week-end / fin de semaine (1 de 2)

Travailles-tu ce week-end?

Travailles-tu cette fin de semaine?

(1)

 

—     Pas encore ce débat?

—     Je tiens à te faire remarquer que ce n’est pas moi qui le repars.

—     Qui alors?

—     L’usage. Eh oui! l’usage. Celui que le dictionnaire est, apparemment du moins, censé refléter.

—     Tu radotes, mon vieux.

—     Moins que tu ne le crois.

—     Ah bon…! 

Moi, j’ai toujours dit fin de semaine. Ce n’est qu’en commençant mes études en traduction que j’ai appris que je pouvais – ou plutôt devais, si je voulais être bien vu – utiliser week-end, que ce terme était entré dans l’usage!… Mais l’usage de qui? Certainement pas celui des Québécois. Ici, week-end n’était pas utilisé et, le cas échéant, il était fort mal vu : c’était un anglicisme (i.e. mot, locution ou tournure propre à la langue anglaise). Puis, soudain, il serait devenu français! Donc le mot à utiliser si je voulais m’exprimer correctement. Je ne m’y suis jamais fait. Non pas que j’y opposais une résistance farouche et muette, mais le mot week-end ne me venait tout simplement pas à l’esprit. Surtout que, depuis quelques années, on ne cessait de nous reprocher, à tort ou à raison, d’utiliser des mots anglais, p.ex. break, parking, bachelor, etc. Il y avait eu, dans les années 70, une prise de conscience collective de la précarité de la survie du français au Québec. Il fallait donc à tout prix réagir, être « proactif » pour parler moderne. Alors, devoir utiliser week-end au lieu de fin de semaine, c’était, pour moi, aller à contre-courant de l’effort que la collectivité acceptait de faire pour sauver sa langue. Et là, on me forçait à faire ce qu’on me reprochait de faire! Allez y comprendre quelque chose…

Les arguments invoqués en faveur de week-end se voulaient des arguments massue. Le genre d’argument qui convaincrait même un Inuit (un Inuk ou un Esquimau) d’acheter un réfrigérateur! C’est tout dire.

1-   Entré dans l’Usage  

Me faire dire que week-end était entré dans l’usage, alors que j’avais toujours dit fin de semaine — sans jamais, d’ailleurs, me faire reprendre — avait de quoi me surprendre. Mais toute discussion semblait vaine. L’argument décisif, ou que l’on voulait tel, était nul autre que « Allez voir dans votre dictionnaire ». Le conseil avait une certaine valeur, car ce type d’ouvrage est supposément (1) le « dépositaire » de l’usage? Je l’ai donc consulté pour m’en assurer.

Il est vrai que, dans le NPR 1993, fin de semaine ne constitue pas une entrée,  contrairement à pomme de terre ou encore à chemin de fer. Et qu’à l’entrée semaine, on ne trouve pas fin de semaine. Il en est tout autrement pour week-end, qui constitue bel et bien une entrée :

(1906 ; mot anglais de week « semaine » et end « fin »).

Congé de fin de semaine comprenant la journée ou l’après-midi du samedi et le dimanche. Femme créée pour les voluptés du week-end (Giraudoux). Des week-ends. Bon week-end!

Même si mon professeur pouvait dire C.Q.F.D, cela ne m’empêchait pas d’avoir des réticences – c’est dans ma nature, que voulez-vous? – à l’égard de cette inscription au dictionnaire. En raison surtout du contenu implicite du conseil qu’on me donnait. Je m’explique.

