Déjeuner/ Dîner/ Souper (3 de 4)

 

 Pourquoi ne pas dîner avec moi demain soir?

–  Dîner  –

Nous l’avons vu, déjeuner, qui, étymologiquement parlant, désigne le repas du matin, est utilisé de nos jours, dans certaines régions du monde, pour dire le repas du midi. – Nous tenterons plus tard de comprendre pourquoi. – Cette fois-ci, nous allons voir ce qu’il en est de dîner, terme qui à l’origine (DAF, 1ère éd. 1694) s’écrivait Disner et désignait le « Repas que l’on fait ordinairement à midy » (1).

Aujourd’hui, le NPR définit dîner de la façon suivante :

  1. Vx ou région. (Canada, Belgique, Suisse, Congo, Burundi, Rwanda) Repas de midi. ➙2.déjeuner.
  2. Repas du soir. ➙1. souper.

La lecture que j’en fais est la suivante : autrefois (Vx), dîner désignait le repas du midi, que, de nos jours, on appelle déjeuner (➙2.déjeuner). Dans certaines régions (Canada, Belgique, etc.), il a encore ce sens. Mais plus en France. Dîner y désigne de nos jours le repas du soir, que d’autres, notamment les Québécois, appellent toujours souper (➙1. souper). Ce terme a donc acquis une nouvelle acception. Vous aurez certainement remarqué que, tout comme à déjeuner, le NPR ne fournit de datation à aucune des deux acceptions.

Depuis quand utilise-t-on dîner pour dire deux choses différentes?

Nous avons vu qu’en 1694 (DAF, 1ère éd.) dîner désignait le repas qu’on fait vers le milieu du jour. Un siècle plus tard, en 1798 (DAF, 5e éd.), il n’a toujours que ce seul sens. C’est au XIXe siècle, plus précisément en 1835 (DAF, 6e éd.), que son acception est modifiée. Il désigne alors le repas qu’on fait vers le milieu OU vers la fin du jour. De monosémique, dîner est devenu bisémique. Exactement ce qui, nous l’avons vu précédemment, est arrivé à déjeuner. Peut-être vaudrait-il mieux dire : « exactement ce qui arrivera à déjeuner », car le changement de sens de ce dernier ne se produira qu’un  siècle plus tard. Plus précisément en 1935.  Clairement les deux termes n’ont pas évolué à la même allure. Il est même permis de penser que le facteur responsable d’un tel changement n’est pas le même dans les deux cas. Ce sera à voir.

Le Littré, en 1872, fait essentiellement le même constat d’usage que l’Académie. Le dîner est le :

  • Repas qui se faisait autrefois et qui, à la campagne et dans les petites villes, se fait encore vers midi. (Quand on fait le dîner à midi, on soupe le soir.)
  • Repas qui se fait aujourd’hui de cinq à sept heures du soir.

À remarquer que l’auteur établit une nette distinction entre « campagne/petites villes » et, sous-entendu, les grandes villes. Mais, quelles sont donc ces grandes villes? Quel pourcentage de la population y trouve-t-on? Certainement beaucoup moins que 50 %. Alors, n’est-on pas en train d’imposer à la majorité les habitudes langagières d’une minorité? De nous dire que seuls ceux qui habitent les grandes villes savent s’exprimer?… C’est une lecture possible.

Il faudra attendre la parution de la 8e éd. du DAF (1932-1935) pour voir dîner REdevenir monosémique, avec une acception différente toutefois . Il désigne dorénavant le repas qu’on fait le soir. On ne précise toutefois pas, comme le fait le Littré, que ce repas se prend entre cinq et sept heures.

Peut-on, comme on l’a fait pour déjeuner, recourir à son étymologie pour justifier le sens initial de dîner? Autrement dit, son étymologie est-elle aussi éloquente, aussi parlante que celle de déjeuner? Voyons voir.

ÉTYMOLOGIE  de dîner

L’étymologie indiquée dans le NPR et le Larousse est pour le moins déroutante. Dîner et déjeuner viendraient tous deux du même mot latin (ou étymon, en linguistique), à savoir disjunare. Étymologiquement parlant, ces deux mots auraient donc le même sens : cesser de jeûner!

Si tel est vraiment le cas, force est de reconnaître que l’emploi de ces deux mots – initialement synonymes – s’est spécialisé assez tôt dans l’histoire de la langue. Cela se serait apparemment produit voilà plus de 5 siècles! En effet, Jean Nicot, dans son Thresor de la langue francoyse (1606), n’attribue à disner que le sens de prendre le repas d’avant midy ou environ.

