Adverbes en –ment (5 de 5)

Possiblement,

ce foutu, ou prétendu, régionalisme…

 

                Depuis quelques billets, nous nous intéressons à la morphologie des adverbes en –ment. Force est de reconnaître que la connaissance de la règle générale (ajout de –ment au féminin de l’adjectif) ne nous a pas été d’un grand secours. Cette règle souffre tellement d’exceptions.

Cette fois-ci, nous examinons des adverbes dont la morphologie est irréprochable, mais qui néanmoins ont fort mauvaise presse. Peut-être est-on en train de les mener sur la voie de la désuétude…

Dans les deux cas suivants, quel adverbe utiliseriez-vous pour remplacer le pointillé?

  1.  À l’heure présente.                Il est … absent.
  2. D’une manière possible.       Les personnes … intéressées par cette offre.

               Que se passerait-il si vous osiez répondre présentement et possiblement? Vous risqueriez de voir le réviseur excréter un épais liquide rouge, comme le dit si bien Jacques Davidts (1) dans son Petit Norbert (2). Je ne serais pas surpris de le voir remplacer présentement par actuellement et possiblement par éventuellement, vraisemblablement ou encore peut-être.

Qu’ont donc de si répréhensible ces deux adverbes? Présentement est construit sur le féminin de présent; et possiblement, lui aussi sur le féminin – du moins c’est ce qu’on prétend – de possible. Ces deux adverbes sont donc morphologiquement irréprochables; ils respectent en tous points la règle générale. Et pourtant… Pourtant leur emploi est contesté, controversé. Qui en a décidé ainsi? Ou plutôt qui a, sans le vouloir, contribué à les discréditer? Le dictionnaire. Plus précisément, le Nouveau Petit Robert.

Ces deux adverbes y sont stigmatisés. On leur a accolé des marques d’usage qui, inévitablement, jouent en leur défaveur :

Possiblement  —  Rare ou région. (Canada) D’une manière possible. Les personnes possiblement intéressées par cette offre. ➙ éventuellement. Des dégâts possiblement terribles. ➙ peut-être.

Présentement  —  Vx ou région. (Canada, Afrique) Au moment, à l’époque où l’on est, au moment où l’on parle. ➙ actuellement, maintenant. « Il faut, lui dit-elle, que tu ailles tout présentement chez le père Landriani » (Stendhal).

Ces marques d’usage justifient, aux yeux de certains, qu’on en condamne l’emploi. Le message subliminal que véhiculeraient ces marques serait, selon eux, qu’il faut cesser d’utiliser des régionalismes (région.) ou encore des « mots incompréhensibles ou peu compréhensibles de nos jours » (c’est ainsi que le NPR définit Vx). Autrement dit, il faut parler pour se faire comprendre de tous, et la référence absolue en la matière, c’est le dictionnaire! Lui, apparemment, sait ce qu’il faut dire… du moins bien des utilisateurs se plaisent à le croire. Comme si le dictionnaire était la Bible!

Voyons plus en détail ces deux adverbes.

POSSIBLEMENT

                Cet adverbe n’a jamais figuré dans le Petit Robert (de 1967 à 1992). Étant donné que, pour bien des gens, notamment les enseignants, « si ce n’est pas dans le dictionnaire, ce n’est pas bon », cette absence en condamnait l’emploi. L’idée s’est peu à peu incrustée dans l’esprit des traducteurs et autres langagiers, y compris évidemment dans celui des réviseurs.

Puis, en 1993, année de publication du premier Nouveau Petit Robert, cet adverbe fait, sans crier gare, son entrée au dictionnaire! On ne pouvait donc plus invoquer son absence pour en condamner l’emploi. Mais, fort heureusement pour ceux qui le décriaient, le NPR, en en retraçant l’étymologie, faisait référence à « l’influence de l’anglais possibly ». Il n’en fallait pas plus pour maintenir la condamnation. Au Québec – et sans doute ailleurs, mais à un degré certainement moindre  –, on a une sainte horreur de l’anglicisme. J’irais même jusqu’à dire qu’on a une sainte horreur de tout ce qui semble être un anglicisme (3), même quand ce n’en est pas un.