Absence de « fin de semaine »

                Prétendre qu’il faut cesser d’utiliser fin de semaine parce que cette locution nominale ne figure pas dans le NPR, c’est s’imaginer que :

1-       Le dictionnaire contient tout ce qui se dit. Si tel était vraiment le cas, je ne pourrais, par exemple, utiliser ni leucopénique ni familiarisation, car ces deux mots brillent par leur absence dans mon NPR! Certains allègueront que l’absence de leucopénique s’explique par le fait que c’est un terme médical. À ceux-là, je dirais que cet adjectif, même s’il fait partie du vocabulaire du médecin, ne figure dans aucun dictionnaire médical – foi de traducteur médical. Mais que dire de l’absence de familiarisation? Qu’il n’est pas nécessaire qu’il y figure pour qu’on l’utilise, car sa construction respecte les normes de la création lexicale? J’aimerais bien, mais…

2-       Tous les dictionnaires affichent le même contenu. C’est sans doute cette croyance qui explique que les usagers, et même des langagiers, n’ont qu’un seul dictionnaire de langue française dans leur bibliothèque! Pourquoi en serait-il autrement, puisque ces ouvrages prétendent tous refléter l’usage? Mais la réalité est toute autre. Par exemple, leucopénique a beau n’avoir jamais figuré dans le Petit Robert (depuis 1967), il est présent dans le Grand Robert 1986, tout comme dans le Larousse (en ligne). Familiarisation est répertorié dans le Grand Robert 1986 – tout comme dans le Larousse (en ligne) –, mais ne l’a jamais été dans le Petit Robert. Il y a donc une différence de contenu aussi bien entre dictionnaires d’une même maison qu’entre dictionnaires concurrents.

Comment expliquer une telle différence? Par la subjectivité de leur rédacteur. Comme aucun dictionnaire n’est complet, son rédacteur doit, pour diverses raisons (nombre de pages, prix de vente, clientèle visée, etc.), choisir parmi tous les mots de la langue ceux qu’il veut bien inclure dans son ouvrage. Qui dit choix, dit préférence. Qui dit préférence, dit subjectivité. Et le choix que ce rédacteur fait devrait, du moins en théorie, refléter l’usage, l’usage de la clientèle à laquelle son ouvrage est destiné. Soit. Mais, si deux dictionnaires visant une même clientèle ne présentent pas la même nomenclature, c’est que leurs rédacteurs n’ont pas de l’usage la même vision. Y aurait-il une autre explication?

Comme fin de semaine n’a sa place dans aucun dictionnaire de langue, il semblerait y avoir un certain consensus sur sa non-utilisation. À la condition évidemment que tout ce qui s’utilise soit dans le dictionnaire, mais on sait que tel n’est pas le cas. Donc, ce n’est pas parce que fin de semaine ne figure ni dans le NPR ni dans le Larousse que je DOIS cesser de l’utiliser ou de culpabiliser si je le fais. Se pourrait-il que le rédacteur du dictionnaire ait décidé de ne pas l’inscrire parce que ce terme ne fait pas partie de SON vocabulaire courant; et que, de ce fait, il juge que ce terme n’a pas sa place dans son ouvrage? Qui sait? Alors, l’usage que les dictionnaires sont censés refléter, c’est l’usage de qui? De TOUS ceux qui parlent français?… On le voudrait bien, mais encore là…

Tout ce qu’on trouve dans un dictionnaire n’est pas parole d’Évangile. Je l’ai longtemps cru, je l’avoue, mais je n’y crois plus depuis fort longtemps. À les fréquenter plus qu’assidûment, mon rapport au dictionnaire a évolué. Pas nécessairement en leur faveur (2).

La présence de « week-end »

Que révèle la présence de week-end dans le dictionnaire? Que ce mot est entré dans l’usage. C’est du moins ce que la théorie veut. Littré, en 1872, ne disait-il pas :

L’usage contemporain est le premier et principal objet d’un dictionnaire. C’est en effet pour apprendre comment aujourd’hui l’on parle et l’on écrit, qu’un dictionnaire est consulté par chacun.

Et on ne lui connaît, encore aujourd’hui, aucun détracteur. Tous s’entendent donc sur ce rôle.

