Adverbes en –ment (2 de 5)

 

  • Assuréement / Assurément

  • Densement / Densément

                Nous avons examiné précédemment le cas des adverbes provenant d’adjectifs en i ou en u. Nous avons vu que tous dérogeaient à la règle générale. Tous, sauf gaiement. Ces adverbes sont-ils les seuls où la connaissance de la règle générale n’est d’aucune utilité? Pour le savoir, nous avons poursuivi notre étude.

Pour commencer, pourquoi ne pas remplacer le pointillé par l’adverbe correspondant?

  • D’une manière aisée.                  Dégager … l’idée principale du texte.
  • D’une manière effrontée.            Mentir … à son père.

La règle voudrait que l’on écrive aiséement et effrontéement, car tout adjectif en é fait son féminin par ajout d’un e muet. Mais l’usage nous l’interdit. Il faut écrire aisément et effrontément. Autrefois, on écrivait aiséement,  asseuréement, deliberéement, desmesuréement, desesperéement , inopinéement, moderéement, nomméement,  obstinéement ou encore separéement. Mais plus aujourd’hui.

Dans le NPR, on ne trouve d’ailleurs aucun adverbe en –éement. Tous les adverbes provenant d’adjectifs ou de participes adjectifs en é – il y en a 32 en tout – ont perdu leur féminité. La suppression du e pourrait s’expliquer, comme dans le cas des adverbes provenant d’adjectifs en i ou en u, par son caractère inutile ou par la plus grande douceur du mot qui en résulte, nous dit Vaugelas.

Dans le précédent billet, nous avions relevé 27 exceptions à la règle générale (12 adj. en i + 15 adj. en u); il nous faut maintenant en rajouter 32. Donc un total de 59. Et ce n’est pas tout… Voyez par vous-mêmes.

  • D’une manière importune.         Vous arrivez bien …
  • D’une manière commune.            L’hélianthe est une plante … appelée tournesol.

Pourquoi faut-il écrire importunÉment et communÉment au lieu de importunement et communement, comme le voudrait la règle? Euh… Sommes-nous là en présence de 2 exceptions? En présence d’exceptions, oui, mais pas seulement de 2.

Si l’on compulse le NPR, on détecte 23 adverbes qui se terminent en –ément, sans que l’adjectif qui leur a donné naissance se termine par un é. Pour le moins étrange, n’est-ce pas? Outre importunément et communément, on peut citer expressément, conformément, confusément, énormément, immensément, intensément, précisément, etc. Il FAUT mettre un accent aigu. Sans qu’on sache pourquoi. Charles Leroy, en 1792, dans son Dict. de l’orthographe française (p. lxxxi) le reconnaissait déjà : « Il ne serait peut-être pas facile de montrer pourquoi ces adverbes prennent l’É fermé… », mais il n’en a pas dit plus. Le seul cas où l’accent pourrait, à la limite, se justifier, c’est aveuglément (1). L’accent permettrait d’éviter toute confusion avec le substantif aveuglement (absence de discernement). Mais est-ce vraiment la raison pour laquelle on lui a mis un accent? Euh… Que je sache, la langue n’a pas horreur à ce point des homographes! (2) Alors…

                    Vaugelas, en 1647, s’est prononcé sur ces adverbes en –ément

 Il y a pourtant quelque exception en certains mots, que l’Usage, ou l’abus a fait longs [en parlant du e court et ouvert qui est devenu long et fermé, i.e. é] contre la raison et leur origine, comme communément, expressément, commodément, extremément (vous avez bien lu!), conformément, et peut-être encore quelques autres… » (II-168)

Ce que disait Vaugelas, tout le monde le savait : la graphie va contre la raison (l’accent ne se justifie pas) et contre leur origine (l’adj. de départ ne se termine pas par un é). Ce faisant, Vaugelas n’explique rien; il ne fait que constater. Tout comme Chiflet, d’ailleurs. Ce jésuite, en 1706, dans sa Nouvelle et parfaite grammaire françoise (Deuxième partie  section III, n° 25,  p.191), ne se gêne pas pour dire que c’est par « abus autorisé de l’usage » que l’on met le fameux  accent. Dans la langue ancienne, l’usage voulait pourtant que l’on écrive : commodement, conformement, confusement, énormement, etc.

