Adverbes en –ment (4 de 5)

Je vous en prie : « Soyez bref! »

 

Cette fois-ci, nous nous penchons sur des adverbes qui ont une origine pour le moins mystérieuse. Comme mise en bouche, je vous propose de remplacer le pointillé par l’adverbe correspondant :

  1. D’une manière brève, en peu de mots.             Expliquer … qqch.
  2. D’une manière traîtresse.                                    Ils ont été … attaqués

Si vous vous êtes fiés à la règle, vous devriez avoir écrit brèvement et traîtressement. Les adjectifs d’origine ne sont-ils pas bref/brève et traître/traîtresse? Certes, mais jamais vous ne céderiez à une telle tentation. Vous savez que les bonnes formes adverbiales sont brièvement et traîtreusement.

Encore des exceptions, direz-vous! Pas vraiment. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ces constructions sont en tous points conformes à la règle générale. Difficile à croire, j’en conviens. Mais c’est la réalité. Et elle demande quelques explications.

Pour que ces deux adverbes soient dits réguliers, il faut que les « vrais » adjectifs d’origine aient été brief (fém. briève) et traîtreux (fém. traîtreuse), deux adjectifs que vous ne connaissez pas. Et pour cause. Ils sont tombés en désuétude, nous dit Grevisse (Le Bon Usage, 1980, # 2032). Les adjectifs, peut-être, mais pas les adverbes. C’est là qu’est le hic!

La disgrâce qu’ont subie ces deux adjectifs remonte-t-elle loin dans le temps? Tout dépend de l’adjectif considéré.

BRIEF (briève)

Dans les Dict. d’autrefois,  on peut suivre l’évolution de cet adjectif. Brief tout comme bref étaient utilisés en 1606. Le premier l’a été jusqu’au temps de Littré; le second l’est toujours. Mais brief est assez rapidement tombé en désuétude ou presque. En 1694, l’Académie (DAF, 1e éd.) ne lui reconnaît plus que de très, très rares emplois : « Il n’a d’usage que dans ces deux phrases. Adjourner à trois briefs jours, faire bonne & brieve justice. » Assez limité comme emplois, vous en conviendrez.

Puis, en 1798, l’Académie (DAF, 5e éd.) se ravise. Non seulement l’adjectif brief prend-il du galon – on élargit sa palette d’emploi –, mais il doit même, dans certaines circonstances, être préféré à bref :

On dit, Briève description, briève narration, et non pasBrève, pour dire, Courte description, courte narration.

On dit aussi, Briève sentence, pour dire, Une sentence rendue promptement.

Du fait que les Académiciens n’utilisent cet adjectif qu’avec des substantifs féminins, faut-il conclure que « un brief récit » ne se disait pas, que Adjourner à trois briefs jours (DAF, 1e éd.) ne se disait plus? Qui sait? Chose certaine, plus tard, Littré (1872-1877) répond clairement à ma question : « De peu de durée. Briève description. Briève sentence. On ne le dit plus qu’au féminin. » Tenez-vous-le pour dit!

À peine un an plus tard, brief, l’adjectif, disparaît du DAF (7e éd., 1878)! À jamais. Mais brièvement, l’adverbe, résiste. Il a la vie dure! On l’utilise encore de nos jours.

L’aspect irrégulier de cet adverbe tient à l’ancienneté de la forme adjectivale qui lui a donné naissance. Mais pour qui ne connaît pas l’histoire de brief, cet adverbe a toutes les  apparences d’une exception. C’est dire que notre méconnaissance de la langue peut parfois nous amener à porter un jugement erroné. Comme cela est le cas, par ex., quand on prétend que tennisman est un anglicisme (1).

TRAÎTREUX (traitreuse)

Contrairement à brief, l’adjectif traîtreux a perdu ses lettres de noblesse, voilà de cela quelques siècles. On le rencontre dans des ouvrages datant de 1575, de 1579, de 1587. Mais, en 1606, traitreux n’existait déjà plus; il avait été définitivement remplacé par traitre (à l’époque on écrivait traistre/traistreuse).

