Décade / Décennie (2 de 2)

Faut-il dire décade ou décennie?

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Le NPR nous met en garde contre l’emploi de décade au sens de décennie. Pourtant aucun dictionnaire n’a attribué à décade le sens de « période de dix ans » avant que décennie n’y fasse son apparition. Ce qui, faut-il le dire, est relativement récent. Le Grand Robert est le premier à inclure décennie dans sa nomenclature et à faire de décade un mot bisémique.  Non sans prendre soin de préciser que son emploi au sens de « période de dix ans » est critiqué. L’anglais serait en cause! C’est donc dire que la méprise lexicale est récente, qu’elle ne date que de quelques décennies!

Le problème, c’est l’attribution d’un nouveau sens à décade. On en veut, semble-t-il, à son caractère bisémique. On n’aime pas le voir prendre le sens de « période de dix ans ». On ne veut pas qu’il évolue. Ou plus exactement on ne veut plus qu’il évolue, car, vous ne pouvez pas le nier, il a évolué.

Évolution sémantique de décade

Décade ne signifie au départ que « dixaine ». En 1694, on ne l’utilise déjà plus que pour parler d’ouvrages en 10 livres. À l’époque de la Révolution française, il acquiert un nouveau sens, car cette révolution se veut totale. On change le nom des mois, le nom des jours. La semaine disparaît; la décade, période de dix jours, la remplace dans le calendrier républicain de 1793. Ce nouveau sens, on le trouve consigné dans le DAF (5e éd.), et ce, dès 1798 (1).

Il ne faut surtout pas croire que c’est aux porteurs du bonnet phrygien que l’on doit l’emploi de décade au sens de « période de 10 jours ». Loin de là. Les Égyptiens et les Athéniens divisaient déjà chaque mois de leur calendrier en décades, comme nous le dit E. J. Monchablon, à l’entrée ANNÉE (p. 79), dans son  Dictionnaire abrégé d’antiquités: pour servir a l’intelligence de l’histoire … (1773) :

Les Athéniens, ainsi que les Égyptiens, commençaient leur année à la nouvelle lune d’après le solstice d’été, et ils la partageaient en douze mois […]. Chaque mois était divisé en trois décades ou dixaines, de sorte qu’ils en comptaient les jours depuis un jusqu’à dix […]

Tout au plus, peut-on dire que décade, au sens de « période de dix jours », est surtout connu depuis l’introduction du calendrier républicain. Mais sa gloire fut éphémère! En 1805, décade perd ses droits, acquis huit ans plus tôt; semaine reprend les siens. Le calendrier grégorien est rétabli dans sa fonction; le républicain, lui, est mis aux oubliettes. Décade n’a plus alors aucun emploi courant. Il n’a plus de raison d’être. Pourtant, aucun dictionnaire n’en fait état.

Mais son évolution n’est pas terminée. Dans les années 1950, décade se voit attribuer officiellement (par le Grand Robert) un autre sens, celui de « période de dix ans ». C’est dire que suffisamment de gens lui attribuent ce sens pour que le Robert se sente obligé de le consigner! Mais, du même souffle, il critique son emploi…

Évolution de la mise en garde [Grand Robert (1953-1964) → NPR  (2010)]

Vu que le Petit Robert est le format réduit du Grand Robert, il n’y a pas à se surprendre de voir la mise en garde de ce dernier y figurer. Tel père, tel fils, pourrait-on dire. Mais le commentaire est formulé en des termes différents. Le « Souvent sous l’infl. de l’angl. » utilisé dans le Grand est devenu « Anglic. critiqué », dans le Petit.

Ce changement de libellé, qui, en d’autres circonstances, m’aurait échappé, retient tout à coup mon attention. D’après le Grand Robert, ceux qui utilisent décade au sens de « période de dix ans » le font « Souvent sous l’influence de l’anglais ». C’est donc dire qu’il y en a qui l’utilisent sans être influencé. C’est sans doute la  raison pour laquelle on ne le classe pas parmi les anglicismes. Mais en 2010, il n’existe plus d’utilisateurs « sous influence »! Ils sont tous morts. En effet, tous ceux qui utilisent décade au sens de « période de dix ans » commettent maintenant un anglicisme (2). Même pire, ils recourent à un Anglic. critiqué!

Que s’est-il donc passé depuis l’entrée officielle dans le Grand Robert de décennie et concomitamment de la mise en garde concernant l’emploi de décade? Pour le savoir, il suffit de consulter les différentes éditions du Petit Robert. Préparez-vous, des surprises vous y attendent!

Dans la toute première édition, celle de 1967, on peut lire :

  • décennie (1888), Didact. Période de dix ans. V. Décade.
  • décade (1355), 1° Période de dix jours; Période de dix ans. V. Décennie; 2° Chacune des parties d’un ouvrage composée de dix livres ou chapitres.