Depuis quand week-end est-il entré dans l’usage? Ou formulé différemment : depuis quand ce terme figure-t-il dans le dictionnaire? On le retrouve dans le tout premier Petit Robert. C’est donc dire que week-end était en usage avant 1967. Mais dire précisément depuis quand il en est ainsi n’est pas chose aisée. Il faut procéder par la bande, recourir à des moyens indirects, car les dictionnaires (en ligne) publiés avant cette date sont rares.

L’Office québécois de la langue française (OQLF) nous informe, dans son GDT (Grand Dictionnaire terminologique), qu’« en français européen, l’emprunt à l’anglais week-end est accepté et son usage est généralisé depuis le début des années 20. » Mais aucune source n’est mentionnée.

Le seul dictionnaire publié dans les années 20 que je connais et qui est consultable en ligne, c’est le Petit Larousse (1922). Pas de chance, week-end n’y figure pas! Le Littré ou encore le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle , de Pierre Larousse, étaient fort certainement consultés par l’élite de l’époque, mais ils ne peuvent, en raison même de leur date respective de publication, soit (1872-1877) et (1866-1876), refléter l’usage des années 1920. Nous sommes donc à court de preuves formelles de ce qu’avance l’OQLF.

En 1954, dans le Dictionnaire Bélisle de la langue française au Canada, ouvrage couronné par l’Académie française, on trouve week-end. Comme ce terme  n’y est pas considéré comme un canadianisme, il faut en déduire qu’il faisait partie, à ce moment-là, de la « langue académique reconnue en France », celle que Bélisle s’efforce de présenter.  Admettons, sur la foi de l’OQLF et du Bélisle, que ce terme était en usage au début du XXe siècle.

Pourquoi week-end, ce terme aux allures très anglaises, a-t-il commencé à être utilisé? L’a-t-on emprunté pour faire chic, pour s’exprimer au goût du jour? N’existait-il donc pas un terme français pour désigner la même réalité, terme qu’on aurait écarté au profit de cette nouveauté qu’était week-end? Qui sait? Si oui, pourquoi les régents n’ont-ils pas réagi? Parce que leur inertie, on le sait, est à géométrie variable?

Si, comme nous l’avons démontré, le dictionnaire, ce « dépositaire » de l’usage, ne peut être invoqué, comme on l’a fait avec moi, pour justifer la condamnation de fin de semaine, il faudrait donc, pour me convaincre d’utiliser week-end, faire appel à un autre argument. Et les régents en avaient un en réserve : le sens. Voyons ce qu’ils en disent.

2- Le sens qu’on donne à week-end

Je devais utiliser week-end – et non plus fin de semaine – parce que ces deux termes n’avaient pas la même extension, i.e. ne désignaient pas exactement la même réalité. C’est ce que du moins on avançait. Il y avait APPAREMMENT un vide terminologique, le français ne disposant pas d’un terme correspondant à la réalité désignée par week-end! Euh… Pour moi,  et pour bien d’autres, fin de semaine ou week-end désignaient une seule et même réalité. Dans deux langues différentes. Mais, de toute évidence, pas pour tous. Quelle était donc cette différence de sens que l’on invoquait pour justifier l’utilisation de week-end et, du même coup, condamner celle de fin de semaine?

J’ai commencé, comme d’habitude, par consulter mes dictionnaires de difficultés du français. J’ignorais à ce moment-là dans quel guêpier je me fourrais. Comme nous le verrons, les régents n’ont pas de la langue la même vision. Tantôt week-end est synonyme de fin de semaine (Hanse), tantôt il ne l’est nettement pas (Girodet) ou il ne l’est qu’en partie (Colin)… Est-ce à dire qu’on a le choix? Quiconque, réviseur ou pas, se réclamerait du Girodet pour justifier sa condamnation de fin de semaine pourrait se faire rétorquer — et à juste titre – de consulter le Hanse. Qui faut-il croire? À qui se fier? Euh… Chose certaine, leurs énoncés m’amènent à me demander si leurs ouvrages sont vraiment le reflet de l’usage? Se pourrait-il que, sans le vouloir, ils soient en train de nous imposer leur vision de la langue? Voyons ce qu’il en est.