En 1692 (DAF, 1e éd.), traistreuse est remplacé officiellement par traistresse. Allez savoir pourquoi… Je dis officiellement, car c’est l’Académie, chien de garde de la langue française, qui se prononce! Dans les faits, traitresse (sans s ni accent circonflexe) était déjà utilisé dans les années 1550, soit près d’un siècle et demi avant que l’Académie se prononce. En 1565, on le trouve même sous la plume de nul autre que Clément Marot, celui à qui on doit la célèbre épigramme sur laquelle on se base pour justifier l’accord du participe passé avec avoir. (Voir  https://rouleaum.wordpress.com/2011/09/15/participe-passe-1/)

Logiquement, l’adverbe correspondant aurait dû, dans la foulée du changement de graphie de l’adjectif, changer lui aussi et devenir traistressement. Mais les Académiciens n’en ont pas voulu, ils ont maintenu traistreusement. Cette forme adverbiale devait sans doute être plus douce à leurs oreilles… délicates.

En 1647, donc bien avant que l’Académie, dont il faisait pourtant partie, ne reconnaisse officiellement traistresse, Vaugelas s’était prononcé sur l’acceptabilité de ces deux formes adverbiales. Dans ses Nouvelles Remarques, il déclare ne pouvoir blairer ni l’une ni l’autre :

Cet adverbe [traistreusement]  ne vaut rien ; car il n’est point en usage à la cour parmi ceux qui parlent bien, ni dans les bons auteurs, et il ne faut que cela pour lui faire son procès et le condamner. Mais si l’on y veut ajouter la raison, c’est que les adverbes qui viennent des noms, se forment toujours des adjectifs communs, et du féminin quand il est différent du masculin. […] Or est-il que traistreusement n’ayant point cette formation-là, parce que le féminin de traistre c’est traistresse, et non pas traistreuse, il s’ensuit que traistreusement est un mot barbare et contre l’usage et les règles ordinaires de notre langue. On ne dit pas non plus traistressement; et si on me demande comment on dira, donc, je répondrai qu’il n’y a point de mot venant de traistre qui se puisse dire en adverbe (2) […] (II- 466)

Mais Vaugelas n’a pas fait école. Malgré sa réprobation, on a continué à utiliser traîtreusement. Soit dit en passant, l’accent circonflexe, qui signale la disparition du s, n’apparaîtra OFFICIELLEMENT qu’en 1762, dans la 4e éd. du DAF.

N’allez pas croire que brièvement et traitreusement sont les deux seuls adverbes qui n’ont de l’exception que l’apparence. Ils ne sont pas légion certes, mais il y en a d’autres.

Il y a journellement, encore en usage de nos jours. Dans le Littré, on trouve : « JOURNEL, ELLE adj.  Qui arrive chaque jour ; on dit présentement journalier. » L’adjectif a disparu, mais pas l’adverbe.

Il y a prodigalement. Cet adverbe n’a jamais fait partie de la nomenclature du Petit Robert, même si on le trouve dans le Grand Robert. L’adjectif qui lui a donné naissance, prodigal/prodigale, existait déjà en 1550. Puis il a disparu. L’anglais, lui, l’a conservé – the prodigal son – au sens de prodigue.

Il y aussi grièvement, utilisé depuis 1606 (V. Dictionnaires d’autrefois )  et encore en usage de nos jours. Cet adverbe est construit sur griève (féminin de l’ancien adjectif grief). Il signifiait d’une manière importante, excessivement. En 1932, l’Académie (DAF, 8e éd.) décrète que l’adjectif grief « n’est plus guère usité, on dit plutôt GRAVE ». Elle vient donc, de par l’autorité suprême que lui a conférée Richelieu, de le faire tomber en désuétude! Du moins aux yeux de ceux qui croient en l’Académie. Du même coup, elle restreint l’emploi de grièvement : « Il ne se dit plus guère que dans l’expression Blessé grièvement »! (3)

Il y aurait également confidemment, que ni le Larousse ni le NPR ne mentionnent, sans oublier gentiment. Mais pour ces deux adverbes, la désuétude ne suffirait sans doute pas à expliquer leur graphie. Le premier vient soit de confidence, soit de confident, qui sont tous deux des substantifs et non des adjectifs, comme le voudrait la règle. L’adjectif est pourtant confidentiel, d’où l’adverbe confidentiellement ; le second vient de gentil, qui s’est vu amputé de son « l » final. Gentillement a pourtant déjà existé.