En 1993, le NPR disait de cet adverbe : Région. (Québec; peu utilisé en France). Puis, après 2006, le « peu utilisé en France » est devenu Rare, marque d’usage qui, dans ce dictionnaire, accompagne tout « mot qui, dans son usage particulier (il peut être didactique, technique, etc.), n’est employé qu’exceptionnellement. » Je vous laisse deviner de quel usage particulier il est ici question. Moi, je donne ma langue au chat.

Voici comment le NPR présente l’origine, ou étymologie, de cet adverbe : « Étym. 1337 ◊ de possible, repris au xxe sous l’influence de l’anglais possibly». Examinons donc chacun des éléments fournis :

1337 

C’est l’année où cet adverbe serait apparu dans la langue. Il m’a toutefois été impossible d’identifier l’ouvrage en question, car aucun texte ne correspond à cette année-là, dans la section : Correspondances des principales datations de mots. La plus vieille occurrence que j’ai trouvée remonte à 1515 (Arbre des batailles, par Honoré Bouvet). Ce ne sont toutefois pas deux petits siècles d’écart qui vont changer le fait que cet adverbe est bel et bien un mot français. Et rien d’autre.

de possible

                On reconnaît par là que cet adverbe résulte de l’ajout du suffixe –ment au féminin (!!) de l’adjectif. Il n’y a là rien de surprenant; c’est le procédé habituel.

Repris au XXe s. 

Si cet adverbe a été « repris », c’est qu’il avait cessé d’être utilisé pendant un certain temps. Voilà sans doute pourquoi, dans les Dict. d’autrefois,  il n’en est aucunement fait mention, avant la fin du XIXe s. (i.e. avant le Littré). Comme si, avant 1875, cet adverbe n’existait pas. Mais est-ce bien le cas? Pour le savoir, j’ai consulté le Dictionnaire vivant de la langue française.

On y apprend que sa fréquence d’utilisation, entre 1720 et 1870, est nulle (4). Pourtant, j’ai trouvé plus de 200 occurrences dans des livres publiés durant ces 150 ans. À partir de combien d’occurrences la fréquence n’est-elle plus nulle? Euh…

de l’anglais possibly 

Il n’en fallait pas plus pour que certains, en quête perpétuelle d’explication facile, sautent sur la similitude de cet adverbe avec son équivalent anglais possibly, pour le condamner.

C’est ce qu’a fait le Dictionnaire des anglicismes (G. Colpron, 1982). Dans sa liste des « Mots formés d’un radical français et d’un affixe français par calque de mots anglais ressemblants », on y trouve possiblement. Son arrêt de mort venait d’être signé. Et tous les étudiants, devenus par la suite langagiers (traducteurs, réviseurs, puis chargés de cours, professeurs), ont perpétué cette condamnation. Le mot d’ordre : Pas touche!

Ce que ne dit pas le NPR, c’est la raison pour laquelle possibly est devenu, subitement, une source d’inspiration pour les locuteurs francophones. Pourtant, selon le Merriam-Webster, cet adverbe existait déjà au XIVe siècle. Pourquoi le français a-t-il attendu le XXe s. pour en faire un calque? Mystère. À moins que l’explication ne soit que pure fantaisie.

Bref, possiblement, adverbe répondant en tous points aux exigences de la règle générale de formation des adverbes, était, et est toujours, un mot français. Un mot qui n’est sans doute pas très utilisé – au même titre que bien d’autres –, mais qui n’a rien d’un anglicisme. Un mot qui peut difficilement venir de l’anglais. Chose certaine, le Larousse n’en fait aucunement mention.

Il y a une autre chose qui me chicote. Pourquoi le NPR sent-il le besoin, en 1993, d’inclure possiblement dans sa nomenclature? Cette décision est d’autant plus surprenante que c’est un mot RARE (NPR dixit) et que, à chaque édition, on fait de la place pour de nouveaux mots, en éliminant précisément ceux qui sont, disons, RAREment utilisés. Il y a là, à mes yeux, quelque chose d’incongru : on enlève des mots rares pour faire place à un mot rare! Vous y comprenez quelque chose? Moi, pas.