  • Selon le Hanse 1987, week-end « n’a pu faire place en français généralisé à fin de semaine. »

J’en déduis, peut-être à tort, que week-end a été utilisé avant même que fin de semaine ne le fût. Comment pourrait-il autrement laisser sa place? Cet énoncé est, à mes yeux, déconcertant. De toute évidence, si tel est bien le cas, quelque chose m’échappe. Mais quoi?

Parler de la « fin de » quelque chose n’est pas apparu dans la langue au tournant du siècle dernier. Déjà en 1606, dans son Thresor de la langue francoyse, Jean Nicot donne comme exemples d’emploi : la fin de tout, la fin d’un propos, la fin de l’hyver, de l’automne. D’après le Robert, l’emploi de  « fin » pour désigner les « derniers éléments d’une durée, d’une action, d’un ouvrage », remonterait encore plus loin dans le temps. Il daterait du XIIe siècle! Littré cite même un exemple qui date du XIe siècle, plus précisément de la Chanson de Roland  : La fin du siecle qui nous est en present (Ch. de Rol. CIX). Si, à une époque aussi reculée, on disait « fin du siècle », j’imagine mal que l’on n’ait jamais dit : fin de l’année, fin du mois, fin de la semaine. Alors, fin de semaine existait assurément dans la langue française bien avant que week-end n’y fît son apparition, ce qui remonterait à 1906, d’après le Petit Robert. Que le Hanse nous dise que week-end n’a pu faire place à une locution qui, à ne pas en douter,  existait déjà dans la langue a de quoi me laisser perplexe.

Dans le Hanse 2000, on ajoute même que les deux termes sont synonymes. Il faut donc en conclure  que l’usage a changé, qu’on peut indifféremment utiliser week-end ou fin de semaine! D’après J. Hanse du moins. Le Hanse 2000 a donc fait un virage à 180°.

  • Ce virage, le Péchoin & Dauphin (2001)  ne le fait pas. D’après cet ouvrage, week-end  « est d’un usage correct et très répandu. Rem. Cet emprunt à l’anglais est aujourd’hui intégré au fonds de la langue. L’équivalent fin de semaine n’a jamais pu s’imposer en France. »

Il se pose comme l’Autorité suprême : lui sait ce qui fait partie ou non du fonds de la langue!  (Ceux qui ne sont pas de son avis ont sans doute tort.) De plus, fin de semaine, son équivalent (i.e. mot qui désigne la même réalité dans une autre langue), n’a jamais pu s’imposer en France! Si tel est bien le cas, comment expliquer que, dans ce même ouvrage, à l’entrée FIN, on puisse lire :

À la fin de la semaine / en fin de semaine sont deux tournures admises. À la fin de la semaine est un peu plus soutenu, en fin de semaine plus courant.

Si l’on en est rendu à classer ces tournures par niveau de langue, c’est qu’elles sont couramment employées. Comment alors concilier ce fait avec celui qui veut que fin de semaine n’ait jamais pu s’imposer en France? Je m’y perds.

  • Le Girodet (1988 ou 2008), pour sa part, nous dit que « week-end : (anglicisme) [n’a] pas d’équivalent français, car fin de semaine désigne une réalité différente, la fin de semaine de travail (jeudi et vendredi). »

               C’est le seul ouvrage que je connais qui est aussi catégorique. Et aussi restrictif. Girodet donne ici à semaine non pas le sens premier que lui reconnaissent d’emblée tous les dictionnaires, i.e.  période de sept jours consécutifs, qui va du lundi au dimanche inclus (3), mais le sens que ce mot acquiert parfois quand il est employé absolument (i.e. sans l’expansion attendue) : Une semaine de 35 heures (pour dire une semaine de travail de 35 heures) (4). Sur quoi se base donc le Girodet pour imposer ici à semaine le sens restreint de « semaine de travail »? Si c’est sur l’usage, comment expliquer que les autres dictionnaires n’en fassent pas mention? Euh…