De toute évidence, même s’il ne s’est écoulé que trois ans depuis la parution du Grand, le Petit voit déjà les choses différemment : décennie n’est pas d’emploi courant. En effet, la marque d’usage Didact. (didactique), qu’on y trouve, est réservée à tout mot qui « n’existe que dans la langue savante et non dans la langue parlée ordinaire » (NPR dixit). Et le mot qu’utilisent les gens ordinaires pour dire « période de 10 ans », le Petit Robert nous l’indique : « V. Décade ». Effectivement, décade a les deux sens : « période de dix jours » et « période de dix ans ». C’est donc un terme bisémique. Sans aucune réserve. Autrement dit, en 1967, utiliser décade au sens de décennie n’a rien de répréhensible. C’est même la « bonne » façon de faire, la façon « ordinaire » de faire, devrais-je dire. On ne recourt à décennie que si l’on veut faire savant. Le message ne peut être plus clair. L’idée qu’on l’utilise « sous l’influence de l’anglais », comme le précise le Grand Robert, n’est même pas envisagée. J’irais jusqu’à dire qu’elle est niée. Le Petit se regimbe, semble-t-il.

                Puis, dans l’édition de 1977 (et ce, jusque dans celle de 1992), l’entrée décade est modifiée. On ne fait pas que présenter séparément les deux acceptions, on y ajoute, entre parenthèses,  une remarque. Voyez par vous-mêmes :

  1. Période de 10 jours. La décade républicaine : espace de dix jours qui remplaçait la semaine dans le calendrier républicain de 1793;
  2. (Condamné par l’Académie comme anglicisme, mais attesté en français). Période de dix ans.

Cette parenthèse est loin d’être anodine. On nous dit que décade a bel et bien le sens de « période de dix ans » même si l’Académie le condamne. On peut donc l’utiliser dans ce sens sans crainte de se faire réprimander (3), car cet emploi est attesté en français. Il n’est donc plus question d’influence de l’anglais! Pour étayer son dire, le Petit Robert cite Duhamel. Voilà certes une preuve irréfutable, car Duhamel est un BON auteur et de surcroît un « académicien »! Ce que je trouve un peu agaçant, c’est que cette citation est exactement celle qu’utilise le Grand Robert pour démontrer le contraire. Mais ici, plus aucun doute possible sur l’influence de l’anglais. Duhamel l’utilise correctement! Le Petit Robert le dit! Le disciple se révolte donc contre son maître…

Puis, en 1993, année de parution du NOUVEAU Petit Robert, coup de théâtre! Décade, au sens de « période de dix ans » devient tout à coup, sans avertissement, un anglicisme! Et son emploi est maintenant « critiqué »! Quelle volte-face! Une pirouette digne du Cirque du Soleil! Est-ce à dire que l’argument invoqué en 1967 pour admettre cet emploi (i.e. « attesté en français) ne tient plus la route? D’où vient l’idée qu’il s’agit maintenant d’un anglicisme? Euh… À quelle citation le NPR fait-il appel, cette fois-ci, pour étayer son nouveau dire? Je vous le donne en mille. À celle de Duhamel, celle-là même qu’il avait utilisée pour étayer le fait que ce mot avait bel et bien le sens de « période de dix ans ». Un jour, Duhamel utilise correctement le mot décade; un autre jour, il commet un anglicisme! Allez donc y comprendre quelque chose.

 Un anglicisme! Vraiment?

Le NPR 2010 donne décade, au sens de « période de dix ans », pour « fautif :

  1. Anglic. critiqué  Période de dix ans. ➙ décennie. « En ce temps (je parle de la dernière décade du xixe siècle) » (Duhamel).

Être un Anglic. critiqué, est-ce pire qu’être un Anglic. tout court? Euh… Soit dit en passant, le Larousse en ligne lui accole la marque « Familier », tandis que le Petit Larousse 2000 le dit d’« Emploi critiqué »! Une autre différence entre le Larousse et le Robert (Voir Qui croire? Pierre ou Paul?)

Pour ne pas faire dire au NPR ce qu’il ne dit pas, référons-nous au sens qu’il attribue à cette marque d’usage. Selon cet ouvrage, est dit anglicisme tout :

mot anglais, de quelque provenance qu’il soit, employé en français et critiqué comme emprunt abusif ou inutile (les mots anglais employés depuis longtemps et normalement en français ne sont pas précédés de cette marque).

                Décade, en tant qu’anglicisme, est donc un mot anglais critiqué comme emprunt abusif ou inutile. Pourquoi alors ajouter critiqué si tout anglicisme est déjà critiqué? Euh… Serait-ce qu’on attribue maintenant un nouveau sens à Anglic.? Si oui, on a oublié de le préciser dans la liste des abréviations. Si non, ce serait le rédacteur de cette entrée qui aurait fait appel à la notion d’anglicisme que lui privilégie, mais pas nécessairement son employeur. Qui sait?