               En 1980, Grevisse cherche sans doute à faire mieux. Il nous dit, dans son Bon Usage (# 2030), que ces 23 adverbes ont vu leur e devenir un é, par analogie! La voilà donc la raison! Euh… Ce n’est pas parce que, sur une réalité, on colle une étiquette nouvelle que cette dernière devient explication. Par analogie, on veut dire « par ressemblance ». Autrement dit, on écrit un mot d’une façon (incorrecte, mais qu’on finit par accepter) parce qu’un autre s’écrit de la même façon. L’analogie semble d’ailleurs être une force opérante si importante en langue que le NPR lui réserve une acception particulière :

Ling. Action assimilatrice qui fait que certaines formes changent sous l’influence d’autres formes auxquelles elles sont associées dans l’esprit et qui détermine des créations conformes à des modèles préexistants.

Mais le fait que des « créations soient conformes à des modèles préexistants » ne leur confère pas ipso facto une légitimité. Le NPR l’illustre d’ailleurs de façon convaincante par un exemple : « Vous disez » (incorrect) est formé par analogie avec « vous lisez ». L’analogie a certes introduit dans la langue des formes nouvelles, mais les régents n’ont accepté que celles qu’ils voulaient bien admettre (ex. vous dites, mais vous prédisez!). Ou contre lesquelles ils n’ont rien fait ou n’ont rien voulu faire. Grevisse n’explique rien, lui non plus. Il utilise seulement une étiquette différente. Je suis toujours Gros-Jean comme devant!

Pourquoi importunément, énormément, mais pas arbitrairément, inexorablément? Euh… Pourquoi précisément, mais pas précocément (que, ô malheur!, j’ai déjà utilisé et entendu)? Et si vous vous risquiez à les écrire ainsi, comment réagirait le réviseur ou plutôt comment justifierait-il sa correction? En invoquant le dictionnaire? Soit. Mais… pour votre défense, ne pourriez-vous pas, à l’instar de Grevisse, appeler l’analogie à la barre? Sauf que… l’analogie n’est utile que si on le veut bien. Pour être plus précis, que si les régents le veulent bien.  Et dans ces cas-là, ils ne le veulent pas. Donc, prière de vous abstenir!

Bref, il faut dire communément, expressément, etc. pour faire comme on a fait avec carrément, censément, même si cette graphie ne se justifie pas. Et tout cela… impunément!

IM..PU..NÉ..MENT.  Tiens! En voilà un autre, encore plus bizarre. Passe encore que, sans raison, on transforme en é le e qui précède le suffixe (ex. commun/ communément), mais qu’on en fasse autant quand l’adjectif se termine par un i, là il y a de quoi couper le souffle à n’importe qui. Pourquoi n’a-t-on pas fait impuniment, comme on a fait avec hardiment, ou encore impuniement, comme la règle le voudrait? On a osé faire impunément, mais pourquoi s’est-on retenu de faire polément, indéfinément? Littré qualifie même impunément de « corruption singulière et barbare de impuniement, qui se disait au XVIe siècle, et qui vient de impuni, avec le suffixe -ment ». À quoi servent ces gros mots si l’on ne change rien? Serait-ce pour lui une forme de catharsis?

Si ce que Littré dit est vrai, impuniement serait logiquement la première forme adverbiale apparue dans la langue. Et entre cette forme et l’actuel impunément, il faudrait envisager des étapes intermédiaires : 1) la disparition du e (impuniementimpuniment), changement observé couramment avec les adj. en i (ex. joliejoliment); 2) la conversion du i en e (impunimentimpunement), changement rarissime, pour ne pas dire unique. Et tout cela, avant de voir apparaître l’accent aigu! OUF! Que de péripéties! Mais est-ce vraiment ce qui s’est produit?

Pour m’en assurer, j’ai recherché, dans les ouvrages anciens, la présence de ces différentes graphies. Dans le tableau suivant, j’indique l’année de parution de l’ouvrage le plus ancien dans lequel j’ai pu retracer la forme adverbiale indiquée. Et les résultats sont surprenants.