  • Le Colin (1994 ou 2006), pour sa part, nous dit à propos de week-end : « Cet anglicisme s’est tout à fait implanté dans nos mœurs et dans notre langue, et on ne peut plus le refuser, comme naguère, sous prétexte qu’il est possible de dire fin de semaine (qui ne possède pas toujours le même sens) ou semaine anglaise, qui ne distingue pas entre « le mode d’emploi du temps »  et « la période de la fin de semaine » ».

Il fut donc un temps, si l’on en croit Colin, où week-end n’avait pas tous les droits. On aurait déjà utilisé fin de semaine pour désigner la même réalité! Mais tel n’est plus le cas, semble-t-il, car les deux termes ne sont plus synonymes, fin de semaine n’ayant pas toujours le même sens que week-end! Il faut donc, de nos jours, pour s’exprimer clairement choisir le terme approprié. Personne pour sûr ne voudrait faire mentir Rivarol!

Toujours d’après Colin, on ne peut pas utiliser semaine anglaise dans ce contexte, car il faut pouvoir distinguer ce que l’on fait durant cette semaine (anglaise), i.e. travailler, et quels sont les jours visés par fin de semaine, i.e. le samedi et le dimanche. Cet argument ne trouve aucune résonance chez moi, car je n’ai jamais utilisé semaine anglaise ni entendu quelqu’un l’utiliser au Québec.

Le moins que l’on puisse dire après ce court examen des dictionnaires de difficultés, c’est que les régents auraient intérêt à accorder leur violon. L’utilisateur, face à ces points de vue discordants, se demande, à juste titre, à qui accorder sa confiance.

Mais quel est donc le sens que les dictionnaires attibuent OFFICIELLEMENT à week-end pour qu’il se distingue de fin de semaine? Comment parle-t-on de son degré d’assimilation dans la langue?

À SUIVRE

MAURICE ROULEAU

 (1)   Cet adverbe ne doit sa présence dans le NPR 2010 qu’au fait qu’il est un régionalisme (du moins d’après la rédaction). Il a donc droit à la marque d’usage usuelle : « Région. (Canada) Prétendument ». Le Larousse (en ligne), pour sa part, lui reconnaît le droit à l’existence, sans y ajouter de marque d’usage. Dois-je me priver d’utiliser cet adverbe qui, selon le NPR, ne serait compris que de mes compatriotes? Ne devrais-je pas plutôt croire le Larousse?

(2)   Mon rapport au dictionnaire,  je l’ai explicité dans deux articles parus dans L’Actualité langagière :

http://www.btb.termiumplus.gc.ca/tpv2guides/guides/chroniq/index-fra.html?lang=fra&lettr=indx_autr8O-Cww1W6Hm8&page=9Kp62z2iWFR4.html#zz8O-Cww1W6Hm8

http://www.btb.termiumplus.gc.ca/tpv2guides/guides/chroniq/index-fra.html?lang=fra&lettr=indx_autr8O-Cww1W6Hm8&page=9KPMmz2iWFR4.html#zz8O-Cww1W6Hm8

(3)  Dans le NPR 2010, on peut lire :  « rem. L’Organisation internationale de standardisation (sic)  recommande de considérer le lundi comme le premier jour de la semaine. » Le NPR fait ici référence au paragraphe 2.2.8 de la norme ISO 8601 : 2004.  Je me serais attendu à lire Organisation internationale de normalisation (nom officiel) et non de standardisation, qui est une traduction littérale de International Organization for Standardization (ISO). Preuve, s’il en fallait une, qu’il est facile de se faire piéger quand on travaille à cheval sur deux langues.