Un anglicisme, donc!  Je ne m’en serais jamais douté. Il ressemble tellement à son sosie français qu’il y a de quoi se méprendre. Le français l’aurait donc emprunté à l’anglais! Euh… Une question me vient immédiatement à l’esprit : sur quoi se base-t-on pour affirmer cela? Est-ce que le seul fait qu’il y ait en anglais un mot identique (l’accent en moins) suffit? On pourrait le penser. Mais je me méfie de cette catégorisation comme le diable de l’eau bénite (4).

Comme c’est à l’Académie française que, selon le Petit Robert de 1977, on doit cette condamnation, j’ai demandé au secrétariat général de l’Académie de bien vouloir me faire parvenir une copie du document où décade est « condamné comme anglicisme ». Peut-être y trouverai-je une explication…

Mais en attenant la réponse (ma requête remonte au 16 mars 2014), considérons que décade au sens de « période de dix ans » a vraiment été emprunté à l’anglais « decade », autrement dit que décade est vraiment un anglicisme.

Au fait, pourquoi ne serait-ce pas l’inverse? Pourquoi « decade » ne serait-il pas un gallicisme, i.e. un emprunt fait au français? Ils se ressemblent tellement qu’il y a lieu de se le demander. Voyons ce qu’en dit le Merriam-Webster, dictionnaire unilingue anglais :

Origin of DECADE

Middle English, from Middle French décade, from Late Latin decad-, decas, from Greek dekad-, dekas, from deka

First Known Use: 15th century.

C’est donc l’anglais qui l’a emprunté au français, et non l’inverse. Pourquoi alors le qualifier d’anglicisme? Serait-ce que, une fois emprunté, le mot anglais aurait évolué différemment de son sosie français, au point de ne signifier, aux alentours de 1888, que « période de 10 ans » et que le fait de lui accorder ce sens particulier équivaudrait à utiliser le mot anglais? Tout est possible en langue. Mais est-ce bien le cas? Pas facile de connaître le fin mot de l’histoire. Est-il besoin de préciser que le Dictionnaire historique de la langue française (sous la direction d’Alain Rey) semble, en 1992, douter de cette catégorisation :

Les puristes, qui opposent décennie « dix ans » et décade « dix jours », opposent ou ignorent  que le –de de décade ne représente pas dies « jour »; leur condamnation de décade « période de dix ans » vient surtout du fait que cet emploi est considéré comme un anglicisme, l’anglais decade ayant conservé la valeur étymologique [!!??].  (p. 559)

Mais, l’année suivante, en 1993, décade devient officiellement un anglicisme!

Qu’en anglais « decade » soit de nos jours utilisé surtout (5) pour signifier une « période de dix ans », est difficilement contestable. D’ailleurs pourquoi désignerait-il une « période de dix jours », puisque ce laps de temps n’a plus cours depuis belle lurette. C’est de l’histoire ancienne. L’anglais s’est rendu à l’évidence, mais pas le français. Du moins, pas encore.

Supposons que le « decade » anglais n’ait eu en 1888 que cette unique valeur temporelle. Est-ce suffisant pour faire du décade français un anglicisme? J’en doute. Ne serait-ce pas plutôt un prétexte pour justifier la condamnation de décade? Euh…

Bref, décade, au sens de « période de dix ans », me semble un anglicisme forcé. Le simple fait que son sosie anglais ne désigne que « période de dix ans » (valeur temporelle) n’en fait pas pour autant un coupable. Cela me rappelle trop la condamnation ridicule de comme étant parce qu’en anglais on dit as being! (4) Ce prétendu anglicisme et bien d’autres m’ont amené à développer des anticorps contre tout ce qui est dit « anglicisme ». Ce sens de « période de dix ans » qu’on ne veut pas lui accorder, vous ne le savez peut-être pas, mais il l’a déjà eu…     En 1757!

 Dictionnaire   vs  Usage

J’ai mentionné précédemment que « apparition dans la langue » ne signifie pas « apparition dans le dictionnaire ». J’ai même osé affirmer que « apparition dans le dictionnaire » signifie « apparition dans l’usage ». Ne me serais-je pas trop avancé en affirmant cela?…  Tout dépend évidemment du sens qu’on veut bien donner à « usage ». Voyons donc l’Usage qu’on a fait de décade.

Si, en 1694, décade ne s’emploie plus que pour dire « ouvrage composé de 10 livres ou chapitres », en 1757, on lui attribue un nouveau sens : « période de 10 ans ». Vous avez bien lu : période de dix ans. Précisément l’acception contre laquelle le NPR nous met en garde aujourd’hui, sous prétexte que c’est un anglicisme! Un anglicisme forcé, selon moi; un anglicisme critiqué, selon le NPR.

