Féminisation des titres

Comment faire mentir Rivarol…

 

Vous l’ignoriez peut-être, mais « Ce qui n’est pas clair n’est pas français ; ce qui n’est pas clair est encore anglais, italien, grec ou latin. » Il n’y aurait donc que le français qui permette d’exprimer clairement ses idées! (1) C’est du moins ce qu’écrivait Antoine de Rivarol en 1784. Et depuis, on se plaît à le répéter, et… à le croire.

Cette citation, qu’on prenait plaisir à me rabâcher, à me ressasser dans ma jeunesse, m’est revenue en mémoire, quand j’ai lu un article de La Presse intitulé Une jeune victime d’un accident de la route. J’ai cru, bien à tort, que la victime était une jeune fille. En fait, c’était un garçon. Force me fut de constater que le titre n’était pas clair. Bien que, il va sans dire, grammaticalement correct! Qu’en aurait pensé Rivarol?… N’aurait-on pas pu lever cette ambiguïté, en écrivant Un jeune victime d’un accident de la route?… Vous n’aimez pas?… Mon ordinateur non plus. Il m’indique, à sa façon, i.e. en soulignant l’article un, qu’il y a anguille sous roche. Il faut savoir qu’un ordinateur ne fait que ce qu’on lui a appris à faire. Rien d’autre. Alors, que lui a-t-on entré dans les puces pour qu’il réagisse ainsi?

  •   Que victime est un nom, jamais un adjectif;
  •   Que victime est féminin;
  •   Que jeune est soit un nom, soit un adjectif;
  •   Que jeune est un nom épicène (i.e. aussi bien masc. que fém.);
  •   Que jeune, adjectif, se place généralement avant le nom.

Fort de ces consignes, mon ordinateur me signale que l’emploi de un est douteux, car jeune doit, ici, être adjectif, le substantif étant victime. Mais on a, semble-t-il, oublié de lui entrer une autre consigne, celle concernant la mise en apposition. Selon Brunot (cité par le Robert), « L’apposition sert en réalité de qualification, comme un adjectif ». Il s’apparente donc à l’adjectif tout en restant substantif. Et cette pratique n’est pas le lot des seuls bons auteurs. Pensez-y un peu : femme écrivain, ingénieur chimiste, chef mécanicien, colistier surprise, nombre record, etc. Parfois même agrémenté d’un trait d’union : pochette-surprise, plateau-repas, etc.

Dans une jeune victime d’un accident de la route, le sexe de la personne reste inconnu. Dans un jeune victime d’un accident de la route, il ne le serait pas, car jeune, en tant que mot épicène, voit son genre dévoilé par l’article qui l’accompagne.  Sauf que jeune placé devant un substantif est adjectif.

Pourquoi victime, à l’instar de jeune, n’est-il pas lui aussi épicène? Accorder à un nom le droit d’être épicène, c’est une façon de féminiser ou de masculiniser un substantif. C’est, en d’autres termes, ne pas accorder de statut spécial à l’un des genres et, du même coup, rendre son texte clair. Il n’y a rien de mal à le faire, me semble-t-il, mais tous ne sont pas de cet avis.

L’Académie française se bat, bec et ongles, contre la féminisation des titres et fonctions. Selon elle, le masculin doit régner en maître. Sans doute s’inspire-t-elle en cela d’un des premiers Immortels, Vaugelas, qui disait déjà en 1648 que le masculin l’emporte sur le féminin « parce que le genre masculin est le plus noble »! J’en entends déjà qui grincent des dents – et avec raison – en entendant une telle ineptie.

Je ne reviendrai pas sur les délires de Maurice Druon, ancien secrétaire perpétuel de l’Académie française, grand défenseur devant l’Éternel de l’immobilisme linguistique (2). Fort heureusement, les prises de position de l’Académie ne sont pas paroles d’Évangile, contrairement à ce qu’on nous a inculqué. L’Académie propose, mais l’usage dispose. Il suffit de se rappeler ce que les usagers ont fait du rejet, par l’Académie, du verbe alunir : ils l’ont ignoré; ils continuent à l’utiliser.

L’Académie s’oppose à la féminisation des titres et fonctions. Soit. Mais, cela ne nous empêche pas de passer outre à sa directive. Par « nous », j’entends les Québécois, les Belges et les Suisses, et quelques Français. Pour nous, la page est tournée depuis fort longtemps. En fait depuis 1986! Nous féminisons sans scrupule. N’en déplaise à certaines oreillles chastes.

