M devant b, m et p (1 de 2)

Pompon, mais bonbon!

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Si jamais votre enfant vous demandait pourquoi il doit écrire certains mots avec un N et d’autres avec un M, que lui répondriez-vous? Vous savez qu’il faut écrire alaNgui, boNdir, ceNsé, eNrager, iNvariable, eNvoler, oNdulation et alaMbic,boMbe, caMbuse, eMbrasser, iMpossible, oMbilic, etc. Mais vous rappelez-vous seulement pourquoi?

Quelques moments d’hésitation et l’explication vous revient. Vous vous réjouissez intérieurement, car, cette fois-ci, vous savez quoi répondre. Je dis cette fois-ci parce que souvent les questions posées par un enfant font plus que nous prendre au dépourvu, elles nous font mal paraître. La seule réponse qu’il nous est souvent possible de lui fournir est « Parce que c’est comme ça », ou sa variante, moins humiliante, « C’est une exception » ou encore celle, en apparence plus savante, qui clôt toute discussion « C’est la règle ». Ce qui, en apparence, dit tout, mais qui, dans les faits, ne dit rien.

Vous répéterez alors à votre enfant ce qu’on vous a appris quand vous aviez son âge : « Devant un m, un b ou un p, il faut toujours mettre un m et non un n. » Ce faisant, vous l’éblouirez par vos connaissances en langue. Ce que vous ignorez toutefois, c’est que cette admiration ne sera pas éternelle. Elle cessera au moment où il se fera taper sur les doigts pour avoir, conformément à la règle, écrit boMbon

Votre enfant risque alors de revenir à la charge et de vous demander pourquoi il ne peut pas écrire boMbon, s’il doit écrire poMpon! Que lui répondrez-vous alors?…  Vous voilà bouche bée…  Pour vous sortir du pétrin, vous pourriez lui répondre : « C’est une exception! »  Et lui, peut-être plus futé que vous et moi pouvions l’être à son âge, de vous demander : « Y en a-t-il beaucoup d’exceptions de ce genre, que je dois mémoriser? » Et vous revoilà bouche bée.

C’est une question que vous ne vous êtes jamais posée. Moi non plus, d’ailleurs. Il est donc normal que nous ne sachions quoi répondre. Mais là, je veux en savoir plus. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas tant le nombre d’exceptions ― même s’il m’importe de le savoir ― que leur raison d’être. Sans oublier évidemment le fondement de cette règle, si fondement il y a.

Qu’en dit la grammaire?

J’ai cherché dans Le Bon Usage ― celui de Maurice Grevisse (11e éd, 1980) et celui d’André Goosse (14e éd., 2008) ―, mais en vain. De deux choses l’une : ou bien j’y ai cherché ce qui n’existe pas [la grammaire « officielle » n’en ferait pas une règle formelle], ou bien je n’ai tout simplement pas réussi à l’y dénicher ― il faut dire que trouver quelque chose dans Le Bon Usage n’est pas toujours facile.

Le seul ouvrage que je connaisse où il en est fait mention, c’est le Cours supérieur d’orthographe (Odette et Édouard Bled, Librairie Hachette, 1954). Il y est dit (p. 212) :

RÈGLE : Devant m, b, p, il faut écrire m au lieu de n, sauf dans boNbon, boNbonne, boNbonnière,emboNpoint et néaNmoins. 

Il le faut, mais on ne nous dit pas pourquoi. C’est une règle d’application tellement générale qu’il n’y aurait, selon les époux Bled, que cinq (5) exceptions. Nous verrons plus loin que le compte n’y est vraiment pas.

Les dictionnaires courants (NPRobert 2010 et Le Petit Larousse 2000) sont muets sur le sujet. Pas même une mise en garde dans les cas où il y a dérogation à la règle. Il ne faut pas s’en étonner, car ce n’est pas le rôle d’un dictionnaire de « mettre en garde », même s’il lui arrive de le faire. C’est le genre d’information que devrait toutefois contenir un dictionnaire de difficultés du français. Et tel est bien le cas. Par exemple, dans les Pièges et difficultés de la langue française (Jean Girodet, Bordas, 2008), on lit à boNbon : « Exceptionnellement, un n devant b. » Sans plus. À eMboNpoint : «  Un m devant le b, mais un n devant le p ». Rien d’autre. Dans le Dictionnaire des difficultés du français (J.-P. Colin, Usuels du Robert, 2002), à boNbon, on lit : « un n devant le deuxième (1) b, contrairement à la règle habituelle : bombe, bomber ». À emboNpoint : « Avec un n devant le p [formation : en bon point, avec l’adjectif bon] ».

             Bref, il faut mettre un m devant un b, un m et un p. Jamais un n, sauf exceptions. Et surtout ne pas se demander pourquoi. C’est la règle. Nous obéissons à la consigne, en bons chiens de Pavlov que nous sommes.

Il doit pourtant y avoir une raison pour laquelle ces n sont devenus des m. Mais personne n’en souffle mot. Serait-ce parce que cela remonte tellement loin dans le temps qu’on a oublié pourquoi il en est ainsi? Tout est possible en langue.    

