Mile ou mille


Battre le record…

du « mile » ou du « mille »?

Me sachant accro des mots, un bon ami à moi se dit étonné que je n’aie pas relevé, dans un roman que je lui ai passé, l’emploi du mot mile. C’est pourtant un roman écrit en français. Et à ses yeux, mile est un mot anglais, pas un mot français.

La première fois que, moi, je croise mile – voilà de cela quelques lunes –, je suis, tout comme lui, fort étonné. J’appelle alors mon Petit Robert à la rescousse. Ô surprise! J’y trouve le mot. C’est donc, comme le veut la théorie, un mot d’usage courant! Courant peut-être de l’autre côté de l’Atlantique, mais certes pas chez nous. D’où ma surprise d’alors et celle de mon bon ami, aujourd’hui.

Point n’est besoin de vous dire que je n’ai jamais, au grand jamais, utilisé ce mot et que son entrée au dictionnaire n’a pas modifié mes habitudes langagières. Si j’avais osé le faire, je me serais assurément fait taper sur les doigts. En effet, pourquoi aurais-je utilisé un mot anglais quand un mot français pour désigner la même réalité existe déjà? Il n’y avait aucune raison. Mais alors… pourquoi d’autres ont-ils recouru à un mot anglais? Serait-ce que le mot français que j’utilise n’est pas correct? Euh… J’ai décidé d’aller voir ce qu’il en est.

Mon point de départ a été le Nouveau Petit Robert (NPR) 2010. Voici comment les deux termes y sont définis :

  •  Mile       étym. 1866 (le mot était francisé en mille) ◊ mot anglais, du latin milia  ■ Mesure anglo-saxonne de longueur utilisée en Grande-Bretagne, aux États-Unis et au Canada, valant 5 280 pieds soit 1 609 mètres. ➙ 2. mille. Sport Le record du monde du mile.
  • Mille 2  (1580 ◊ francisation de l’anglais mile)  Mod. Mille anglais (abrév. mi), utilisé en Grande-Bretagne, aux États-Unis et au Canada. ➙ mile. « Quatre cents milles, en plein hiver, sans changer de cheval » (A. Hébert).

Tout jeune, j’ai appris que 1 mille vaut 5280 pieds ou 1760 verges; et beaucoup plus tard, qu’il vaut 1,6 km. Un mille. Pas un mile. Comme le NPR nous dit que mille = mille anglais, je ne fais donc pas de faute en disant qu’un athlète a battu le record du MILLE. Les Français ne feraient pas de faute, eux non plus, en disant que cet athlète a battu le record du MILE. Du moins si l’on se fie au dictionnaire.

Pourquoi, de ce côté-ci de l’Atlantique, utilise-t-on le terme français et, de l’autre, le terme anglais, dont la prononciation [maïl] n’est même pas francisée?

Pour y voir plus clair, nous allons examiner successivement les 4 éléments de l’étymologie (étym.) de mile, que nous fournit le NPR.

1-   étym.1866 (le mot était francisé en mille) ◊ mot anglais, du latinmilia

Mile aurait donc fait son apparition dans la langue en 1866. Il n’est donc pas étonnant qu’on n’en trouve aucune trace dans les Dictionnaires d’autrefois.

Sur quoi se base le NPR pour lui attribuer cette datation? Dans les pages liminaires, à la section « Correspondances des principales datations de mots », on voit que 1866 renvoie au « Dictionnaire de la langue verte de Delvau ».

C’est donc de là qu’il vient. Aucun doute possible, puisque c’est le seul ouvrage correspondant à cette année-là. Comme on ne se défait pas facilement de ses habitudes – bonnes ou mauvaises –,  j’ai voulu m’en assurer, car je ne tiens rien pour acquis. Malheureusement, je n’ai pu mettre la main que sur l’édition de 1883, qui ne diffère de celle de 1866 que par l’ajout d’un Supplément. À mon grand étonnement, mile ne s’y trouve pas. Ni dans le corps de l’ouvrage que l’on doit à Alfred Delvau, ni dans le supplément signé G. Fustier. Si ce mot est vraiment apparu en 1866, la preuve se trouve ailleurs que dans ce dictionnaire. Mais où? J’en suis donc réduit à croire sur parole – ce qui est chez moi contre nature – que ce terme aurait fait son apparition dans la langue en 1866.