Forme adverbiale        Année de publication

  •             impuniement                1567
  •             impuniment                  1552
  •             impunement                 1521
  •             impunément                 1491

             Contrairement à ce qu’on pourrait penser, impunément n’est pas la forme la plus récente. C’est la plus ancienne! Comment peut-on dire alors que impunément vient de impuni? Euh… À moins que cet adverbe ait une autre origine… Pourquoi ne viendrait-il pas directement du latin, où cet adverbe se disait impune? Se pourrait-il que, dans un premier temps, on l’ait tout simplement emprunté? Le e latin ne se prononce-t-il pas é?… Il ne restait plus alors, pour le franciser, qu’à ajouter le suffixe –ment et lui mettre un accent. Et le tour était joué… Brillant, n’est-ce pas?… Mais n’allez pas croire cela. Ce n’est que pure spéculation de ma part. Ou pire encore, pure élucubration, car on vous a certainement appris qu’en français l’adverbe vient de l’adjectif français correspondant auquel on ajoute le suffixe –ment. C’est aussi ce que l’on m’a appris. Mais, si je vous disais que vélocement vient de l’italien veloce, me croiriez-vous? Assurément pas. Vous vous diriez : « Il déconne encore. » Mais, cette fois-ci,  vous auriez tort. Ce n’est pas moi qui déconne, qui prétends qu’il vient de l’italien, c’est le Petit Robert : étym. v. 1300 ◊ d’après l’italien veloce. Alors… mon idée est-elle aussi farfelue qu’elle y paraissait?

Bref, nous voilà, à la fin de ce billet, devant 55 autres exceptions : 32 cas où le e du féminin de l’adjectif en é a disparu et 23 où le e muet du féminin (confusément) ou du masculin (densément) a été transformé, sans raison apparente, en é (le cas le plus bizarre étant impunément). Un grand total de 82 ! Ce n’est pas rien.

C’est à se demander, face à ce nombre d’exceptions, si la règle ne serait pas mal formulée… Et nous ne sommes peut-être même pas au bout de nos surprises. Qui sait?

Maurice Rouleau

(1)  Certains disent qu’il provient non pas de aveugle + -ment, mais de aveuglé + -ment. L’accent se trouve ainsi justifié sans que l’on ait à se tordre les méninges. Mais est-ce vraiment le cas?…

(2)  À ceux qui en douteraient, voici quelques exemples, parmi tant d’autres :

Les poules du couvent couvent.
Il est de l’est, et non de l’ouest.
Cet homme est fier. Peut-on s’y fier?
Je suis content qu’ils nous content cette histoire.
Il convient qu’ils convient leurs amis.
Nos intentions, c’est que nous intentions un procès.

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20 commentaires pour Adverbes en –ment (2 de 5)

  1. Martin Thierry dit :

    On peut donner quelques détails à propos de l’adverbe latin « impune » signifiant impunément.

    – 1) A l’époque archaïque il s’écrivait « impoene » mais nous l’avons dit précédemment sur ce blogue, le « oe » s’est souvent transformé en « u » (avec le son ou).

    – 2) Un fait remarquable est que si impune est très classique, avec également son comparatif (impunius) et son superlatif (impunissime), l’adjectif impunis (impuni) est par contre quasiment inusité à l’époque classique.
    On préférait employer l’adjectif de même sens, impunitus, lequel donna l’adverbe impunite (impunément).

    – 3) Dans tous ces adjectifs et adverbes on notera bien sûr la présence du préfixe privatif « in ».
    Le mot de départ étant poena (peine, châtiment, punition…), ce qu’on retrouve dans la graphie archaïque de impune. (impoene).
    Je confirme également que le e latin se prononce bien « é ».

  2. Marc81 dit :

    Voilà qui est pour le moins cocasse ! Selon le Dictionnaire historique de la langue française, impunément (1554) est d’abord attesté sous la forme normale impuniment (1553). Or, vous indiquez avoir trouvé une occurrence d’impunément datant de 1491. J’améliore le score de quelques années (avec pourtant le même outil de recherche) : 1409 (dans Aphorismes ou Sommaires de la doctrine des Jésuites). Qui dit mieux ?
    Si l’on ne peut plus croire aveuglément ce que nous raconte Alain Rey…

    • rouleaum dit :

      Comme j’avais réponse à ma question en faisant une recherche entre 1450 et 1500, je m’en suis contenté. C’est pourquoi j’ai manqué l’occurrence de 1409.