PRÉSENTEMENT

Contrairement à possiblement, cet adverbe n’a pas eu à attendre l’arrivée du Nouveau Petit Robert (1993), pour y être admis. Il y était déjà. En fait, il y a toujours été. Depuis 1967, année de parution du premier Petit Robert! On le disait alors : Vx ou région. (la région en question était le Québec). C’est dire que, voilà près de 50 ans, présentement était déjà à la fois un « mot de l’ancienne langue, incompréhensible ou peu compréhensible de nos jours et jamais employé, sauf par effet de style : archaïsme (c’est ainsi que le Robert définit  Vx) et un « mot ou emploi particulier au français parlé dans une ou plusieurs régions, mais qui n’est pas d’usage général ou qui est senti comme propre à une région (i.e. Région.). » Il était déjà plutôt mal foutu, vous en conviendrez. Il y avait donc déjà tout ce qu’il fallait pour que les « puristes » en condamnent l’emploi.

Pour illustrer les marques d’usage inscrites, le Robert fait appel à une citation de Stendhal : Il faut, lui dit-elle, que tu ailles tout présentement chez le père Landriani. Personne aujourd’hui ne s’exprimerait ainsi, pas même un Québécois. Stendal l’a fait, mais, lui, il est mort en 1842. N’aurait-on pas pu citer des auteurs plus modernes? Giraudoux, par exemple, mort en 1944, qui faisait dire à la reine Alcmène, dans son Amphytrion 38 (p. 30) :

« Il est présentement sur la route de Thèbes, maugréant et jurant […] »

Il est clair que cette citation n’illustrerait pas aussi bien que celle de Stendhal l’aspect Vx (vieux) que l’on veut bien attribuer à cet adverbe. Pas plus d’ailleurs que ne le seraient des citations de textes non littéraires, encore plus récents. En voici deux qui datent d’au plus une quinzaine d’années, donc encore plus modernes que celle de Giraudoux , et qui n’ont pas été écrits par des Québécois :

  • « Les stocks mondiaux de sorgho […] sont présentement estimés à 8 millions de tonnes… » [L’Économie mondiale du sorgho et du mil (Rapport de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture, p. 17, 1997]
  •  « … ils doivent ressentir un plaisir de même nature que celui que je ressens présentement. » [Autour de Hégel, Hommage à Bernard Bourgeois, Librairie Philosophique J. VRIN, p. 295, 2000]

Ces phrases sonnent comme de la musique à mes oreilles. Mais ce ne sont que MES oreilles. Et de toute évidence, elles n’ont pas la même sensibilité que celles des régents.

Pourquoi devrais-je remplacer présentement par actuellement? Est-ce que le texte y gagnerait en clarté, en précision? Pas que je sache. Pourquoi alors le dit-on Vx? Question de mode? Si certains préfèrent utiliser actuellement, grand bien leur fasse! Moi, je ne vois pas l’intérêt à en faire autant. Pour être plus précis, je dirais que j’hésite même à utiliser actuellement. Pourquoi direz-vous? Parce qu’il y a risque de dérive. Je m’explique.

               Actuellement ressemble, à s’y méprendre, à actually. Et traduire la phrase : What are you actually doing? par « Qu’est-ce que vous faites actuellement? » est le type d’erreur dont il faut se méfier. Actually ne signifie pas actuellement, mais de fait, en réalité, vraiment, effectivement. Alors quand je lis en traduction : « On fait actuellement un sondage auprès des employeurs », je me demande si actuellement rend l’idée de Actually ou celle de présentement. Il est clair que, si je lisais : « On fait présentement un sondage auprès des employeurs », le message véhiculé ne souffrirait d’aucune ambiguïté. Selon moi, l’emploi de présentement contribue à la clarté du texte. C’est ma façon de voir, qui est celle d’un locuteur en contact quotidien avec l’anglais, mais rien ne vous oblige toutefois à la partager. Certains vont même jusqu’à faire de l’emploi de présentement un « québécisme d’usage »! Chacun a droit à son opinion, n’est-ce pas? Mais si jamais un réviseur s’aventurait à remplacer cet adverbe dans un de mes textes par actuellement, il aurait à justifier son choix autrement qu’en invoquant le Petit Robert. Car, je pourrais objecter que le Larousse ne lui accole aucune marque d’usage. Pas plus d’ailleurs que l’Académie (DAF, 9e éd. 1985-…). Pourquoi alors faudrait-il que le NPR soit le seul à voir juste?