Pourquoi des exceptions?

Si l’on ne peut expliquer la règle, peut-on au moins justifier les 5 exceptions répertoriées par les Bled, à savoir boNbon, boNbonne, boNbonnière, emboNpoint, néaNmoins?

Dans boNbon et son dérivé boNbonnière, la présence d’un n devant le b s’expliquerait par le fait que ce mot résulte du redoublement de l’adjectif BON. Soit. C’est une raison qui en vaut bien d’autres. Surtout en langue.

En est-il de même dans le cas de boNbonne? Ne pourrait-on pas y voir la répétition de BON, sous ses formes masculine et féminine? BoN-Bonne!! L’idée est  intéressante, car c’est un excellent moyen de se rappeler sa graphie. Intéressante, peut-être, mais fausse. D’après le NPR, ce mot tire son origine de : 1823 ◊ ancien occitan bouMbouno « sorte de bouteille », du latin boMbus.

Il y a là quelque chose qui cloche. Vu que l’étymon (bouMbouno ou boMbus) contient déjà un M, pourquoi ne pas l’y avoir laissé? N’est-ce pas précisément ce que la règle prescrit?… Pourquoi en avoir fait un N, alors qu’ailleurs on doit faire l’inverse?… C’est à n’y rien comprendre. De plus, n’écrit-on pas boMbe, mot pourtant de même étymologie (1640 ◊ italien bomba, du latin boMbus)? Pourquoi alors boNbonne? Euh…

 Ouvrons ici une parenthèse

Je n’étais pas au bout de mes peines avec la graphie de bonbonne, mais je l’ignorais. Selon le NPR 2010, ce mot qui fait exception ― et lui seul ―peut s’écrire des deux façons : « boNbonne n.f.  var. boMbonne ». Pour une surprise, c’en est une. La règle reprendrait donc ses droits! Mais cette forme est précédée de la marque d’usage  var. (pour variante). Ce qui veut dire, dans le langage du Robert, qu’elle est « moins fréquente » que celle mise en entrée : boNbonne. Vraiment?…

Sous quelle forme ce mot est-il apparu dans la langue?

Étymologiquement parlant, ce devrait être boMbonne, puisque ce mot vient apparemment de boMbus. Ça, c’est ce que la logique voudrait, mais l’histoire semble dire le contraire.

Ce mot ― oublions pour le moment sa graphie ― serait apparu au XIXe siècle. Rien ne nous dit toutefois que l’objet qu’il désigne a vu le jour à ce moment-là. Il existait peut-être déjà sous une autre appellation. Serait-ce « dame-jeanne« ? Ça, je ne saurais dire. Mais passons!

D’après les Dictionnaires d’autrefois, c’est dans le Littré (1872-77) que ce mot est apparu pour la première fois. Ni le dictionnaire de Bescherelle (1856) ni le Larousse du XIXe siècle (1867) n’en font mention. Chose étonnante, Littré l’écrit boNbonne! Et ce, malgré l’étymologie qu’il en donne : « Forme augmentative de boMbe, sorte de vase, de fût ; ital. boMbone, s. m. ». Allez savoir pourquoi!

La graphie boMbonne serait donc apparue plus tard. Mais quand exactement? Il semblerait que ce soit au début du XXe siècle. En effet, dans le Larousse universel en 2 volumes (1922), on trouve, en double entrée, boNbonne ou boMbonne. Aurait-on voulu, ce faisant, se conformer à l’étymologie qu’on lui reconnaît ou simplement rendre compte de l’utilisation qu’on en fait? L’histoire ne le dit pas.    

Le premier Petit Robert (1967) les présente, lui aussi, en double entrée. Inspiré par le Larousse plutôt que par le Littré?… Je ne saurais dire. Une telle présentation indique que ces deux formes sont « courantes ». Ce n’est qu’en 1993, année de parution du Nouveau Petit Robert (NPR), que la forme boMbonne sera déclassée. On la dit alors « variante », ce qui signifie en clair « forme moins fréquente ». Le Dictionnaire des difficultés du français (D. Péchoin & B. Dauphin, Larousse, Paris, 2001), lui, la dit vieillie!… À vous de choisir!

Chose étonnante, dans le Dictionnaire étymologique de la langue française (O. Bloch & W. von Wartburg, PUF, 8e éd., 1989), il n’est question que de boMbonne, dont on dit :  « 1867, Empr. du prov. bouMbouno « sorte de bouteille », de la même famille que [boMbe] ». Quelle est donc la véritable graphie d’origine? Celle que donne le Littré ou celle qu’indiquent ces auteurs?

L’Académie française (DAF, 8e éd., 1935), pour sa part, n’en a jamais accepté d’autre que boNbonne. Et ce, même si elle reconnaît que ce mot est : Emprunté du provençal moderne bouMbouno, « dame-jeanne », de bouMbo, « flacon de terre rond à cou très court ».

Cette discordance entre graphie et étymologie ne semble pas déranger les Immortels. Ils passent même sous silence la forme boMbonne, que le Larousse mentionnait pourtant dans son édition de 1922. Elle ne devait sans doute pas leur plaire! Qui a raison, l’Académie ou le Larousse?…

Voilà en bref ce que nous révèlent les dictionnaires, ces prétendus témoins de l’USAGE.