Bref, savoir qu’il faut dire brièvement, grièvement, journellement, etc. n’est peut-être pas pour un francophone une difficulté majeure, mais pour l’allophone ç’en est une. Ces adverbes ont tous l’apparence d’exceptions sans toutefois en être. Ce qui, vous en conviendrez, n’aide pas celui qui veut apprendre à parler français correctement. Il devra les mémoriser au même titre que les nombreuses autres exceptions, dont nous avons fait état dans les précédents billets!

MAURICE ROULEAU

(1)  Tennisman n’est pas un anglicisme, même s’il en a toutes les apparences. Non seulement se termine-t-il  par man, tout comme barman, clergyman, businessman, qui eux sont des anglicismes patents, mais il fait au pluriel tennismen! (V. le NPR et le Larousse) Que faut-il donc de plus, direz-vous, pour qu’il soit un vrai anglicisme? Une seule et unique chose : que le terme soit utilisé en anglais. « Élémentaire, mon cher Watson ». Or, tennisman n’a jamais existé en anglais; on dit tennis player. Tennisman est une PURE invention des Français. C’est donc un faux anglicisme. Au Québec, on préfère employer joueur de tennis. Si l’on m’en donnait l’occasion, je me risquerais à accoler à tennisman une marque d’usage : région. (France)!

(2)  Vaugelas (1585-1650) ignorait donc que traistrement s’utilisait! Assez étonnant, il faut l’avouer. Cet adverbe était utilisé en 1549 (i.e. bien avant sa naissance) et  l’encore en 1673 (i.e. bien après sa mort). Pourtant cet adverbe aurait pu plaire à son oreille délicate.  Mais il ne pouvait pas deviner…

(3)  Dans un prochain billet, j’examinerai les emplois autorisés, ou supposés tels, de grièvement et de gravement. Faut-il obligatoirement dire grièvement blessé, comme le suggère le DAF, 8e éd. (1932-35)? Que penser de grièvement malade?

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12 commentaires pour Adverbes en –ment (4 de 5)

  1. Martin Thierry dit :

    A propos des faux anglicismes, on a coutume, même dans l’encyclopédie Larousse, d’employer le féminin de « tennisman », y compris au pluriel avec les mots « tenniswoman » et « tenniswomen ».
    La liste est malheureusement longue avec des mots comme « taximan », le vrai mot anglais étant taxi driver, le fameux « goal » (qui signifie but en anglais), le goal se traduisant goalkeeper, le « cargo » qui fait référence à la cargaison en anglais, le bâteau se disant cargo boat, etc…

    • rouleaum dit :

      Je ne connaissais pas taximan. C’est un terme qui n’est pas utilisé au Québec. J’ai donc profité de cette découverte pour fouiller un peu plus mon dictionnaire. Je voulais savoir combien de mots étaient, selon le NPR 2010, de faux anglicismes. Ma recherche s’est révélée plus difficile que je le croyais, car cette caractéristique n’est pas toujours fournie au même endroit. Tout dépend du mot.

      1- À l’entrée taximan, on la trouve dans la description étymologique du terme :

      ÉTYM. 1956 ◊ faux anglicisme, de taxi et d’un élément -man, de l’anglais man « homme ».
      À noter : une variante, une seule et unique. À tennisman, on parle d’un pseudo-anglicisme :
      ÉTYM. 1903 ◊ pseudo-anglicisme sur le modèle de sportsman; de tennis et man « homme »
      Y a-t-il une différence entre pseudo-anglicisme et faux anglicisme? Les spécialistes, en voient peut-être une. Moi, je n’en vois pas.