2-   étym. 1866 (le mot était francisé en mille) ◊ mot anglais, du latin milia

                Si l’on avait dit « le mot est francisé en mille », cela signifierait qu’aujourd’hui on dit mille et non plus mile. Mais en employant l’imparfait, on indique clairement le contraire : aujourd’hui on dit mile, autrefois on employait mille. Mile a donc été francisé en mille, puis, pour une raison inconnue encore, il est réapparu! Et cela se serait produit en 1866.

Comme mes ancêtres et ceux de bien d’autres Québécois sont arrivés en terre d’Amérique bien avant 1866, ils devaient certainement utiliser la forme francisée : mille. Je ne vois pas d’autre explication à mon habitude langagière.

3-   étym. 1866 (le mot était francisé en mille) ◊ mot anglais, du latin milia

Mile est un mot anglais. Il n’y a là aucune surprise. D’ailleurs sa seule prononciation (maïl) l’atteste. En effet, combien y a-t-il de mots français dont le i se prononce   [aj, selon la transcription phonétique internationale]? Je ne connais que celui-là. Et vous?

4-   étym. 1866 (le mot était francisé en mille) ◊ mot anglais, du latin milia

La similitude de forme entre mile et milia est frappante. Aux yeux de certains, elle serait même très convaincante. Si l’on écrit mile, c’est que le mot d’origine s’écrivait, lui aussi,  avec un seul L. Voilà un argument qui, à première vue, peut avoir une certaine valeur. Mais est-ce vraiment le cas?

Je ne suis pas latiniste de formation, mais j’ai appris le latin suffisamment longtemps  pour que cette information me chicote. Et depuis suffisamment longtemps aussi pour que je sente le besoin de retourner à mon dictionnaire latin-français. Ce que j’y apprends alors vient me conforter dans mes doutes : le mot latin pour dire « mille » (distance de mille pas) est mille et non milia. J’y apprends aussi que milia est le pluriel de mille et que « milia est mieux que millia »! Ah… L’histoire ne nous dit pas pour qui c’était mieux.

Pourquoi, me dis-je, recourir à un mot latin pluriel (milia) comme étymologie du mot mile, qui, lui, est singulier? Veut-on par là nous convaincre de la nécessité d’une telle entrée? Disons que cette façon de faire a de quoi m’étonner. Mon étonnement est encore plus grand quand je lis ce que le NPR dit du mot français mille :

étym. 1165 mile; 1080 mil ◊ latin milia, plur. de mille

Pourquoi expliquer l’origine du mot mille en faisant d’abord référence à milia, et ajouter que c’est le pluriel de mille? Il y a là une logique qui m’échappe totalement.

Après l’examen de ces données étymologiques, je ne peux que conclure que  la pertinence de mile, mot anglais, m’échappe totalement. Il n’est pas pertinent pour moi, mais, de toute évidence, il l’est pour mes lointains cousins d’antan, qui habitent de l’autre côté de l’Atlantique.

Entrée dans la langue vs entrée dans l’usage

« Entrée dans la langue » est-il synonyme de « entrée dans l’usage »? On pourrait penser que oui, mais tel n’est pas nécessairement le cas. En effet, la « date à laquelle le mot, le sens ou l’emploi, a été attesté », sens que le NPR donne à « datation », ne fait référence qu’à l’année de publication du plus ancien ouvrage français dans lequel le mot a été retrouvé. Dire que mile est apparu en 1866, c’est dire que, dans une publication de cette année-là – et pas avant –, le mot mile a été rencontré. Cela ne nous dit rien de l’importance de son emploi par les gens de cette époque. Ce pourrait être tout simplement un cas isolé (ce que les linguistes appellent un hapax). Que faire pour en savoir plus sur son emploi par les locuteurs? Il suffit de trouver l’année de publication du plus vieux dictionnaire où ce terme figurerait, car le dictionnaire se veut le reflet de l’usage. Cette année-là pourrait être considérée comme l’année « officielle » d’entrée dans l’usage. Quel est donc ce dictionnaire et en quelle année a-t-il été publié?