Habitué que je suis à féminiser et à voir féminisé ce qui doit l’être, je me bute souvent à  l’obstination de ceux qui s’y opposent. Ces derniers ne se rendent pas compte que, ce faisant, ils font mentir Rivarol… qu’ils me rendent, à moi et à bien d’autres, la lecture de leur texte pénible. En effet, la non-féminisation peut être source, plus ou moins importante, d’ambiguïté. En voici la preuve.

D’abord, deux extraits de Obama Michelle, une authentique First Lady, de E.  Lightfoot (2009, traduction de l’anglais par Santiago Artozqui).

  •   … ainsi que beaucoup d’autres initiatives destinées à punir le parti pour ce que les gens percevaient comme une injustice à l’encontre du sénateur Clinton.  (p. 172)
  • Puis, le lendemain de la clôture de la Convention démocrate, le sénateur McCain présenta au monde son colistier surprise, le gouverneur jusqu’ici peu connu de l’Alaska, Sarah Palin. (p. 225)

Pour qui prétend que la première phrase est claire, répondre sans hésitation (i.e. à la vitesse de la lecture) à la question Qui est ce sénateur Clinton? est un jeu d’enfant. Mais, dans les faits, savez-vous vraiment de qui l’on parle? Si l’on refuse de féminiser les titres et fonctions, il  peut s’agir, grammaticalement parlant, aussi bien d’un homme que d’une femme. Si vous ne pouvez répondre avec certitude, c’est que le texte n’est pas clair… N’aurait-il pas mieux valu alors le préciser? Ici, il faut faire la distinction entre la théorie et la pratique. Je m’explique.

Tout texte contient une part de sous-entendu. En effet, le rédacteur suppose chez son lecteur certaines connaissances du sujet abordé. Quand, par ex., le journal Le Monde  titre : Pas à Matignon, bientôt plus à la tête du PS : l’énigme Martine Aubry, il y a du sous-entendu. Et ce sous-entendu est connu de tous ceux qui s’intéressent à la chose publique française. Pour les autres, c’est du chinois. Que désigne Matignon? Que signifie PS ? Qui est Martine Aubry? Pourquoi la dit-on énigmatique? Autant de questions qui illustrent l’herméticité du texte à qui n’est pas familier avec le domaine. Aurait-il fallu titrer de façon telle que tous comprennent? Certainement pas. Par analogie, on pourrait conclure qu’écrire sénateur Clinton est clair… Voilà pour la théorie. Sauf que, en pratique…

Sauf que Le Monde n’est lu que par ceux qui s’intéressent à la chose publique française. Ses lecteurs savent… Mais, un ouvrage comme Michelle Obama… va chercher un lectorat beaucoup plus large que celui qui s’intéresse à la politique américaine. C’est dire que le sous-entendu peut faire obstacle à la clarté du texte. Et ici, sénateur Clinton est ambigu. S’agit-il de Bill ou de Hillary Clinton? Ne peut répondre correctement à cette question que celui qui est  familier avec la politique américaine. Celui qui croirait qu’il s’agit de Bill Clinton, vu que l’actuel président, B. Obama, fut sénateur de l’Illinois, aurait tout faux. Le poste de sénateur n’est pas un passage obligé pour devenir président des É.-U. Avant son élection à la présidence, Bill Clinton était gouverneur de l’Arkansas. LE sénateur dont on parle ici dans Michelle Obama… est bel et bien HILLARY Clinton, l’épouse de Bill. Autrement dit, le genre grammatical ne dit rien du sexe de la personne en question. Pire, il nous induit presque en erreur. Un bon rédacteur – ou un bon traducteur – ne devrait pas forcer son lecteur à deviner son propos. Ici, mais pas partout, une initiale aurait suffi à clarifier le texte – les deux personnes sont fort connues –, mais le traducteur n’a pas jugé utile de le faire, sans doute parce que le texte d’origine n’en contenait pas. Comme le lectorat visé au départ était américain, ce sous-entendu dans le texte original ne posait aucun problème. Mais dans une traduction, il en est tout autrement. Le réviseur – si réviseur il y a eu – aurait dû intervenir…, mais il ne l’a pas fait. Il n’a pas pris en considération le destinataire du texte. Hélas!

La question concernant le sénateur Clinton se pose également à propos du sénateur McCain. Déclarer que c’est un homme, en se fiant uniquement au genre grammatical, c’est courir un risque. La faiblesse d’un tel raisonnement ne vous aurait toutefois pas joué de vilain tour. Cette fois-ci, du moins. Il s’agit bel et bien du sénateur John McCain.