Voici deux citations, tirées du  Journal étranger (devenu plus tard la Gazette littéraire de l’Europe) , citations qui parlent d’elles-mêmes :

  • « M. Gottsched ne nous fait connaître des six premières années de cette décade que cinq pièces qui ont rapport à la réforme de Luther. » (p. 16)
  • « Hanns Sachs donna sept pièces de théâtre dans les trois premières années de cette décade […] »  (p. 23)

Décade s’utilise donc, en 1757, pour dire « période de 10 ans ». Pourtant, ni le Richelet ni le Furetière, dictionnaires du XVIIIe siècle, n’en font état. Serait-ce que trop peu de gens l’utilisent ainsi pour que cette acception soit consignée?… Peut-être même que Richelet et Furetière ont de l’Usage une vue « personnelle », « sélective »… qui leur fait inclure un mot en autant qu’il leur convient. Qui sait?

En 1793, décade acquiert le sens de « période de dix jours ». C’est la Révolution française. En l’inscrivant dans son dictionnaire (DAF, 1798), l’Académie reconnaît que ce sens est d’usage courant. À peine quelques années plus tard, soit en 1805, décade sort de l’usage, mais il ne sort pas du dictionnaire! Il continue à y figurer comme s’il était toujours couramment employé. Pourtant, il ne l’est plus. Le dictionnaire ne reflète donc plus l’usage.

Au XXe siècle, décade sort de l’ombre. Tombé dans l’oubli en 1805 après le rétablissement du calendrier grégorien, il refait surface au cours de la Seconde Guerre mondiale. Avec un sens bien particulier, qu’aucun dictionnaire ne recense, même si son emploi est, à ne pas en douter, fort généralisé. Tous les fumeurs d’un certain âge, et bien d’autres aussi, vous le diraient.  Il faut savoir que sa réapparition fut de très courte durée. L’espace d’une guerre! Pour ne pas dire l’espace d’un rationnement. Le rationnement du tabac, faut-il le préciser. Si le dictionnaire n’en fait pas mention, c’est sans doute que la guerre s’est terminée trop rapidement! Mais pourquoi cette acception n’est-elle jamais apparue dans les dictionnaires d’après-guerre? Il me semble qu’elle le mérite autant que celle que ce mot a eu, durant quelques années, au temps de la Révolution française? Euh…

Si l’on avait voulu consigner cet emploi particulier, je me demande vraiment ce qu’on en aurait dit. Le sens qu’on lui attribue alors n’est pas très bien campé. Voyez par vous-mêmes.

René Georgin, en 1953, écrit : « […] les fumeurs n’ont pas oublié le temps proche encore où ils touchaient leurs décades […] » (Pour un meilleur français, p. 54). Il est clair que décade ne peut, en tant que complément d’objet direct, signifier « période de 10 jours ». Il désigne fort probablement une ration, une ration de 10 jours peut-être, mais une ration! « Ne soyez pas puriste, pourrait-on répliquer, il s’agit d’un simple emploi par métonymie, comme boire un verre ». Intéressant comme remarque, mais, pour qu’il en soit ainsi, il faudrait que décade conserve son sens de « période de dix jours ». Et ce n’est pas le cas, comme nous allons le voir.

 Dans son ouvrage d’histoire économique, publié en 2008, (Le tabac en France, de 1940 à nos jours), Éric Godeau écrit :

  • Les distributions [de tabac] avaient lieu par décades, commençant le 1er, le 11 et le 21 de chaque mois. [décade = 10 jours, pour les mois de 30 jours] Cependant le monopole organisa parfois, en fonction de ses capacités de production, des mois à deux décades ou à quatre décades. (p. 30)  [décade = 2 ou 4 semaines; ou 2 ou 4 distributions]
  •  … correspondant [pour une année] à 28 décades de distribution seulement au lieu de 36. (p. 30-31)  [décade =  13 jours, en moyenne]
  • Ces dernières [fumeuses et non-fumeuses] étaient ravies de pouvoir troquer quelques cigarettes contre d’autres denrées, ou bien de compléter leur ration de tabac. Les premières femmes à bénéficier du rationnement reçurent une seule décade par mois. (p. 37) [décade = ration]

Et tout cela, sous la plume d’un seul et même auteur. Mais n’allez pas croire qu’il est le seul à utiliser décade à différentes sauces.

Dans De Gaulle et la libération (Éditions Complexe, 2004, p. 157), on lit :

  • Signe des temps, le commissaire régional de la République donne à sa façon la mesure de l’événement en décidant « en l’honneur du général de Gaulle » l’attribution d’une troisième décade de tabac.  [Il n’y en avait donc que deux par mois!]