Dans le dictionnaire Littré (1872-1877), mile ne s’y trouve pas. Dans le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, de P. Larousse  (1874), mile n’y est pas, non plus. Qu’il n’y soit pas quelques années seulement après sa prétendue apparition dans la langue n’a rien de trop surprenant. Mais que, trente ans plus tard, i.e. en 1905, il ne figure toujours pas dans le Petit Larousse illustré, là je commence à trouver cela un peu surprenant. Ce qui est encore plus surprenant, c’est que, 56 ans plus tard (Petit Larousse de 1922), il n’y soit toujours pas. S’il est vraiment apparu dans la langue en 1866, de toute évidence, il n’est pas entré dans l’usage. Du moins pas dans l’usage décrit par les rédacteurs du Larousse.

Qu’en dit, de son côté, l’Académie française? Dans la 8e éd. de son dictionnaire (DAF, 1935), elle n’en fait nullement mention. Il faudra attendre la 9e éd., celle qui est en cours de publication (1985-…), pour voir – enfin! – apparaître le mot. Près d’un siècle après sa prétendue apparition dans la langue!  Ce terme aurait fait son entrée dans l’usage  – et non dans la langue – entre 1935 et 1985!

Pendant cette période, un nouveau dictionnaire a fait son apparition : le Robert, dont le format  réduit sera appelé le Petit Robert. Voici ce qu’on peut lire, aux entrées mile et mille, dans le tout premier Petit Robert, publié en 1967 :

  • Mile : (attesté XXe s., [le mot était francisé en mille]; mot angl.; lat. milia) Mesure anglo-saxonne de longueur (1069 m). V. mille 2.
  • Mille 2. Mod. (francis. de l’angl. mile) Mille anglais.

Le contenu de l’entrée mile est pratiquement le même que celui de l’édition 2010, à une exception près : la datation. En 1967, on donne XXe siècle; en 2010, on donne XIXe siècle. Non seulement a-t-on reculé dans le temps, mais on précise même l’année : 1866. La même remarque s’applique à l’entrée mille. L’absence de datation dans l’édition de 1967 est comblée par la datation 1756 dans l’édition de 1993, changée depuis pour 1580 dans celle de 2010. Une datation n’est pas une donnée coulée dans le béton. Elle peut varier au gré des dépouillements de textes anciens. La preuve vient d’en être faite.

Est-il vrai qu’en Europe francophone mile est le seul mot utilisé? Que mille y est tombé en désuétude? Je ne saurais dire, car j’habite de ce côté-ci de l’Atlantique. Mais je suis en droit de me demander pourquoi, si, en français, cette réalité anglo-saxonne se disait mille avant 1866, on a changé pour mile. Quel besoin y avait-il d’emprunter alors un mot anglais? Qu’avait donc de si répréhensible le mot mille pour qu’on voulût s’en débarrasser? Je ne peux que spéculer.

Un argument qui pourrait être avancé par les défenseurs de mile serait que le mille est une unité de mesure linéaire dont la valeur varie selon les pays. Dire « j’ai marché deux milles » ne dirait rien sur la distance réellement parcourue tant que l’on ignore où cela se serait produit. Dans l’antiquité, le mille romain équivalait à 1000 pas (chaque pas représentant deux enjambées d’un soldat romain); il valait alors environ 1482 mètres. Le Littré nous apprend que le mille hébraïque valait environ 666 m; le mille arabe,  1952 m; le mille de Prusse, 7533 m; le mille de Bade, 8888 m; le mile d’Autriche, 7586 m; le mille anglais, 1609 m. Alors pour éviter d’avoir à préciser de quel mille on parle (mille anglais), peut-être a-t-on préféré utiliser le terme anglais mile. Par économie dans l’expression. Voilà certes un argument intéressant, mais il ne résiste pas à l’analyse. Je m’explique.

Le mille, en tant qu’unité de longueur à valeur variable selon les pays, c’est de l’histoire ancienne. Ce terme n’est plus utilisé de nos jours que pour parler de la  mesure anglo-saxonne, en vigueur aux États-Unis, en Grande-Bretagne et sans doute dans d’autres pays du Commonwealth, sauf au Canada, où le système métrique a fait son entrée dans les années 1980. Qui emploie de nos jours mille fait nécessairement référence au mille anglais. Il n’y a donc plus de confusion possible sur la distance dont il est question. D’ailleurs, le NPR l’indique clairement : Mille = (Moderne) mille anglais.

Bref, je continuerai à employer mille, sans aucune gêne. Pourquoi devrais utiliser mile quand il existe déjà un mot français, consigné au dictionnaire, pour désigner la même réalité? Pour éviter tout malentendu sur le sens du mot? Pas vraiment. Pour faire chic?… Encore moins.