Et le colistier du sénateur McCain, qui est gouverneur peu connu de l’Alaska, qui  est-il ou qui est-elle? Fort heureusement, la présence du prénom nous permet de lever l’ambiguïté (et non ambigüité) sur le sexe de la personne en question, mais uniquement à la fin de la phrase. Ici, une initiale n’aurait pas suffi, car la personne est peu connue. Le message est certes grammaticalement correct, mais sa lecture, elle, s’en trouve gênée. Il est bien évident que si le prénom n’avait  pas été mentionné, comme c’est le cas, à deux reprises, avec sénateur, la phrase n’aurait pas été claire, même si elle est en français. N’en déplaise à Rivarol!

René Georgin (1888-1978), dans Jeux de mots, de l’orthographe au style (3), a écrit (p. 58) :

Dans mon enfance – ce qui nous reporte à quelques lustres en arrière – mon professeur de piano, mère d’un compositeur et inspecteur général de musique me disait : il y a notes, silences. C’est ce que j’ai retenu de plus clair de son enseignement : j’étais sans doute plus doué pour la grammaire que pour la musique.

LE professeur de piano est UNE femme, car mère est en apposition. Ce professeur est la mère d’UN compositeur et inspecteur. Soit. Ce dernier est-il un homme ou une femme? La question se pose, mais je ne peux que spéculer, avec, évidemment, la possibilité de me tromper, une fois sur deux. Le texte n’est donc pas clair. Ceux qui se réclament du Littré – le Robert n’existait pas encore en 1954 – pourraient prétendre le contraire. En effet, ce dernier, dans son dictionnaire paru dans les années 1870, disait que  « Compositeur, pris absolument, s’entend toujours d’un homme qui compose de la musique ». Cette définition m’a fait froncer les sourcils. Comment Littré (1801-1881) pouvait-il  parler de  Clara Wieck (1819-1896), mieux connue sous le nom de Clara Schumann (épouse de Robert) ou encore de Fanny Mendelssohn (1805-1847) (sœur de Félix), qu’il devait certainement connaître, car elles étaient ses contemporaines. Elles étaient de célèbres pianistes (mot fort heureusement reconnu épicène par Littré), mais ne pouvaient être dites « compositeurs », car ce titre était strictement réservé aux hommes! Se serait-il alors servi d’une périphrase pour dire ce qu’aujourd’hui nous disons si simplement « elles étaient de célèbres pianistes et compositrices allemandes »? Sans doute, s’il avait voulu être conséquent avec lui-même!

Ce curieux mélange du masculin et du féminin, que fait Georgin, ne s’explique pas par l’année de parution de sa chronique. Non, je l’ai récemment rencontré dans un roman de J.M. Simmel (traduit de l’allemand en 1992 par Jeanne-Marie Gaillard-Paquet) intitulé Et la terre se vengera un jour.Voici quelques extraits qui illustrent bien mon propos.

p. 151

Voilà onze ans que je travaille avec mon technicien.

—    Au début, j’étais ingénieur du son » expliqua celui-ci, une jeune femme habillée comme un adolescent.

Elle s’appelait Katja Raal, avait aussi une coiffure de garçon, et la peau de son visage était parsemée de boutons et de cicatrices d’acné.

p. 152

Elle trime comme un bœuf, cette petite. Car elle participe à tout! Et si vous saviez les kilos de matériel que nous avons à trimbaler partout! Ah oui, je peux le dire, il est formidable, mon technicien!

Pourquoi ne pas avoir utilisé technicienne? Parce que l’Académie ne le reconnaissait pas dans sa dernière édition, celle de 1935 (4)? Un peu faible comme argument. Ce mot figure dans le Petit Robert, depuis 1967, et la traduction de ce roman date de 1992!

Le lecteur est constamment ballotté entre le masculin et le féminin. Il serait même justifié de se demander, chaque fois qu’il rencontre un masculin, s’il ne s’agirait pas d’une femme? Par exemple, comment interpréter l’emploi de cameraman, dans l’extrait suivant? Le genre est masculin, mais le sexe de la personne?

p. 176

—   Ça ne donnera rien si la BETA est fixée sur un pied, expliqua Martin. […] il faut que vous ayez une parfaite liberté de mouvement. Nous ne pouvons pas nous contenter de faire pivoter l’objectif devant ces images à partir d’un point fixe.

—   En effet! » approuva le cameraman.