Dans Chronique de la Haute-Savoie pendant la Deuxième Guerre mondiale (Tome 3, p. 87), on lit :

  • Jeudi 2, tandis que M. Apiano consomme au café d’Argonnex [devenu Argonay, en 1971] tout en surveillant d’un œil sa remorque restée dehors, des gars bien avisés récupèrent la décade de tabac, mais laissent la remorque! [le chargement]

Clairement, l’acception de décade n’est pas très bien campée. Peut-on encore parler de métonymie? Moi, j’ai des doutes. Mais on y perçoit une tendance à l’utiliser dans un autre sens que le sens temporel. Celui de ration, de distribution. Une question se pose toutefois, même si elle n’est pas d’ordre linguistique. Pourquoi avoir décidé de distribuer les rations de tabac tous les 10 jours? Pourquoi pas toutes les semaines (7 jours)? Ou encore toutes les deux semaines (14 jours)? Euh… Fort heureusement, la Seconde Guerre fut de courte durée. Tout comme la « décade de tabac »! Courte pour ceux qui ne l’ont pas vécue, évidemment. Passons donc sous silence, comme le font les dictionnaires, cette courte réapparition de décade, dont le sens varie au gré des utilisateurs. Autre question, cette fois-ci d’ordre linguistique, pourquoi avoir choisi décade si la période désignée n’est pas systématiquement de 10 jours? Mystère.

Le dictionnaire se veut peut-être le reflet de l’usage, mais, comme nous venons de le voir, l’adéquation entre ces deux termes n’est pas, dans les faits, toujours assurée.

Décade et le dictionnaire

Quand je lis ce que le dictionnaire dit de décade, je ne peux qu’être étonné : décade ne doit signifier que « période de dix jours »! Si vous lui attribuez le sens de « période de dix ans », vous serez critiqués. Fort heureusement, cela ne m’arrivera pas. Moi, je n’utilise jamais décade. Et ce, pour une raison fort simple : diviser le temps en périodes de 10 jours ne s’est jamais imposé à mon esprit. Je suis trop jeune, malgré mon âge, pour avoir été influencé par la Révolution française ou même encore pour avoir connu la Seconde Guerre mondiale. Je divise le temps, comme tout le monde, en semaines, i.e. en  « périodes de 7 jours ». Alors, pour moi, décade, au sens de « période de 10 jours », c’est « passé mode », c’est de l’histoire ancienne. Rien d’autre. Au fait, comment dit-on en français l’« Abandon où est tombée une chose dont on a cessé depuis longtemps de faire usage » (NPR dixit)?… Vous avez raison, c’est « désuétude ». Pour moi, décade, au sens de « période de 10 jours », est bel et bien tombé en désuétude.

Que devrait donc faire le dictionnaire dans un tel cas? Il devrait le signaler. S’il ne le fait pas, il laisse clairement entendre que le mot en question A le sens qu’on lui attribue, alors qu’en fait il AVAIT le sens qu’on lui attribue. Comment le dictionnaire consigne-t-il généralement un tel état de fait? Soit en accolant à ce mot désuet une marque d’usage [ex. drogman : Vx Interprète, dans les pays du Levant; pourpoint : Anciennt Partie du vêtement d’homme qui couvrait le torse jusqu’au-dessous de la ceinture; etc.], soit en le précisant dans l’acception même [ex. hennin : Coiffure féminine du Moyen Âge, en forme de bonnet conique, très haut et rigide].

Comment, de nos jours, le dictionnaire traite-t-il décade? Comme si ce mot n’était pas tombé en désuétude. Il n’est précédé d’aucune des marques d’usage habituelles (Vx, Vieilli, Hist. ou Anciennt). Serais-je donc dans l’erreur quand je dis que ce mot est tombé en désuétude?… Rien n’est impossible.  Mais au fait, vous, vous l’utilisez?… Au sens de « période de 10 jours »?… La dernière fois, c’était… Quand exactement? Si cette question vous embête, c’est que vous devez en faire un emploi rarissime. Peut-être même que vous ne l’utilisez plus du tout. Si tel est le cas, ne seriez-vous pas tenté de croire comme moi que le dictionnaire a failli à sa tâche en ne le précisant pas? N’est-ce pas de là que vient la fameuse méprise lexicale? Si le mot n’est plus utilisé de nos jours, pourquoi craindre qu’on en fasse un mauvais emploi? Pourquoi craindre que le texte dans lequel nous l’utiliserions soit ambigu? Je me le demande. N’aurait-il pas été beaucoup plus simple de qualifier cette acception de vieillie? En effet, est dit vieilli tout « mot, sens ou expression encore compréhensible de nos jours, mais qui ne s’emploie plus naturellement dans la langue parlée courante ». N’est-ce pas précisément le cas de décade? Ce n’EST plus une  unité de temps; c’ÉTAIT une unité de temps. Pourquoi cela n’est-il pas indiqué dans le dictionnaire? Moi, je ne saurais dire. Mais un petit malin m’a fait remarquer que décade s’utilise encore de nos jours. Ce que j’ignorais totalement. D’où, sans doute, l’absence de la marque d’usage que j’aimerais tant y voir!