Comment expliquer que deux termes, qui étymologiquement parlant signifiaient la même chose, en soient venus à désigner deux choses différentes? Pour savoir ce qui a bien pu amener cette très ancienne spécialisation du terme dîner, il faut remonter tellement loin dans le temps que le commun des mortels risque s’y perdre. Ce qu’on peut dire, sans risque de se tromper, c’est que l’étymologie de dîner – celle que nous donnent les dictionnaires d’usage – n’est pas aussi convaincante, aussi éloquente que celle de déjeuner. Mais est-elle seulement crédible?…

Chose certaine, Émile Littré avait de l’étymologie de dîner une idée fort différente de celle qui a cours aujourd’hui. Selon lui, dîner est un « mot très controversé ». Il nous en fournit d’ailleurs la preuve en passant en revue les différentes hypothèses avancées à l’époque (2). Aucune d’elles ne donne disjunare comme étymon de dîner! Assez étonnant, n’est-ce pas?… Ça, c’était en 1872.

D’où vient donc l’étymologie que nous fournissent les dictionnaires d’aujourd’hui?  À ne pas en douter, du Dictionnaire étymologique de la langue française, de Bloch & von Wartburg, publié en1932. D’après eux, au Moyen âge, déjeuner, qui signifiait prendre le premier repas de la journée, « présentait en outre, aux formes non accentuées, le radical disn– (avec un i mal éclairci), d’où est issu un deuxième verbe disner, XIIe s., qui avait le même sens que déjeuner. » S’il en était ainsi au XIIe siècle, comment expliquer que le dictionnaire Godefroy (3), qui recense la langue parlée du IXe au XVe siècle, ne lui attribue aucunement ce sens. Mystère! De toute évidence, les dictionnaires  courants ne font que reprendre l’explication – est-ce le bon terme? – de Bloch & von Wartburg, sans autre forme de procès. Un copier-coller typique.

Le point de vue de ces auteurs est assez différent, vous en conviendrez, de celui exprimé par Littré. Mais pourquoi leur point de vue devrait-il être plus crédible que celui de Littré? La science de l’étymologie a fait des progrès, direz-vous. Possible. Moi, je n’y vois qu’une simple affirmation. Donc, rien pour me convaincre. Ce qui ne signifie pas que ces auteurs ont tort, mais j’aimerais en avoir un peu plus à mettre sous la dent. Déformation professionnelle, direz-vous? J’en conviens. Comme disait un de mes professeurs : une occurrence ne fait pas loi!

Comment expliquer le glissement (ou détournement) de sens subi par dîner? Comment expliquer que dîner, qui étymologiquement  parlant a, d’après Bloch & von Wartburg, le même sens que déjeuner, en soit venu à désigner le repas du midi, voilà de cela bien des siècles? En fait, avant 1606.

Je n’ai trouvé qu’une seule source où il en est question. C’est malheureusement le Dictionnaire étymologique, de Bloch & von Wartburg. Je dis malheureusement, car cela revient à se citer soi-même, ce qui, vous l’admettrez, n’est pas l’argument le plus convaincant. Voyons quand même ce que nous dit ce dictionnaire? À l’entrée déjeuner, on y risque une explication, ou ce qui se veut telle, sur cette spécialisation du terme :

« Quand, par suite de changements dans les habitudes, le premier des deux principaux repas quotidiens a été reculé, à une époque qu’il est difficile de déterminer exactement […], la langue a réservé déjeuner pour un petit repas au lever et dîner pour le repas du milieu du jour. »

La spécialisation des termes viendrait donc d’un changement dans l’horaire des repas! Depuis lors, la langue aurait réservé déjeuner pour désigner le petit repas au lever et dîner pour désigner le repas du milieu du jour. Voilà un énoncé qui, de prime abord, peut sembler satisfaisant. L’explication est certes fort plaisante, mais elle me laisse sur mon appétit. Trop de questions me viennent à l’esprit pour que je me rallie, sans réserve, à ce point de vue. Du moins, tel que formulé.

  • Quels sont donc les deux principaux repas dont parlent Bloch & von Wartburg? S’agit-il des deux repas mentionnés à la fin de la phrase, à savoir déjeuner et dîner?
  • Si oui, le premier repas – celui qui a été repoussé (4) – serait le déjeuner. Comment alors concilier le fait que ce repas principal désigne un petit repas? Je me serais attendu à ce qu’un repas principal soit plutôt substantiel.
  • Si le déjeuner a été repoussé, comment expliquer qu’il se prenne dorénavant au lever? À quel moment le prenait-on auparavant? Avant de sortir du lit?…
  • Si, par contre, le premier repas à voir son horaire modifié est le dîner, à quelle heure le prenait-on pour que, après l’avoir repoussé, on le prenne vers midi?
  • Si tel est bien le cas, comment appelait-on le repas que l’on prenait au milieu du jour?
  • Comment peut-on affirmer catégoriquement que la spécialisation résulte d’un changement dans l’horaire des repas quand, du même souffle, on se dit incapable de préciser à quel moment ce changement a eu lieu?
  • N’est-on pas en train d’établir artificiellement une relation de cause à effet?…

Comme ces questions demeurent sans réponse, il m’est difficile d’endosser, sans réserve, cette explication de Bloch & von Wartburg. Du moins telle que formulée.