La traductrice de ce roman exige du lecteur une bonne mémoire. En effet, une cinquantaine de pages plus loin, on peut lire :

p. 233

—   Parce qu’il a un cousin à Bogota qui travaille depuis longtemps pour lui. Vous ne le saviez pas?

—    Non, répondit le jeune technicien. Mais quel rapport entre le cousin de Zinner et nous?

LE jeune technicien en question n’est nul(le) autre que Katja Raal, une jeune fille, sans que pour autant cela soit précisé. Pour ne pas perdre le fil du récit, il suffit simplement (!!)  de s’en rappeler!

Je n’étais toutefois pas au bout de mes peines. En effet, prés de 300 pages plus loin, une surprise m’attendait. Une surprise de taille, je dois dire.

p. 505

—   Katja Raal est morte, M. Zinner, dit Marvin.

—    Qui? »

—   Katja Raal, la jeune technicienne qui travaillait avec Bernd Ekland.

—    Ah oui! La fille bourrée d’acné.

Comment expliquer cette soudaine apparition du féminin? Faut-il qu’une femme meure pour voir sa fonction féminisée? La traductrice aurait-elle oublié qu’elle avait, depuis le début, utilisé le masculin? Cette faiblesse (si on peut la qualifier ainsi) de la traductrice fait le bonheur du lecteur, car Katja a toujours été, pour moi et pour bien d’autres, UNE technicienne. Le réviseur, si réviseur il y eu, aurait-il failli à sa tâche?

Toute non-féminisation n’est pas pour autant source d’ambiguïté, mais certainement source d’agacement. Pour, à tout le moins, l’oreille de quiconque féminise sans culpabiliser.

Selon Ève Curie (Madame Curie, NRF, Gallimard, 1938), Jean Perrin a dit de sa mère : « Mme Curie n’est pas seulement un physicien glorieux. Elle est le plus grand directeur de laboratoire que je connaisse. » Le lecteur que je suis n’est pas confondu, il est seulement agacé. L’auteur(e) serait, à la limite, justifié(e) d’utiliser physicien, car cette biographie date de 1938 et physicienne venait tout juste de faire son entrée dans le dictionnaire de l’Académie (8e éd., 1935) (Vous avez bien lu; l’Académie a déjà féminisé –, même si aujourd’hui elle s’y oppose.) Par contre, l’emploi de directeur me surprend, d’autant plus que directrice fait partie de la langue française depuis 1694, date de parution de la 1ère éd. du DAF.

Bernard Pivot, s’adressant à Marguerite Durras, à Apostophes, lui dit : « vous êtes un écrivain singulier ». Il respectait en cela l’Académie qui, fidèle à elle-même, ne donnait toujours pas en 1985 de féminin à écrivain. Il fallait dire : une femme écrivain!

Bref, l’Académie aura beau s’opposer à la féminisation, des auteurs auront beau suivre les directives de l’Académie, des locuteurs pourront continuer à en faire autant, cela n’empêchera pas la langue d’évoluer. Et par le fait même, de faciliter sa compréhension. Alors, et alors seulement, pourra-t-on dire comme Rivarol : « Ce qui n’est pas clair n’est pas français ». Pour ce qui est de la fin de sa phrase (ce qui n’est pas clair est encore anglais, italien, grec ou latin.), mieux vaut l’oublier, car elle pourrait mettre le feu aux poudres. Du moins au Québec.

MAURICE ROULEAU

 (1)  À certains, ce jugement pourrait paraître « nombriliste » vu la nationalité de son auteur. Ce dont on ne peut toutefois accuser André Chénier (poète français, 1762-1794) qui disait de la langue grecque :

Ce langage sonore aux douceurs souveraines

Le plus beau qui soit né sur des lèvres humaines.

(2)  Surprise. Sur les dernières années de sa vie, il serait devenu le grand défenseur de la Nouvelle Orthographe!

(3)  Cet ouvrage est un recueil de ses chroniques grammaticales parues dans Arts, de 1954 à 1957, publié chez Éditions André Bonne, en1957.

(4)  Il faudra attendre encore quelques années avant de savoir si l’Académie osera féminiser « technicien ». Elle n’est rendue qu’à la lettre R, dans l’édition en cours de rédaction depuis 1985.

Prochain billet

Nous allons, dans le prochain billet, examiner ce que la compréhension d’un texte doit au bon choix des mots. C’est une réalité trop souvent oubliée, aussi bien par les rédacteurs que les traducteurs.