En fouillant, j’ai trouvé!  Décade est effectivement employé en météorologie. Et ce, aussi bien en France qu’en Belgique. Peut-être même aussi ailleurs. Mais le sens qu’on lui attribue me paraît assez particulier. Voyez par vous-mêmes comment Météo-Paris l’utilise: [Comme chaque décade désormais, nous vous proposons un bilan via 22 stations météo sur nos 22 régions de France]

  • pour les 8 jours de la troisième décade de février 2014 (du 21 au 28). (publié le 02/03/2014)
  • pour les 11 jours de la seconde (sic) décade[on voulait certainement dire troisième décade] mars 2014 (du 21 au 31). (publié le 01/04/2014)
  • pour les 10 jours de la seconde décade mars [sic] 2014 (du 11 au 20). (publié le 23/03/2014)

Cet emploi, courant en météorologie, n’est pourtant pas consigné dans le dictionnaire. Le voudrait-on qu’on ferait face à une difficulté : le sens que lui attribue les spécialistes ne correspond pas à son étymologie. En effet, dans ces bulletins de météo, décade ne désigne pas, comme il le devrait, une « période de 10 jours », mais bien « chacune des trois parties d’un mois », la durée de chacune d’elles pouvant être de 8, 10 ou 11 jours, selon le mois considéré. J’allais l’oublier…  aussi de 9 jours, dans le cas des années bissextiles! OUF… Cet emploi appartient clairement au « jargon météorologique » (6). Si jamais cette acception venait à être consignée au  dictionnaire, elle devrait porter la marque d’usage Météorol., comme cela est le cas à l’entrée couverture : « 6. Météorol. Couverture nuageuse : masse des nuages qui rendent le ciel plus ou moins couvert ».

L’emploi de décade dans ce domaine demeure pour moi un mystère. En effet, pourquoi recourir à ce mot (tombé en désuétude) si la période de temps dont il est question n’est pas précisément de 10 jours? De toute évidence, on ne s’oppose pas à son évolution. On lui a fait dire : ration ou distribution (décade de tabac); on lui fait maintenant dire « tiers d’un mois ». Mais on ne veut pas qu’il désigne « période de dix ans »!

 Quel emploi faites-vous de décade et de décennie?

–      Est-ce que, comme moi, vous avez mis décade aux oubliettes?

Si oui, vous devriez trouver inexacte la description qu’en fait le dictionnaire. Son emploi au sens de « période de dix jours » est vieilli. Pourtant ce n’est pas indiqué. Aujourd’hui, on l’emploie dans une langue de spécialité, mais avec un nouveau sens, celui de « fraction d’un tout divisé en trois parties inégales ». Cela non plus n’est pas indiqué.

Je verrais d’un bon œil la description suivante :

décade  n.f.

  • Vieilli.  Période de dix jours
  • Mod. Météorol. Période d’une dizaine de jours.

La marque Mod. s’impose, car, elle signale «le fait qu’un sens, un emploi est d’usage actuel, quand le sens précédent ou les emplois voisins sont vieux, abandonnés » (NPR dixit). La présence de Météorol., pour sa part, indique la spécialité qui en fait usage.

–      Est-ce que, comme moi, vous ne recourrez à décennie que pour désigner une « période de 10 ans »?

Je n’en serais pas surpris. Mais la description qu’en fait le dictionnaire vous semble-elle adéquate? Cette question peut vous sembler bizarre, étant donné que ce mot n’a toujours eu qu’une seule acception et que vous l’utilisez dans ce sens. Mais elle se justifie. J’utilise ici l’adjectif adéquat au sens didactique que lui attribue le NPR : « Qui rend compte de son objet de manière exhaustive » ou encore celui que lui donne le Larousse en ligne : « qui correspond parfaitement à son objet ».

Je m’explique. Les rares fois que j’utilise décennie, c’est pour désigner, il est vrai, une période de dix ans, mais une période dont la première année se termine toujours par un 0, et la dernière nécessairement par un 9. Pour moi, la première décennie du XXIe siècle va de 2000 à 2009. Pas de 2001 à 2010. Et encore moins de 2003 à 2012. Telle est la façon dont MOI je découpe le siècle. Mais vous?…

Si vous procédez de la même façon que moi, la définition ne rend pas compte de l’usage réel que vous en faites. Je verrais d’un bon œil la description suivante :

décennie n.f.

  • Période de dix ans,   Spécialt   Période qui commence par une année se terminant par un 0.

Comment expliquer que le dictionnaire ne le précise pas? Serait-ce qu’il n’a fait que repiquer la définition décrivant l’usage qu’on en faisait au siècle dernier, sans s’être donné la peine de réévaluer sa pertinence? Tout est possible. Voyez par vous-mêmes comment, à la fin du XIXe siècle, plus précisément en 1886, on découpait les dizaines d’années, appelées à l’époque décade :

 Nous sommes obligés, en outre, de descendre jusqu’à la décade 1713-1722; car si, pendant les deux décades antérieures, les noms… (M. A. Dumont, La Revue scientifique, vol 50, 1886, p.330)