      Dans le NPR, il y a 17 mots vedettes qui sont dit « faux anglicismes ». Il faudrait peut-être y ajouter tennisman.

      2- À l’entrée recordman, on trouve cette caractéristique non pas sous la rubrique Étym., mais au début de l’acception du mot vedette :
      ÉTYM. 1883 ◊ de record et anglais man « homme »
      Faux anglic. Détenteur d’un record. ➙ champion.
      Dans le NPR, il y a 8 mots vedettes qui sont ainsi présentés. La raison de ce traitement particulier n’est pas apparent.

      Si l’on regarde de près ces 26 mots, on se met à douter du sens à donner à « faux anglicisme », du moins à celui qu’en donne Josette Rey-Debove, dans son Dictionnaire des anglicismes (1980, Les usuels du Robert). Elle y traite de « la formation en français de pseudo-mots anglais, inconnus des anglais eux-mêmes. Ainsi avons-nous inventé recordman, footing, moto-cross, pressing, brushing, auto-stop, qui ont le double défaut d’avoir une forme anglaise et de n’être pas anglais, ce qui est choquant pour les personnes bilingues, et ridicule pour tout le monde. » De toute évidence, le ridicule ne tue pas! En effet, comment peut-on en arriver à dire que collector, scratch, slip, pin, sont de « faux anglicismes »? Le sens qu’on leur a donné en français ne correspond peut-être pas celui du mot anglais, mais le mot existe quand même. Alors qu’est vraiment un « faux anglicisme »? Un mot qui n’existe pas en anglais (comme tennisman) ou un mot qui n’a pas le même sens que son sosie anglais (ex. collector)? Il semble y avoir là un peu de confusion.

      • Martin Thierry dit :

        Il y en a encore d’autres, par exemple lorsqu’on parle d’une place de « parking » au lieu de dire stationnement.
        Pour ma part je préfère comme vous, parler de joueur ou de joueuse de tennis mais cela vient peut-être du fait que je connais bien l’anglais et donc je sais que les mots tennisman, tenniswoman, recordman (au lieu de record holder) etc n’existent pas.
        Pourquoi vouloir à toute force employer de pseudo mots anglais ?
        De même dira-t-on : « Allez-vous à London ce week-end ? » ou « Allez-vous à Londres en fin de semaine ? »

        • rouleaum dit :

          Chez nous, nous utilisons parking pour désigner ce que chez vous vous appelez, je crois, « parc de stationnement ». J’ai déjà prévu traiter des anglicismes (parking n’est pas un pseudo-anglicisme, selon moi).

          Nous ne pouvons pas dire : « Allez-vous à London… » pour « Allez-vous à Londres… », pour une raison fort simple. Il existe au pays une ville qui porte le nom de London. Impossible pour nous de faire chic et d’utiliser le mot anglais, car nous arriverions au mauvais endroit.

      • Martin Thierry dit :

        J’ajoute qu’il semblerait que les gens ne fassent jamais l’effort de retenir les mots ou l’expression anglaise complète. Ainsi j’entends parler de « dancing » au lieu de « dancing hall ». Par le passé on entendait souvent les gens dire « il faut être « , une contraction de « in fashion », à la mode.
        A moins que ce ne soit dû à la course au « toujours plus vite » qui a amené la contraction de cinématographe en cinéma puis en ciné.

        • rouleaum dit :

          Vous touchez là à un point important, car les causes de ce comportement relèvent plus de la psychologie que de la langue. Disons, pour tourner les coins rond, que ce n’est pas nécessairement par paresse, mais par économie dans l’expression. Pourquoi Timothy est-il appelé « Tim », par ses amis? Pourquoi Yanouchka est-elle appelée Yanou? Par paresse? Je ne crois pas. Tim et Yanou sont des mots qui remplissent bien leur fonction : désigner telle ou telle personne. Au même titre d’ailleurs que Timothy et Yanouchka. Il y a là, à mes yeux, plus que la course au « toujours plus vite ». J’appellerais cela de l’efficacité dans la communication. Je ne m’embarquerai toutefois pas dans un essai sur la psychologie de la langue. Cela dépasse de beaucoup mes compétences.

