquement pour éviter une éventuelle prononciation défectueuse. Peut-être l’a-t-on échappé belle?

Addendum :

Des lecteurs, certains plus malins que d’autres, pourraient me faire remarquer que, dans le Dictionnaire historique de la langue française (A. Rey, 1994), on peut lire à propos de ambiguï « mot que, en 1975, l’Académie écrit aussi ambigüité ». Ou encore que, dans le Goosse (Bon Usage, # 547 c), on peut lire, en 2008 :

L’Acad. a décidé en 1975 que dans les mots de cet espèce [se terminant par –guë] le tréma serait dorénavant sur le u : aigüe, contigüe. – Cette réforme, que l’Acad. applique dans le premier fasc. (1986) de la 9e édition de son dict. est reprise par les recommandations du Conseil supérieur de la langue fr. et donc signalée par l’Ac. depuis 1992.

Chercherait-on à excuser le CSLF d’avoir proposé cette rectification (il n’aurait que respecter la décision prise par l’Académie en 1975)? Ou encore à me faire comprendre que j’ai tort de remettre en question une décision de  l’Académie? Qui suis-je, en effet, pour agir ainsi, sinon un illustre inconnu? Et on n’aurait pas tort. Mais…

Mais je demanderais à ces lecteurs malins de m’expliquer pourquoi, dans la 9e éd. du DAF (1985), on ne trouve aucune trace de la nouvelle graphie, malgré ce qu’en a dit Goosse, en 2008. L’Académie serait-elle à ce point inconséquente qu’elle ne respecte même pas ses propres décisions? Ce serait pour le moins surprenant. À moins que…

À moins que l’Académie soit revenue sur sa décision et que Goosse n’en ait jamais eu vent. Ce serait là une explication plausible. Mais comment en être certain? Le hasard – « et quelque diable aussi me poussant » dirait La Fontaine –, a voulu que je consulte à nouveau (de nouveau)  le Nouveau Dictionnaire des difficultés du français moderne (J. Hanse, 3e éd., Duculot) et y découvre que l’Académie a bel et bien changé d’idée! Voici ce que, à l’entrée « tréma » (entrée disparue dans l’édition suivante), Hanse écrivait en 1994 – donc bien avant 2008 :

Cet usage [mettre le tréma sur le e ou le i] est devenu de nouveau la règle depuis que l’Académie française a décidé, en mars 1987, d’abroger la faculté, qu’elle avait accordée en 1975, de mettre le tréma sur la voyelle prononcée avec son timbre propre (aigüe, cigüe) ou comme semi-voyelle (ambigüité, contigüité). (C’est moi qui souligne.)

Il n’y a donc pas à se surprendre que, dans la 9e éd. du DAF (1985), on ne trouve que les graphies classiques (ciguë, aiguë, contiguï, etc.). J’aurais quand même bien aimé savoir ce qui, en 1975, a amené l’Académie à proposer une nouvelle graphie et pourquoi elle est revenue sur sa décision en 1987. Je crains toutefois de devoir en faire mon deuil. Invoquer l’usage ne me paraît pas convaincant, car le laps de temps me semble trop court pour l’évaluer correctement.

Ce n’est donc pas parce qu’un ouvrage récent fournit une information documentée que cette dernière est le fin mot de l’histoire. La prudence s’impose quand vient le temps de tirer une conclusion ou encore de s’exprimer ex cathedra sur un sujet, quand l’argument invoqué date de quelques décennies. Surtout en matière de langue. Dans le cas qui nous intéresse, prétendre que le CSLF n’aurait fait que suivre la recommandation de l’Académie ou encore que, dans le DAF (9e éd.), la nouvelle graphie y a fait son entrée ne s’explique que si l’on ne connaît qu’une partie de l’histoire. L’Académie était déjà, en 1987, revenue sur sa décision de 1975, mais elle ne s’en est jamais vantée. A. Goosse, en 2008, aurait dû le savoir. Oui, mais Errare humanum est!

PROCHAIN BILLET

J’y examinerai la  règle C 3.2, plus précisément la première application de cette règle (arguer qui deviendrait argüer). Je chercherai à en saisir le bien-fondé, la pertinence. A-t-on vraiment apporté plus de logique et de rigueur à la langue française? C’est ce que nous verrons.

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3 commentaires pour Nouvelle orthographe et Tréma (1 de 3)

  1. Louis GANIZATE dit :

    Bravo pour ce blog. J’aime aussi la langue française.

  2. Alors là mon ami, vous avez mis le doigt sur un sujet vraiment brûlant. L’académie ne se décide pas dessus.

    Le ü est plus logique (au lieu du ë et du ï), étant donné qu’il s’agit du digramme « gu », en fait le tréma casse un digramme et entraîne la prononciation séparée des deux lettres. Ensuite, pour argüer, c’est sur le u, vu que le digramme à casser est en effet « gu » et non « er ». Si le tréma était sur le e, cela se prononcerait /aʁ.g.ɛʁ/, et vous m’avouerez que c’est complètement con. Cela remet en question le rôle du tréma, car on ne le rencontre pas qu’avec des digrammes type VOYELLES.

    Et en effet, linguiste n’a pas de tréma, vu qu’il ne change pas entre le masculin et le féminin à ce niveau. Mais je vous assure que si vous tapez « lingüiste » sur Google, vous verrez des résultats.

    Après quoi il m’apparaît urgent de demander quelque chose: en est-il la même chose pour parkïng et pour mër, par exemple? Verra-t-on un jour « Johnson » orthographié « Johnsön » en français? Faudrait-il radicaliser son utilisation pour éviter les anglicismes abusifs et les incohérences linguistiques ??? Ironie, en espagnol et en portugais, il existe aussi la lettre ü. Dans verguenza, g et u sont prononcés séparément. Et donc, suspens, tada, cela s’écrit… Vergüenza! Il s’agit donc de casser un digramme plus que de « prononcer la voyelle précédente ». Sauf que dans le cas de mangeure, l’académie a orthographié ça « mangeüres »… Vous n’en avez jamais parlé, et pourtant c’est important, car si on suit leur logique, cela serait plutôt « mangëures »… 🙂

    cdt
    Avg

    • André dit :

      Le commentaire d’Avant-gardiste est très intéressant car il souligne le point principal : le rôle du tréma n’a jamais été celui toujours évoqué (prononcer la voyelle précédente) mais bien casser le digramme formé avec la lettre précédente. On voit bien que dans « haïr », le a EST prononcé (en combinaison avec le i). On ne dit pas « ir ». Effectivement, le tréma permet de prononcer la lettre au tréma séparément de la lettre précédente.
      C’est pourquoi les orthographes suivantes sont toutes parfaitement logiques avec la cassure du digramme : haïr, aigüe, aigüille, lingüiste, gageüre. Si l’on commençait à adopter cette réforme, on verrait peut-être moins de gens prononcer « gajeure » au lieu de « gajure ». Je l’ai même entendu de la bouche de journaliste ! Et ils sont censés avoir étudié lettres (et non pas sciences comme moi).
      Dans le cas des mots étrangers, cela se complique. Mais si on devait casser le digramme « on », alors if faudrait logiquement mettre un tréma sur le « n » ! Effectivement, il ne suffit pas de dire « c’est évident où se trouve le digramme à casser ». Si l’on revient à « mangëure », est-on en train de casser le digramme « ge » ou le digramme « eu » ? Prononce-t-on « mang-eure » ou « manj-ure » ?
      Enfin je suis aussi favorable à une double orthographe acceptée quand une double prononciation l’est (comme précédemment mentionné : onguiculé et ongüiculé, ou aiguiser et aigüiser).

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