      Je dois vous avouer qu’il y a belle lurette que je ne crois plus tout ce que je lis, surtout dans les dictionnaires. C’est en partie d’ailleurs la raison de mon blogue, et des nombreuses recherches que j’effectue. Je n’avance rien qui ne soit documenté. Je voudrais que tous cessent de considérer le dictionnaire comme leur Bible.

  3. Martin Thierry dit :

    A propos de vélocement, il est curieux qu’on le dise venir de l’italien veloce. Et ce pour deux raisons :

    – 1) veloce est un adjectif, l’adverbe italien correspondant est velocemente, mais surtout :

    – 2) en latin l’adjectif est bien présent, velox, velocis, très classique, formant l’adverbe velociter.
    Tous les auteurs classiques l’ont employés, y compris le comparatif et le superlatif de l’adverbe.

    Il peut être utile d’ailleurs de rappeler l’étymologie de cet adverbe. Il vient du nom velum (voile de navire) et s’employait beaucoup à propos de bâteaux légers et rapides, agiles, marchant « toutes voiles dehors ».
    Si on parlait de la rapidité d’un animal par exemple, on préférait employer l’adjectif celer et les adverbes celere, celeriter ou encore celeratim.

    • rouleaum dit :

      Je ne parle pas l’italien. Alors mes connaissances sont purement livresques.
      En consultant le Larousse italien-français, je vois que veloce est à la fois adjectif et adverbe. Cela n’enlève rien au fait que velocemente est également adverbe et signifie rapidement, tout comme veloce.

      Ne prenez pas cette réponse comme une tentative de ma part de démontrer que le Petit Robert à raison. Loin de moi cette idée.

      Moi aussi je trouve l’étymologie étonnante, pour ne pas dire autre chose. Mais c’est celle qui figure dans ce dictionnaire depuis 1967, information reprise du Grand Robert.

  4. Martin Thierry dit :

    Le TLFI quant à lui cite bien l’adjectif latin velox comme origine.
    Ce n’est quand même pas la langue latine qui a emprunté son velox à l’italien, pas plus qu’elle n’est allée chercher le veloz espagnol

    • rouleaum dit :

      Je suis parfaitement d’accord avec vous. Ce n’est pas le latin qui a emprunté à l’italien ou à toute autre langue romane. C’est assurément l’inverse.

      La filiation mentionnée dans le Petit Robert
      vélocement, vient de l’italien veloce, qui vient du latin velox, est à mes yeux, comme aux vôtres, suspecte.

      • Martin Thierry dit :

        C’est bien une confirmation de ce que vous avanciez, à savoir qu’ll ne faut pas prendre les dictionnaires pour parole d’évangile.
        Moi j’ai même fourni l’étymologie du mot-racine de véloce, le velum, la voile des vaisseaux, mot que les langues romanes ont également repris et ce que ne mentionnent pas les dictionnaires que j’ai pu consulter, ni le TLFI d’ailleurs.

        • Martin Thierry dit :

          On retrouve dans le nom scientifique du petit dinosaure rapide, « velociraptor », le même adjectif latin velox, velocis, on n’a pas fait appel à l’italien veloce pour créer ce nom.

  5. Marc81 dit :

    Pour information, mon Robert illustré 2013 donne bien le latin velox comme étymologie de véloce. Même son de cloche dans le Dictionnaire historique de la langue française.

    • Martin Thierry dit :

      On ne va pas citer ici tous les bons ou les mauvais élèves, je désirais simplement faire remarquer que :

      – 1) les dictionnaires donnent très souvent une information incomplète. Pour un mot comme véloce ou le rare adverbe vélocement, il eut été intéressant à mon sens d’aller jusqu’au bout de l’étymologie.

      – 2) les dictionnaires se contredisent fréquemment, cherchent-ils à se démarquer du concurrent ? En tous cas c’est l’usager et/ou l’acheteur qui en fait les frais.

      • rouleaum dit :

        Donner l’étymologie au complet comme vous le souhaiteriez est la mission du dictionnaire d’étymologie et non celle du dictionnaire de langue générale. Encore bien chanceux que le Robert nous en donne un peu. Le Larousse, lui, n’en souffle mot. Il ne peut donc pas se tromper!!

        • Martin Thierry dit :

          Je suis bien de votre avis mais enfin rajouter une ligne ce n’était pas la mer à boire.