Nous tenterons plus tard de voir pourquoi dîner, qui signifiait au départ repas du matin et qui en est venu, avant 1606, à désigner le repas du midi, s’est retrouvé à désigner, de nos jours, le repas du soir.

Ce qu’on lui en a fait dire des choses à ce pauvre dîner!

À SUIVRE

 Maurice Rouleau

(1)   En 1694, l’Académie consigne dans son dictionnaire (DAF, 1ère éd.) deux mots très apparentés : disner et disnée. On les dirait presque jumeaux.  Disnée, nom féminin, a deux acceptions, dont une seule se rapproche de celle qu’a disner (repas du midi) , sans toutefois l’équivaloir dans toute son extension. Voyez par vous-mêmes :

  • Disnée. s. f. Le repas ou la despense qu’on fait à disner dans les voyages, tant pour hommes que pour chevauxIl nous en a cousté tant pour la disnee.
  • Il sign. aussi, Le lieu où l’on va disner en voyageantIl n’y a plus qu’une lieüe d’icy à la disnée pour aller coucher en cette ville, la disnée est en un tel village. nous serons maltraitez à la disnée, c’est à dire, au village où nous disnerons.

(2)   Voici in extenso, pour ceux que cela pourrait intéresser, ce que Littré dit de l’étymologie de dîner : « Mot très controversé. On a proposé un terme grec ; le sens serait très convenable ; mais on ne trouve nulle part un p dans les anciennes formes, et surtout on ne voit pas comment ce mot grec, qui n’est ni dans la latinité classique ni dans la basse latinité, serait entré dans les langues romanes. Comme « dignare, domine » sont les premiers mots d’une prière latine qui se dit au commencement du repas, on a pensé que le dîner en avait pris son nom ; le fait est qu’on trouve digner dans les anciennes formes ; et cette orthographe montre que les gens qui s’en servaient admettaient en effet dignare comme l’origine du mot dîner. Mais, quelque ancienne que soit cette orthographe, puisqu’elle appartient à des textes du XIIe siècle, cependant il y en a une encore plus ancienne, c’est disnare, qui se trouve dans des textes du IXe siècle : disnavi me ibi, dans les Gloses du Vatican, publiées par W. Grimm. Cette s est dans l’italien, et on la voit reparaître dans plusieurs formes du provençal et du vieux français. Cela ne peut être écarté ; et il faut chercher une étymologie qui comporte l’s. Diez a proposé decoenare ; de ayant le sens qu’il a dans de-vorare, depascere. Coenare est en effet très probable ; il aura donné un composé de-coenare ou dicoenare. Que coenare puisse se changer en ciner (ital. disinare, desinare), c’est ce que prouve l’ancien français re-ciner, faire un second repas ; que di-coenare puisse se changer en disner, disnar, c’est ce que prouve l’italien busna, de buccina. M. Scheler, qui donne son assentiment à dicoenare, cite l’italien pusignare, collationner après souper, qui vient de post, après, et coenare, et qui offre un exemple du changement de coenare en signare. On peut encore citer, à l’appui du changement de co latin en s, le mot suivant : Deicola, nom d’un Irlandais compagnon de saint Gall dans le VIe siècle, devenu Desle dans la langue vulgaire. Dicoenare a pris le sens actif : donner le repas appelé coena, sens déjà fourni par le latin, coenatus, celui qui a dîné ; c’est ainsi que dès le IXe siècle on a dit disnavi me, j’ai dîné. Tout cela rend la conjecture de Diez extrêmement probable. »

Conjecture est un mot fort bien choisi, car il signifie : Opinion fondée sur une hypothèse non vérifiée. Ne pourrait-on pas en dire autant de ce qu’avancent Bloch & von Wartburg?

(3)  Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy (8 tomes parus entre 1881 et 1895).

(4)  L’emploi de repousser, au sens de remettre à plus tard, est critiqué par le NPR. Mais pas par le Larousse. Le NPR serait-il trop puriste? Le Larousse, trop laxiste? À vous de choisir.