Nos coureurs peuvent toujours vouloir battre le record du mille. Aucun Québécois ne leur reprochera. Sauf que cette épreuve n’a plus cours. Pas même aux États-Unis!

MAURICE  ROULEAU

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6 commentaires pour Mile ou mille

  1. Anne dit :

    Si je peux me permettre, voici un commentaire qui ne repose pas sur des recherches, mais sur ma « vie antérieure » de Française, il y a de longues années :

    En fait, il faut comprendre que l’emploi de la mesure linéaire est en France limité au domaine du sport, puisque les Français ont été parmi les premiers (sinon les premiers) à adopter le système métrique… Dans la vie courante, il n’est jamais question que de kilomètres ou de kilométrage. À part dans le domaine sportif (et encore, le 1500m a détrôné le mille ces dernières années), le Français moyen n’aura guère l’occasion d’employer le mot « mile », à moins de se remémorer des vacances aux États-Unis ou en Angleterre. Comme, on y parle anglais, il fera tout naturellement un emprunt en utilisant la forme anglaise du mot.

    Par ailleurs, en France, le mot « mille » désigne plutôt dans la langue courante le mille marin. Est-ce pour faire l’opposition entre les deux mesures que le « mile » a perduré? Il me semble que oui.

    • Jeanne dit :

      Anne m’a devancée. J’habite cet autre coté de l’Atlantique, et en effet pour moi un « mille » correspond à une mesure utilisée pour la navigation. Ce mot me fera donc tout de suite entrer dans un contexte maritime, au contraire de « mile », qui, par sa seule prononciation / orthographe, me placera dans un contexte anglo-saxon.

  2. Rozé Christian. dit :

    Ceci dit, on utilise encore le mile dans la langue anglaise, pour d’autres longueurs,suivant le pays… si mon souvenir d’auto-stoppeur est bon, quand on me parlait en Suède de « mile » (en anglais), c’était pour signifier 10 km et non pas 1 609 m. Il y a probablement d’autres sens du mot anglais dans les différents pays du monde.