Si je résiste à la tentation du modernisme (utiliser de préférence actuellement) et que je continue à (ou continue de) employer mon bon vieux régionalisme, présentement, est-ce que je risque de ne pas être compris? Mon texte aura-t-il besoin d’être traduit en français? J’en douterais fort. Alors dire que cet adverbe est « incompréhensible ou peu compréhensible de nos jours » (c’est ainsi, nous l’avons dit, que le NPR définit Vx), me semble un tantinet exagéré. Ne croyez-vous pas?

 Maurice Rouleau

(1)  Jacques Davidts est, entre autres, le scénariste de la série Les Parent, diffusée sur la chaîne de Radio-Canada, depuis 2008.  En France, la série est diffusée depuis octobre 2010 sur Canal+ Family; et depuis 2011, sur Telewizja Polska, sous le titre Rodzinka.pl. (Source Wikipédia)

(2) Vous aurez deviné qu’il s’agit d’un pastiche de vous-savez-quoi. Ce dictionnaire ne contient que deux entrées.  Voici comment y est défini RÉVISEUR (l’autre entrée est traducteur).

Réviseur [rEVIZOEr] n. (lat. revisor).

Mammifère carnivore (Revisor implacabile L.) de la même famille que le traducteur (V. ce mot) dont il est l’ennemi héréditaire. Le réviseur implacable n’hésite pas à s’attaquer aux petits du traducteur (V. Traduction). C’est d’ailleurs à cette occasion qu’il est possible de faire la distinction entre ces deux animaux par ailleurs d’apparence semblable. En effet, quand il attaque, le réviseur excrète un épais liquide rouge destiné à paralyser le traducteur. Celui-ci semble néanmoins acquérir une immunité de plus en plus grande à cette toxine et l’on a vu parfois un réviseur terrassé par son opposant. Les traducteurs entièrement immunisés peuvent côtoyer des réviseurs sans manifester d’inquiétude. Certains zoologistes envisagent la possibilité d’un drift génétique qui conduirait éventuellement à la fonde des deux races en une seule. Pline le Jeune parle d’un réviseur apprivoisé par un traducteur (l’authenticité de cette source a été mise en doute). Le réviseur a une alimentation essentiellement liquide, si l’on excepte son goût de carnassier pour les traductions (V. ce mot). Il raffole particulièrement d’un produit qui rappelle le papier par sa couleur et qui dégage une forte odeur que d’aucuns ont qualifée d’enivrante. Un, une réviseur. V. Révision. Loc. et prov. Quand le réviseur n’est pas là, les traducteurs dansent; les subordonnés s’émancipent quand le maître est absent. Jouer avec sa victime comme un réviseur avec un traducteur. ― Être, vivre comme traducteur et réviseur; éprouver de l’antipathie, de la haine l’un pour l’autre. ― Écrire comme un réviseur : d’une manière illisible, désordonnée. Donner sa langue au réviseur : s’avouer incapable de trouver une solution.   (reproduit avec la permission de l’auteur)

(3)   À ceux qui en douteraient, je conseille fortement la lecture des chroniques de Frèdelin Leroux,fils, parues dans la revue L’Actualité langagière.

(4)  Pour ne pas faire dire au dictionnaire ce qu’il ne dit pas, le 18 juin, j’ai demandé, par courriel, au responsable du DVLF, à l’U. de Chicago, des précisions sur les fréquences affichées. Je voulais être sûr de bien interpréter les données.

À possiblement, on indique, pour l’année 1860, une fréquence de 0,08. Comme la fréquence est calculée sur 1 million de mots, cela signifierait, si mes calculs sont exacts, qu’on a relevé 80 000 occurrences de cet adverbe! OUF… Peut-on vraiment dire que cet adverbe est rarement employé? J’en doute, à moins que j’interprète mal les données, d’où mon courriel.  Mais j’attends toujours une réponse!