La statistique sur laquelle sont basées nos conclusions embrasse une période de 10 ans : la décade 1875-1884.  (Dr Émile R. Coni, Hygiène infantile. Causes de la morbidité et de la mortalité 1886, p. 47)

Bref, la mise en garde que fait le NPR à propos de l’emploi de décade me semble dépassée. Le terme décade ne désigne plus une « période de dix jours », et ce, depuis belle lurette. En fait, depuis 1805. Que plus tard on lui ait fait dire « période dix ans » ne me semble nullement condamnable. Ce mot ne servait plus. Il était disponible. On s’en est alors servi. Mais au fait, y avait-il tant de gens qui utilisaient décade au sens de décennie pour qu’une telle mise en garde s’impose? Outre Proust et Duhamel, s’entend. Euh…

N’allez pas croire que je milite pour la réintroduction de décade au sens de « période de dix ans ». Loin de là. Décennie est bien implanté dans l’usage. Mais décade, lui, devrait être catalogué comme sorti de l’usage. C’est dire que la méprise lexicale dont certains font état est fictive. Elle tient au fait que le caractère désuet de décade au sens de « période de 10 jours » est ignoré. Et ce, aussi bien par le Robert que par le Larousse.

Je me demande bien pourquoi.

MAURICE ROULEAU

(1)  Il ne se sera donc écoulé que cinq ans entre l’apparition du calendrier républicain (1793) – donc de l’attribution à décade du nouveau sens de « période de dix jours » – et la consignation de cette nouvelle acception dans le DAF (1798). C’est bien la première fois que l’Académie réagit aussi promptement à un changement dans l’usage! Mais comme on dit, une fois n’est pas coutume…

(2)  Au pays, nous disons couramment « commettre un anglicisme », par analogie avec « commettre un péché ». Cette utilisation vient du fait que, chez nous, anglicisme est assimilé à une faute.

(3)  C’est sans doute ce qui explique l’utilisation qu’en fait André Clas, dans La formation des mots en français moderne (PUM, 1987) : « Les connaissances accumulées au 19e siècle et dans les premières décades de notre siècle étaient cependant une condition… » (p.11)

 (4)   Durant mes études en traduction, je me suis fait rebattre les oreilles d’anglicismes, certains plus fictifs que réels. Dans les années 1970, il suffisait que notre façon de dire s’apparente à la tournure anglaise correspondante pour qu’on la condamne comme anglicisme. Frèdelin Leroux en a d’ailleurs fait son cheval de bataille. Par exemple : Comme étant était mis au banc des accusés sous prétexte qu’en anglais on dit as being!

Alors, aujourd’hui, chaque fois que je vois une condamnation pour cause d’anglicisme, immanquablement je me demande s’il s’agit d’une condamnation du même acabit.

 (5)  Decade est le terme qu’utilise couramment le catholique anglophone dans désigner une « dizaine » de chapelet. Rosary: a Roman Catholic devotion consisting of meditation on usually five sacred mysteries during recitation of five decades of Hail Marys of which each begins with an Our Father and ends with a Gloria Patri.

(6)  Par jargon, j’entends la façon particulière qu’ont les gens du métier de s’exprimer. Ces façons seraient, dans d’autres circonstances, jugées « fautives ». Par ex. :

  1. Comme chaque décade désormais, nous vous proposons un bilan via 22 stations météo sur nos 22 régions de France…
  2. Les précipitations accusent un déficit de -28% [espacement douteux] malgré l’épisode des 24 & 25 qui précipita à lui seul plus de la moitié de la lame d’eau mensuelle (21 mm sur 38)…
  3. L’ensoleillement est excédentaire de +19% [espacement douteux] …

 

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6 commentaires pour Décade / Décennie (2 de 2)

  1. Antoine Mercier dit :

    Tout est très fouillé et intéressant, comme toujours sous votre plume – ou clavier. C’est aussi presque totalement juste et à propos. Presque. En effet, vous écrivez :
    «Les rares fois que j’utilise décennie, c’est pour désigner, il est vrai, une période de dix ans, mais une période dont la première année se termine TOUJOURS par un 0, et la dernière NECESSAIREMENT par un 9. Pour moi, la première décennie du XXIe siècle va de 2000 à 2009. Pas de 2001 à 2010.»
    Euh… (pardonnez-moi de vous emprunter cette marque du scepticisme le plus profond), cela m’a l’air bien péremptoire… Retournons vingt siècles en arrière : est-ce que le 1er siècle de notre ère a commencé en l’an 0 (zéro ?!). Si oui, il faut immédiatement une nouvelle entrée sans votre dictionnaire préféré et un article explicatif dans ce fil…
    Et je suis aussi un peu perplexe de vous voir faire si souvent – ou est-ce élégamment..? – l’impasse sur les commentaires ou réactions que vos recherches suscitent chez vos lecteurs.
    A propos, comment dit-on ‘feed back’ en bon français?

    • rouleaum dit :

      Vous me trouvez péremptoire. Vous en avez le droit. L’ai-je été? J’en doute. Mais comme on est toujours mauvais juge dans sa propre cause, je n’insisterai pas.