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5 commentaires pour Déjeuner/ Dîner/ Souper (3 de 4)

  1. Cet envoi ne devrait pas avoir sa place ici, mais je m’accroche, chers amis Québécois et Francophones ! Ce blog est super, sauf qu’il n’est pas structuré du tout, et qu’on ne peut pas retrouver un article que l’on aurait vu par hasard ! Pourquoi n’existe-t-il pas un vrai plan du site où l’on puisse se retrouver ? Moi, fondamentalement Occitan, et francophone tout de même, voudrais bien vous aider un peu à rendre ce blog plus lisible !
    Excusez moi de vous avoir demandé pardon, comme on dit chez moi… mais il est temps que votre blog prenne un peu d’essor ! Sinon, vous ne resterez qu’une anecdote, une simple anecdote !
    C’est J-F BENNE qui vous parle, c’est mon vrai nom, et je suis l’auteur du site http://www.canaldumidi.com bref, il est temps que nous passions tous à l’action pour cette belle langue française ! Non mais !
    … et j’espère bien que vous comprenez que si j’ose vous dire toutes ces choses, c’est que je vous apprécie !
    J-F

    • rouleaum dit :

      Bonjour Monsieur,

      Votre commentaire m’a un peu surpris. Si je comprends bien, vous me dites, en beaucoup plus long, « Qui aime bien châtie bien! » Soit.

      Vous dites avoir de la difficulté à retrouver un article que vous avez vu par hasard. Si c’est le hasard qui vous y a mené, je comprends mal que vous vouliez à tout prix le retrouver. À moins que le hasard vous ait fait découvrir qqch qui vous interpelle. Dans ce cas, pourquoi ne pas taper le sujet que vous vous rappelez et y ajouter wordpress rouleaum. (ex. : déjeuner wordpress rouleaum)? Vous devriez tomber pile sur l’article qui vous a intéressé. Ça me réussit. Je ne vois pas pourquoi il en serait autrement pour vous.

      Il n’y a pas de plan, dites-vous. Je vois mal comment il pourrait y en avoir un. Les sujets que j’aborde ne me viennent pas dans un ordre préétabli. Je n’écris pas un livre. Je tiens un blogue…

      Vous voulez m’aider à rendre ce blogue plus lisible, ajoutez-vous. Cela est fort louable, mais où sont vos suggestions?

      Pour ce qui est de l’essor de mon blogue, ne vous inquiétez pas trop. Plus de 500 personnes sont déjà abonnées et ce nombre augmente chaque mois. Quant à sa fréquentation, là non plus il n’y a aucun problème. L’an dernier seulement, mon blogue a été visité 84 500 fois. Cela donne une moyenne de 231 visites par jour.

      J’espère que vous aurez encore l’occasion de tomber sur mes articles, au hasard de vos lectures.

      Maurice Rouleau

  2. Patrick IZ dit :

    Dans Jauffret L.F. – Dictionnaire Étymologique Vol I. (An VII) Voici ce qu’on lit pour l’étymologie de Dîner:

    « Dîner », repas qu’on fait au milieu du jour, autrefois, disner, qui vient du latin desinere, discontinuer son travail.

    Ce n’est donc pas un des-jeuner (rupture du jeûne de la nuit) mais la ruputure du travail du jour que ce mot dîner indique. Le mot latin de-sinere qui signifie cesser, arrêter. Ilk est construit par un privatif suivi de sinere qui signifie permettre, laisser-faire, autoriser.

    • rouleaum dit :

      Bonjour Patrick,

      Je vous remercie de l’information que vous me fournissez.

      Dans ce billet, je me suis contenté de l’étymologie fournie par les dictionnaires courants (le Robert, le Larousse). Tout en indiquant que je la trouvais plutôt déroutante (comprendre : difficilement crédible). Je n’ai pas poussé plus loin, car cet aspect était secondaire au problème étudié.

      Mais voilà que vous arrivez dans le décor avec une information fort pertinente. Elle me force à pousser plus loin ma quête sur l’étymologie de ce mot.

      Je vais donc examiner ce problème sous toutes ses coutures et publierai le résultat de mes recherches sur ce blogue. Ce ne sera pas dans les semaines qui viennent, mais je n’y manquerai pas.

      • Patrick IZ dit :

        Bonsoir, l’étymologie est un puissant vecteur de sens. j’avais un jeu avec mes enfants quand ils étaient jeunes et que nous partagions notre diner justement 🙂 On choisissait des mots courants et on essayait d’en deviner l’étymologie. On laissait ensuite les dictionnaires étymologiques (Larousse et Robert je crois ?) nous départager. C’était il y a une vingtaine d’année déjà. Voilà…

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