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2 commentaires pour Adverbes en –ment (5 de 5)

  1. Jacques Roger RAYMOND. dit :

    Avant tout, je souscris à toutes vos observations visant l’arbitraire de lexicographes et autres régents de notre idiome commun. Les deux adverbes dont vous scrutez l’usage sont parfaitement acceptables dans l’Hexagone comme au Québec. J’introduirais cependant une nuance (sans prétention scientifique…). * « Présentement » me semble relever davantage de la langue soutenue mais n’est nullement un « régionalisme » ( je défie ces auteurs d’en nier l’usage en France ou de l’y restreindre à telle ou telle région !); toutefois, les deux exemples que vous donnez initialement sont peu probants: dans la citation de STENDHAL, l’adverbe « tout » ne s’emploierait plus aujourd’hui (sans lui, « présentement » resterait admissible);– et « Il est PRÉSENTEMENT absent » achoppe sur un double obstacle: la cacophonie « -ment absent » et, surtout, l’apparente aberration sémantique « absent/ de manière présente »….
    * « Possiblement » n’est pas davantage un québécisme. Toutefois, locuteur français à part entière, je n’emploierais le mot qu’occasionnellement, mais sans l’ostraciser (au demeurant, il ne faut pas voir partout des anglicismes: en portugais, « possivelmente » est d’usage courant, et le sont aussi ses équivalents espagnol et même italien).

    Permettez-moi de réitérer mon adhésion à la validité originelle et demeurée fondamentale de la règle de formation des adverbes en -MENT sur la forme féminine de l’adjectif. Car les exceptions que vous avez légitimement soulignées sont de deux types dissemblables: les unes dérivent d’une forme altérée (ou duale) de l’adjectif; d’autres sont des simplifications graphiques qui ont éliminé ( en toute inconséquence…) la marque du féminin — occultant la dérivation !
    Je voudrais faire valoir une position dissonante. Professeur de français dans des universités chinoise et scandinave, j’ai longtemps été, moi aussi, en contact et aux prises avec l’anglais; mais, enseignant au Brésil depuis des lustres, je suis devenu lusophone, et versé en italien comme en castillan. Or je pourrais multiplier les exemples de dérives sémantiques qui creusent irrémédiablement le fossé entre les langues latines. Je me bornerais à ce seul cas: dans les 3 langues nommées, -MENTE est TOUJOURS suffixé à la forme FÉMININE de l’adjectif (identifiable même si elle se confond avec la forme masculine). Le trait commun aux « régents » des deux côtés de l’Atlantique est de se confiner dans leur idiome (et de voir partout des anglicismes… ou de les ignorer quand ils sont flagrants ou POSSIBLEMENT contagieux: «  »eventually » — j’ajouterais un triste exemple brésilien: « a conferença de Wannsee decidiu pelo extermínio EVENTUAL dos judeus » [ « la conférence de Wannsee a décidé l’extermination ÉVENTUELLE des juifs » !! ]. Une autre différence s’observe dans ces dérivations adverbiales: au contraire du français, le lusitanien admet l’universalité des adverbes en -MENT (en général, les dictionnaires ne les recensent pas); il ne refuse IMPLICITEMENT que des formes cacophoniques ou trop lourdes.
    En clair, je suis adepte des linguistes européens, tels Umberto ECO, ou le journaliste agrégé et docteur en… anglais Bernard CASSEN, ou d’excellents romanistes, qui prônent la communication entre locuteurs de langues apparentées (à la façon des Scandinaves ou des Sud-Américains), chacun parlant son idiome maternel dès lors que les interlocuteurs sont ou se croient assurés d’être compris.

    Puis-je m’autoriser une question sur des prépositions adressée à un éminent spécialiste (j’ai votre livre en main)? Vous écrivez: « sa fréquence d’utilisation, entre 1720 À 1870, est nulle » [la majuscule est mienne]; « hexagonal », je dirais « entre 1720 ET 1870 ». Or ce tour m’est toujours apparu comme un… lusitanisme. Alors, serait-ce un québécisme ou cette corrélation est-elle attestée en français standard ?

    Cordialement,
    Jacques Roger RAYMOND.

    • rouleaum dit :

      Écrire « entre 1720 à 1870 », comme je l’ai fait, ce n’est pas un québécisme. C’est une bêtise que je n’ai malheurement pas vue. Je fais la correction sur-le-champ.

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