          • Martin Thierry dit :

            Attention, lorsque j’appelle ma fille Cassy au lieu de Cassandre, ce n’est PAS par économie comme vous le dites à propos de Tim, mais bien par affection, c’est un diminutif affectif.
            Par contre tout abréger comme dans goal – pour goal keeper – cargo – pour cargo boat- dancing – pour dancing hall – etc, ceci a trait selon moi à la paresse, et non à un sentiment affectueux.

            • rouleaum dit :

              Je suis bien d’accord avec vous sur l’aspect affectif. Mais cet aspect ne touche que vous. Est-ce que ses amis l’appellent Cassy? Si oui, est-ce par affection? Quand un ami veut présenter votre fille à une tierce personne, il est fort risqué qu’il dise : Cassy voici Pierre; Pierre voici Cassy. L’affection joue-t-elle un rôle ici? Je ne croirais pas.

              L’économie dans l’expression n’a rien de mal en soi. La concision n’est-elle pas une qualité recherchée dans un texte?

              • Martin Thierry dit :

                Ce que je voulais dire c’est qu’emprunter à une autre langue des mots, alors que ces mêmes mots ou expressions existent dans sa langue peut-être dangereux.
                J’ai vécu cela dans le Pacifique Sud, J’ai vu des langages se raréfier puis disparaître parce que les jeunes ne faisaient pas l’effort d’apprendre et de parler la langue de leurs ancêtres, le bichlamar était plus rapide, plus concis.
                Au final des tribus complètes ont fini par disparaître, totalement phagocitées, n’ayant pas réussi à conserver leurs coutumes, basées SURTOUT sur leur langage.
                Vous me pardonnerez, de préférer dire « aire de stationnement » à parking, je n’ai que faire de gagner quelques « précieuses » secondes, j’ai vu où cela a mené dans le Pacifique Sud, hélas.

  2. Marc81 dit :

    Quelques précisions : Si l’on en croit le Dictionnaire historique de la langue française, c’est bien l’adjectif traître qui est antérieur à traîtreux (XIIIe siècle). Littré va dans ce sens, en citant : « Ne teus ovraignes [telles oeuvres] comencier Vils, malvaises, ne traïtresses, Decevables ne felonesses » (Benoît, XIIe siècle).
    Aussi ne s’étonnera-t-on pas d’apprendre (toujours dans le Dictionnaire historique) que l’adverbe traîtrement (tiré directement de traître) ait été en usage (du XIIe au XVIIe siècle) avant l’adverbe traîtreusement (v. 1280). Pour quelle raison la forme plus récente l’a finalement emporté sur la plus ancienne ? Je l’ignore…

    • rouleaum dit :

      Vous avez peut-être raison. J’ai relu, rerelu et rererelu ce que le Dict. historique nous dit. Je dois vous avouer que je ne suis pas arrivé à déterminer si le « traître » dont il est question est le nom ou l’adjectif. Pas plus que de déterminer si l’on a dit traître (adj.) avant traitreux.

  3. Marc81 dit :

    Il est vrai que l’article du Dictionnaire historique n’est pas très explicite. Mais au moins situe-t-il l’apparition de l’adjectif traîtreux au XIIIe siècle. Littré attestant l’adjectif traîtresse dès le XIIe siècle, j’en déduis sans trop me tromper que celui-ci est antérieur à celui-là. Ce que confirme, du reste, le TLFi : ca 1175 adj. traitresse, à comparer à : 2e moit. XIIIe s. pour traîtreux.
    Tout ça pour dire (et là, le Dictionnaire historique est très précis) que traîtrement est apparu avant traîtreusement. Pour l’anecdote, Littré mentionne également trahitreusement, formée sur la variante trahistre / trahitre (« Cruel maistre, trahistre compagnon et desloyal serviteur »).

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