(4)  Semaine  s’emploie  de façon absolue, mais avec une acception différente dans d’autres circonstances : Ce travail  va prendre une semaine de plus (7 autres jours, sans qu’ils aillent du lundi au dimanche); En semaine, on ne le voit jamais (tous les jours de la semaine, sauf le dimanche). Le contexte seul permet d’attribuer à ce mot le sens qui lui convient alors.

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PROCHAIN BILLET

Dans le deuxième et dernier billet sur l’emploi de week-end, je m’attarderai sur sa définition « officielle » et son degré d’assimilation dans la langue (anglicisme, calque, emprunt?). Là encore, des surprises nous attendent.

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11 commentaires pour week-end / fin de semaine (1 de 2)

  1. Martin dit :

    Une anecdote à propos du mot « week-end ». J’habitais en Nouvelle-Calédonie dans les années 70 et seul un avion hebdomadaire y déchargeait quelques rares touristes.
    L’avion arrivait invariablement le samedi matin (heure locale) et aux touristes qui s’étonnaient de trouver tout fermé, on leur répondait « Voyons, c’est le week-end ! ».
    Il n’y avait pas d’internet et l’unique chaîne de télévision ne fonctionnait que deux ou trois heures en soirée.

    Donc comment expliquer l’emploi du mot « week-end » ? Etait-ce dû à l’Australie voisine ? Peu de gens parlaient anglais en Nouvelle-Calédonie à ce moment là, il y avait même 36 dialectes locaux
    dont la moitié ont disparu de nos jours hélas.

    Il en était de même aux Nouvelles-Hébrides (qui devinrent les Vanuatu) mais les concernant on pourra prétexter que nous étions sous un condominium franco-anglais 🙂

    • rouleaum dit :

      Vous vous demandez si l’on peut expliquer l’emploi du mot « week-end » par la présence de l’Australie voisine, étant donné que dans ces années-là peu de gens de la Nouvelle-Calédonie parlait anglais. Je ne saurais dire qu’elle influence l’Australie a pu jouer. Disons seulement que j’ai des doutes, mais aucune preuve.

      Je pourrais vous citer une foule de mots anglais qui étaient utilisés au Québec, dans des régions où l’anglais était pratiquement une langue inconnue. Ces mots se sont introduits dans notre parler de façon sournoise. Impossible donc de retracer fidèlement leurs parcours. Nous étions de toute évidence influencés par la langue de la majorité, l’anglais.

      L’emploi de week-end en Nouvelle-Calédonie pourrait s’expliquer de façon beaucoup simple.
      Quiconque atterrit à Nouméa, en provenance de la métropole, apporte avec lui son vocabulaire. Et dans les années 70, week-end en faisait déjà partie.

      Je me risquerais à « accuser » les Français métropolitains d’être responsables de l’implantation de ce terme dans le vocabulaire des Calédoniens de souche.

  2. MARTIN dit :

    Oui pourquoi pas, votre remarque est remplie de bon sens. Il y eut des mots savoureux apparaissant à cette époque, alors que les premiers bâteaux amenaient de temps en temps des touristes australiens ou néo-zélandais, ils étaient surnommés « les Poken » de « english spoken » évidemment mais sans le « s » initial. Le terme est resté de nos jours avec une consonance quelque peu péjorative.
    Je voulais ajouter que jusqu’à présent je n’ai jamais entendu « fin de semaine » dans le Pacifique Sud.

  3. MARTIN dit :

    Week-end : J’entends souvent ce mot utilisé avec un sens presque festif, notamment chez les jeunes. Le week-end annonce les sorties nocturnes, ou les balades en famille.
    La télévision n’est pas en reste et consacre quelques minutes à la météo « de votre week-end ».

    Par contre l’expression « fin de semaine » est employée dans des circonstances moins amusantes, du genre : « Il est moins eficace, c’est la fin de semaine » ou encore « C’est la fin de la semaine, je suis fatigué ».