  3. Antoine Mercier dit :

    Cher Maurice Rouleau, vous écrivez : « Après l’examen de ces données étymologiques, je ne peux que conclure que la pertinence de mile, mot anglais, m’échappe totalement. Il n’est pas pertinent pour moi, mais, de toute évidence, il l’est pour mes lointains cousins d’antan, qui habitent de l’autre côté de l’Atlantique. »
    La prononciation de mile (anglais) semble montrer que ce mot ne descend pas directement du français mille, ou mil, comme on l’écrivait parfois au moyen-âge, mais très probablement du germanique Meile (latin milia), ou néerlandais mijl avec la signification d’une distance, et qu’il a été importé en Grande-Bretagne par les Angles et les Saxons en même temps que tous les adjectifs cardinaux (two, four, five, ten, twenty, fifty, hundred… etc) au moins 400 ans avant l’arrivée des Normands qui eux parlaient français. Leur nombre mil (mille) n’a pu s’imposer, pas plus que les autres adjectifs cardinaux français.
    Robin des bois disait probablement : « I have thousand friends in the woods » alors qu’au château de Nottingham, on entendait : « Ce hors-la-loi a plus de mil manants avec lui dans la forêt. »
    Le mile anglais ne désignait pas, et ne désigne toujours pas un nombre en soi, mais bien une distance spécifique en tant que telle, par élision de ce qui qualifie la distance que l’on multiplie par 1000, le double pas. Bien sûr, rien n’empêchait quiconque de savoir qu’à l’origine, cela voulait dire mille double pas. A l’inverse, en français, on utilisait la lieue et le mot mille n’a jamais qualifié une distance avant l’introduction du mille marin au XIXe. Il suffit de relire les carnets de Champlain, pour ne prendre que lui, pour constater qu’il a toujours utilisé la lieue pour mesurer les distances des vastes espaces qu’il arpentait, et qu’il réservait le terme mille au nombre 1000. Ce n’est qu’au changement de souveraineté, j’imagine, depuis ma Suisse lointaine, qu’officiellement, le mile anglais a, au Canada, supplanté peu à peu dans l’usage la bonne vieille lieue. Comme pour tant d’autres expressions, les Québécois ont (re)francisé le mot mile en mille, ce qui était d’autant plus naturel que le mot existait déjà. Nécessité fait loi dit le proverbe. Vous en avez tiré le meilleur parti possible en faisant votre usage et c’est bien ainsi.
    D’ailleurs, l’usage peut être très tenace et se moquer des législateurs de la langue. En 1842, soit 50 ans après l’introduction du système métrique, Hugo écrivait : « De Lorch à Bingen il y a deux milles d’Allemagne, en d’autres termes, quatre lieues de France, ou seize kilomètres dans l’affreuse langue que la loi veut nous faire. » (Rhin, p. 154)
    Et en 1869, Jules Verne a titré son célèbre roman ‘Vingt mille lieues sous les mers’ et non pas ‘Soixante mille milles sous les mers’…
    Dans ce débat sur le mile ou le mille, je pense que tout le monde a raison, même quand tout le monde ignore parfois pourquoi il a raison… Les Canadiens peuvent sans autre accepter qu’un Belge, un Suisse ou un Français écrivent, voire même prononcent à l’anglaise un mile, pour qualifier la distance courue en athlétisme ou en sport équestre. A l’inverse, comment ne pas reconnaître aux Canadiens leur parfaite légitimité à écrire et dire un mille pour parler de la même chose. Je pense effectivement que l’usage et l’histoire d’un mot doit primer sur son étymologie au sens strict, (ou pire, construite a posteriori), quand il y a divergence.
    ‘Desk’ ou ‘Disque’ ?
    Mais on a le droit de s’amuser! Alors voilà: on devrait préconiser de remplacer l’anglicisme desk (secrétariat ou bureau d’une agence de presse, selon Larousse) par le bien français disque. En effet, le mot latin discus a donné Tisc en haut-allemand (Tisch en allemand moderne), puis desk en anglais (amené sur l’île par les Angles et les Saxons lors de leur déménagement), avant d’être supplanté par le mot table (teibl), lui-même venant en droite ligne du latin tabula par le français table et importé en Angleterre par les Normands. Le desk a subsisté pour ne plus désigner qu’un meuble d’un usage particulier, sur lequel on ne se met en général pas à table… Mais dans son parcours français, ce même discus latin a donné disque. Ce mot existe, il est bien français, de plus des deux côtés de l’océan. Donc desk = disque comme mile = mille. Et voilà, étymologiquement, c’est impeccable. Et peu importe que l’usage ait attribué au mot disque une tout autre signification dans son parcours français historique.

  4. Raingué dit :

    Cherchant à vérifier le bon usage du MILLE je viens d’arriver sur votre site. En navigation, je m’étais étonné d’avoir, sur mes instruments, le choix d’afficher les mesures de vitesse en MPH ou en KNOT (noeud). Pourqoui ce choix puisque ces unités ont la même traduction en français : Mille Par Heure. En fait la différence est conséquente, elle vient de la signification du mot MILLE. En MPH il s’agit du mille terrestre (1609 m), en KNOT il s’agit du mille marin (1852 m), environ 15% de différence!
    Depuis j’écris MILE pour le terrestre et MILLE pour le marin.
    Cordialement

    • rouleaum dit :

      Vous vous étonnez d’avoir le choix, sur vos instruments de navigation, entre MPH et KNOT, étant donné que « ces unités ont la même traduction en français : Mille Par Heure ». Comme vous le faites si bien remarquer : dans MPH, on parle du mille terrestre et dans KNOT on parle du mille marin. Donc ces deux mesures ne sont pas identiques, sinon vous n’auriez pas à choisir, le cadran indiquerait MPH/KNOT.

      Vous avez décidé d’utiliser MILE pour le mille terrestre et MILLE pour le mille marin. Soit. C’est votre choix. Mais pourquoi pas l’inverse?…

      Serez-vous compris par tous vos interlocuteurs? Ne devrez-vous pas leur dire la différence d’acception que vous faites entre ces deux graphies?

      Vous êtes, j’en suis certain, plus habitué au km qu’au mille. C’est certainement ce qui explique votre choix. Mais moi, qui suis plus familier avec le mille, j’aurais fait un choix différent : j’aurais réservé MILLE pour le mille terrestre et j’aurais utilisé NŒUD, pour le mille marin. J’éviterais ainsi toute confusion possible. Mais encore là, c’est une décision personnelle.

      Mais au fait, pourquoi a-t-on décidé que le mille marin serait une distance plus longue que le mille terrestre? À quel besoin cela répondait-il? Je ne saurais dire.

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