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7 commentaires pour Féminisation des titres

  1. André Versailles dit :

    Riches et utiles réflexions. Songez-vous à aborder, dans un prochain billet, les cas en apparence irréductibles?

    Par exemple, si l’on peut dire d’une femme qu’elle est écrivaine (plutôt que « femme écrivain »), on ne peut pas dire d’une autre qu’elle est médecine. On dira à juste titre qu’elle est médecin, mais pourra-t-on la désigner comme « la médecin »? Cette construction ne me semble pas naturelle.

    Et puis, il y a les superlatifs.

    « Une Telle, la plus grande musicienne de notre époque » me paraît ambigu, car la construction au féminin semble limiter la comparaison aux femmes, alors que « Un Tel, le plus grand musicien de notre époque » ne me semble pas exclure les musiciennes du champ de comparaison, pas davantage que « Une Telle, le plus grand musicien de notre époque ».

    Cordialement

    • rouleaum dit :

      Je n’ai pas envisagé d’aborder les cas supposément irréductibles. Peut-être un jour.
      J’aimerais néanmoins attirer votre attention sur des « impressions » que nous avons, qui ne sont en fait que le résultat d’un conditionnement à la Pavlov.

      « LA médecin » ne vous semble pas naturel.
      Soit. Mais qu’entendez-vous par « naturel »? Que médecine a déjà un sens particulier et que ce sens ne peut s’appliquer à une personne? Pourquoi ne le pourrait-il pas? Parce qu’on a en a décidé ainsi? On nous a inculqué qu’il ne pouvait en être autrement. Pourquoi ne pourrait-on pas doréanvant décider autrement?

      Vous dites : « Un Tel, le plus grand musicien de notre époque » ne me semble pas exclure les musiciennes du champ de comparaison… ». Ne croyez-vous pas que votre interprétation, qui est sans doute partagée par une foule de gens, ne reflète que l’endoctrimement auquel nous avons été soumis? Le masculin est neutre en français! Soit, mais si dans votre comparaison vous voulez exclure les femmes, comment alors vous exprimeriez-vous? Tout n’est finalement que conditionnement. Il suffit de faire un serment d’allégeance à un autre maître qu’à celui qui nous a été imposé.

      Je ne veux pas, par là, proposer que l’on dise LA médecin, mais simplement vous faire prendre conscience de côté « pavlovien » de nos idées en langue.

  2. Marc81 dit :

    Certains journaux ne semblent pas avoir d’états d’âme :
    – « Une médecin du travail démissionne de France Télécom » (liberation.fr)
    – « La médecin condamnée à un an avec sursis » (lemonde.fr)
    – « Une médecin sanctionnée pour avoir falsifié des ordonnances » (sudouest.fr)
    – etc.

    • rouleaum dit :

      Il ne nous reste plus qu’à attendre que les régents de la langue reconnaissent que médecin est épicène.

      Fait à noter, le NPR 2010 donne « LA médecin », mais il prend soin de noter que cet emploi est rare.

  3. Marc81 dit :

    Effectivement, je lis dans mon Robert illustré 2013 : « Médecin n. m. Le féminin, rare, est la médecin. »
    Curieux, pour le moins. Autant considérer ce mot comme épicène, plutôt que l’annoncer masculin… avec un féminin au sens et à la graphie identiques !!!

  4. Je vous félicite de ces différenciations.Cependant je voudrais savoir comment construire une phrase sans hésitation sur les mots à utiliser.Quels sont les techniques d’une bonne élocution et d’une bonne diction.Et doit-on dire un espace ou une espace.Merci et tous mes encouragements.

    • rouleaum dit :

      La réponse à votre première question (sur le choix des bons mots) est facile à donner : il faut lire de bons ouvrages et consulter son dictionnaire chaque fois qu’un mot inconnu se trouve sous vos yeux. Mais parvenir à ne pas hésiter quand on écrit et à toujours choisir le bon mot demande un long apprentissage. Et cela ne s’acquiert qu’avec le temps. Il ne faut pas se décourager.
      Votre deuxième question (techniques d’élocution et de diction) me force à vous dire que je n’y connais rien sur le sujet. Je n’ai jamais étudié la phonétique. Si vous voulez en savoir un peu plus sur ma formation, je vous invite à lire mon tout premier billet : Présentation du blogue (oct. 2010).
      Pour ce qui est du genre du mot espace, la réponse se trouve dans votre dictionnaire. Il est généralement masculin; il n’est féminin qu’en typographie. L’espace entre deux chaises est important, mais l’espace entre deux lettres est importante.

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