          Je rencontre ce problème en latin où les grammaires ne sont jamais exhaustives et se contentent de ne citer que quelques mots à propos d’une règle alors que la liste complète ne prendrait pas des pages, au besoin on peut changer de police de caractères, voire faire
          des renvois en appendice.
          C’est bien beau de vouloir gagner quelques pages, je trouve cela mesquin en 2013.
          C’est pourquoi je m’apprête à faire éditer deux ouvrages sur le sujet, lesquels seront volumineux.

    • rouleaum dit :

      Mais que dit votre édition 2013 de « vélocement »? Le Petit Robert a toujours donné « velox » (latin) comme étymologie de « véloce ». C’est à « vélocement » que l’italien « veloce » apparaît.

      Cette origine (italenne) de vélocement ne cesse de m’enquiquiner. Je me demande si cette réference à l’italien ne serait pas une façon, maladroite peut-être, de signaler la résurgence d’une forme oubliée. L’adverbe aurait existé, puis aurait cessé d’être employé. Sous l’influence de l’italien, il aurait fait sa réapparition. Normalement le Petit Robet signale cette résurgence en marquant : repris de. C’est le cas de l’adverbe « possiblement » (dont je parlerai bientôt), de l’adjectif « farfelu ». Mais, ce n’est pas ce qu’il a fait dans le cas de « vélocement ». Serait-ce une erreur? Je ne saurais dire.

      • Martin Thierry dit :

        Ce peut être une piste intéressante que de parler de résurgence car dans le Dictionnaire de L’Académie Française, sixième édition de 1835, voici ce qu’on peut trouver (Vol II, p.914):

        – On passe de véloce à vélocité, sans mention de vélocement donc
        – Il est écrit de façon savoureuse : « il est vieux » pour le mot véloce, voulant dire que le mot est vieilli, sans aucune référence à une quelconque étymologie.
        Pour vélocité il a même été précisé : « Il n’est guère que du style soutenu ».

        • rouleaum dit :

          Peut-être ne le savez-vous pas, mais vélocement n’a jamais figuré dans un DAF; véloce, lui, n’a figuré dans deux éditions du DAF, la 6e (1835) et la 7e (1878); vélocité est dit de style soutenu depuis la 1e éd. du DAF (1694).

          J’ai trouvé dans le Grand Robert, à l’entrée vélocement , sous Étymologie, cette mention que je vous laisse décrypter, car je n’y arrive pas : Fin XIIIe; de l’ital. veloce «véloce», du lat. velox. – 1. Véloce (mot postérieur en franç., l’adverbe doit être considéré, depuis que véloce est courant, comme un dér. de ce dernier [fin XIXe]).

          • Martin Thierry dit :

            Effectivement, et j’ai trouvé également d’autres dictionnaires anciens qui ne mentionnent pas vélocement.
            J’en profite pour dire que notamment avec ce velox latin dont la prime origine se perd dans la nuit des temps et des langages, nous avons affaire à une rareté.

            En effet, il est intéressant de noter qu’il y a MOINS DE 20 MOTS terminés en -ox en latin (au nominatif) dont uniquement 6 adjectifs (celox, ferox, pernox, praecox, ternox et velox), auxquels il faut rajouter 2 superlatifs formés avec le préfixe prae (praeferox et praevelox).

            L’adverbe latin qui correspondrait à vélocement est velociter. Ce velociter désigne bien un adverbe de manière mais souvent ces adverbes en -ter n’ont pas de traduction rigoureuse (j’entends pas d’adverbe correspondant) en français.
            Exemples : arroganter ==> avec arrogance
            acriter ==> de façon perçante ou encore avec acharnement
            suaviter ==> d’une façon agréable, etc…

            • Martin Thierry dit :

              Enfin pour être complet j’ajoute que ce velox a été TRES peu productif si on le compare à d’autres adjectifs, ce qui est encore une preuve de sa rareté. Il n’a donné qu’un seul adverbe, velociter et un seul nom, velocitas (vélocité).
              C’est vraiment très peu, je vous laisse comparer avec par exemple les 4 adverbes : continue, continuate, continuatim et continuanter (ayant tous plus ou moins le sens de continuellement) et provenant de l’adjectif continuus.

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