      Je tiens toutefois à vous faire remarquer que je n’ai jamais dit que ma façon d’utiliser le terme décennie est LA bonne façon. Bien au contraire. Je vous demandais comment, vous, vous l’utilisiez. Mais vous ne répondez pas à ma question. Autrement dit, vous faites l’impasse sur ma question. Vous remontez à la naissance du Christ, en supposant qu’Il est bel et bien né en l’an 0. Ce qui est, vous n’êtes certainement pas sans le savoir, fort contesté – les Évangiles se contredisent sur le sujet.

      Vous trouvez également que je fais très souvent l’impasse sur les commentaires ou réactions que suscitent mes billets. Ne seriez-vous pas péremptoire à votre tour? Si un commentaire ajoute un élément intéressant à la discussion, je m’empresse de le reconnaître. Si non, je ne me prononce pas, car je ne veux pas que la discussion aille dans toutes les directions. Autrement dit, tout commentaire n’appelle pas nécessairement une réponse de ma part. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais je ne suis pas le seul à faire l’impasse sur certains commentaires. Les échanges sont plutôt rares.

      Quant à votre dernière question – soit dit en passant feedback s’écrit en un seul mot –, elle restera sans réponse. Je vous laisse deviner pourquoi.

  2. Antoine Mercier dit :

    Merci de votre feedback… Je crains de vous avoir piqué au vif, ce qui n’était certainement pas dans mes intentions et vous prie de bien vouloir me le pardonner. Je n’évoque ni la naissance de Jésus, encore moins les incertitudes suscitées par les contradictions des Evangiles.
    Je m’étonnais simplement, sur la base d’une réflexion arithmétique et logique, que vous placiez le début d’une décennie, d’un siècle et, partant, d’un millénaire ‘TOUJOURS’ à l’année se terminant par un ‘0’; or, le point de départ de cette datation impliquerait qu’il ait eu une année ‘zéro’. Que je sache, toute ère, (chrétienne, musulmane, etc.) commence par l’année 1, comme l’An 1 de la République d’ailleurs. En ajoutant des périodes de 10 ans complètes, on va de 1 à 10, de 101 à 110, et de 2001 à 2010. Il est vrai qu’on a célébré l’an 2000, mais le début du troisième millénaire était – en Europe en tout cas – officiellement le 1er janvier 2001.
    Comment j’utilise décennie? eh bien pour qualifier une période de 10 ans, soit deux lustres… par exemple la dernière décennie, pour moi, ce sont les années 2001 à 2010. Et cela ne me dérange nullement que d’aucuns utilisent décade pour signifier la même chose, même si je n’en fais pas mon usage.
    Enfin, vous me proposez de deviner pourquoi vous n’allez pas répondre à ma question sur le feedback. J’en suis bien incapable …et j’ai peut-être mieux à faire, après tout.

  3. Guilhou dit :

    Nadine Guilhou
    Pour l’an zéro, il faut distinguer entre année historique et années astronomique.
    Quant à la décade, pour moi, c’est un mot familier, utilisé en effet pour désigner la « semaine » égyptienne, période de dix jours. Il y en a trois par mois (de trente jours) et trente-six par an, ce à quoi correspondent les décans (en Egypte ancienne, astronomiques et non astrologiques), qui sont les étoiles (décanales) permettant de déterminer l’heure nocturne par leur lever / passage au méridien de décade en décade.

  4. Aldherrian dit :

    Merci pour cet article très détaillé.
    Peut être est-ce lié à votre demande mais une section sur le site de l’Académie a été crée le même jour que votre post (5 mai 2014) ici :
    http://www.academie-francaise.fr/decade-pour-decennie
    Il parle d’une confusion avec l’anglais sans étayer.

    J’en suis venu à m’interroger car je suis tombé pour la première fois de ma vie sur quelqu’un utilisant décade au sens de 10 ans. Je n’ai jamais eu à utiliser décade mais chaque fois que je l’ai lu il était sous le sens de 10 jours. D’ailleurs, comme vous le soulignez l’emploi de décennie est pleinement inscrit dans les habitudes en particulier autour des années X0/X9.
    Je suis perplexe sur la mention des divers dictionnaires des sens de décade au vu de l’usage qui me semble bien trop rare pour justifier son inscription et qui ne fait selon moi qu’alimenter une confusion.

    • rouleaum dit :

      Y a-t-il une relation de cause à effet entre la publication du document sur décade/décennie par l’Académie et mon courriel qui est resté sans réponse? Peut-être. Mais nous sommes à la fin de septembre et j’attends toujours une réponse formelle. Je ne m’illusionne pas : elle ne viendra jamais.

      Il faut dire que ce texte du 5 mai 2014 n’ajoute aucun éclairage nouveau sur le sujet. Il ne répond absolument pas à la question que je leur ai adressée.

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