  4. Julie dit :

    Ayant vécu en France deux ans, j’ai vite compris que «fin de semaine» y était utilisé pour désigner le jeudi et le vendredi, et non pas le samedi et dimanche comme ici. L’usage de week-end était donc nécessaire pour éviter la confusion. De retour au Québec, je préfère de beaucoup utiliser l’expression fin de semaine. Et contrairement à Martin, je fais beaucoup de choses amusantes durant mes fins de semaine ;-).

  5. Martin dit :

    Une information intéressante dont nous a fait part Monsieur Rouleau est l’usage en métropole du mot week-end dès les années 70. Je l’ignorais n’étant pas en métropole en ce temps là. Par contre, dans les années 60 je me souviens parfaitement de mon père maugréant contre les « conducteurs du dimanche » et des visites que nous qualifions de dominicales à des parents. Je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu le mot week-end dans les années 60, avant que je ne quitte la métropole.

  6. Camille dit :

    J’ai toujours vécu en France et, étant aussi étudiante, je viens en effet de demander à mon prof d’histoire un rendez vous « en fin de semaine prochaine ». Il me paraît pour autant évident que je resterai chez moi ce week-end, et que quand je lui ai précisé mon emploi du temps pour trouver un créneau qui nous convienne, ce sont les cours du jeudi et du vendredi que j’ai détaillés.

    Cet usage est commun chez la plupart des Français, quelques récalcitrants se voyant si souvent incompris (une soirée en fin de semaine ? Mais j’ai cours ! Tu ne veux pas plutôt la faire ce week-end ?) qu’ils finissent par se conformer à l’usage. Exemple cité en connaissance de cause pour avoir fait partie de ces récalcitrants, bien qu’étant française et étudiante en anglais, je n’aime pas les anglicismes non plus, et je vous encourage à conserver votre belle tradition. 😉

    Je suis donc plutôt d’accord avec les définitions du Girodet et du Colin, celle-ci étant à mon avis seulement plus détaillée que la première, et ayant un bémol : je n’ai jamais non plus entendu parler de « semaine anglaise ».

    • rouleaum dit :

      Je sais, pour me l’être fait dire à plusieurs reprises, que « fin de semaine » a pour les Français le sens de « jeudi et vendredi ».

      Malgré tout, rares sont les dict. de difficultés qui définissent ainsi cette locution. Alors je me demande si vraiment les dictionnaires reflètent l’usage…

      Dans le prochain billet, je relève une autre incongruité. Vous constaterez que le français est une langue difficile à apprendre. Le pire, c’est qu’on se plaît à la trouver géniale, telle qu’elle est. Moi, j’ai de la difficulté à abonder dans ce sens (pour ne pas dire que cela me fait râler).

  7. Martin dit :

    Pour ma part je n’aime pas du tout cet emploi de « fin de semaine » pour parler du jeudi et du vendredi. A vouloir faire toujours plus et surtout aller toujours plus vite on finit par faire et dire n’importe quoi. Les grands magasins nous proposent des sapins de Noël dès le 1er novembre, on finira par dire que la rentrée de septembre a lieu en fin d’année. Je n’adhère pas du tout à ce mode de pensée et j’ai su me passer des anglicismes toute ma vie.

  8. Martin dit :

    Si « fin de semaine » désigne le jeudi et le vendredi, « milieu de semaine » va donc faire référence à mardi et mercredi et que restera-t-il pour « début de semaine », ce pauvre lundi, tout seul ?
    J’ai réfléchi a la finalité de tout ceci, le but est de nous faire accélérer à tout prix, je reçois des publicités pour les vacances de l’été 2013, le but bien entendu n’ayant rien à voir avec notre confort ou notre bonheur, non, le seul but étant de nous faire CONSOMMER.
    Dépêchez-vous, c’est la fin de la semaine, la fin du mois, la fin de l’année, bientôt la fin… de votre vie, à d’autres !

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