Ma curiosité prend le dessus.

Curieux de nature, je me demande si ce qu’on dit de l’usage de ces deux graphies  se vérifie. Pour le savoir, je fais appel à Ngram Viewer (cliquez ICI pour voir les résultats).

Les données affichées révèlent que les deux graphies existaient bien avant la parution du Littré (1872-1877). Une cinquantaine d’années au moins. Depuis moins longtemps toutefois que le graphique le laisse croire. Les apparences sont ici trompeuses (2). La toute première vraie occurrence de boNbonne recensée par Ngram Viewer remonte en fait à 1822 (cliquez ICI); celle de boMbonne, à 1833 (cliquez ICI).  Pourtant Littré n’admet que boNbonne! Comme si l’autre forme, boMbonne, n’était pas usitée! Faut dire à sa décharge qu’il ne disposait pas, comme c’est notre cas, d’un outil aussi puissant que Ngram Viewer.

On observe également qu’autour des années 1880 boMbonne est deux fois plus utilisé que boNbonne; que ce n’est qu’à partir de 1889 que boMbonne perd en popularité. Pour une raison inconnue, c’est boNbonne qui s’impose et qui, depuis lors, tient le haut du pavé. Ce n’est donc pas depuis 1993, comme l’indique le NPR, mais bien depuis la fin du XIXe siècle, que bombonne est moins usité.

Fermons la parenthèse

Revenons à nos moutons, i.e. à la justification possible des exceptions répertoriées par les Bled.

Pourquoi écrit-on emboNpoint? Et ce, depuis au moins 1694 (Voir ICI). Parce que ce mot résulte de l’accolement des éléments  en, boN et point! Soit. Mais pourquoi ne pas être conséquent? Pourquoi ne doit-on pas, pour exactement la même raison, écrire eNboNpoint?…  Il faut savoir qu’en langue la cohérence n’est pas toujours au rendez-vous.

Dans néaNmoins, on conserve peut -être le n parce que ce mot s’est déjà écrit, voilà de cela plusieurs siècles : néaNTmoins (Voir ICI). Ce n’est qu’en 1740 (DAF, 3e éd.) que le t disparaît. Soit. Mais qui, de nos jours, connaît la petite histoire de ce mot? Très peu de gens, je le crains. C’est ce qui fait de néaNmoins une apparente exception. Le n  s’y trouvait au départ parce qu’aucune règle n’interdit la présence d’un n devant un t. Et il s’y trouve toujours  fort probablement parce que, au moment de la disparition de ce t, la graphie de ce mot était bien établie.

Voilà ce qu’il en est des cinq exceptions répertoriées par les Bled. Mais, comme je l’ai mentionné précédemment, le compte n’y est pas. J’en ai trouvé une vingtaine d’autres dans le NPR. La question qui se pose reste la même : pourquoi ne pas avoir converti leur N en M? Voyons voir.

Les autres exceptions

Les mots maiNmise, maiNmorte et maiNmortable, clairement composés de maiN, pouvaient difficilement perdre leur N, une fois le trait d’union ou le blanc disparus (3), car ils seraient devenus méconnaissables. Tout comme noNpareil, j’imagine. Lire maiMmise ou noMpareil aurait de quoi dérouter tout lecteur, vous en conviendrez. Voilà une justification difficilement contestable. La logique vient à notre secours. Mais elle n’est pas toujours aussi serviable. À preuve, croque-en-bouche, que l’on retrouve dans le  Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle (P. Larousse, 1869, tome 5) (Voir ICI).  Il a, lui aussi, fini par perdre ses traits d’union. Il devrait donc s’écrire croquENbouche pour que le sens soit perceptible à première vue. Mais contre toute attente, il faut l’écrire croqueMbouche! Cette graphie me paraît aussi incongrue que noMpareil, mais c’est la seule que les régents admettent! Allez savoir pourquoi…

Certains mots pourraient avoir conservé le N qu’ils avaient dans leur langue d’origine. Ce pourrait être le cas de erleNmeyer (allemand), fuNboard (américain), horNblende (allemand), iNput (anglais), kroNprinz (allemand), steiNbock (afrikaans). Voilà un autre argument valable. À la condition toutefois que le mot français soit une copie conforme du mot d’origine, qu’il n’ait pas été francisé, comme l’a été roast beef qui est devenu rosbif. Ou encore beefsteak qui est devenu bifteck.

Si la langue d’origine n’utilise pas, comme le français, les caractères romains, cette explication tient difficilement la route. Pourquoi doit-on écrire miNbar (mot arabe) et non miMbar? Serait-ce que la translittération de ce mot est mieux rendue en utilisant un N plutôt qu’un M? Je ne saurais dire, mais, si tel est le cas, comment expliquer que l’on doive écrire alaMbic et non alaNbic? Peut-être ne le savez-vous pas, mais alaMbic vient, d’après le NPR, de l’arabe al aNbîq! Ah bon!… Et ce n’est pas tout. Jusqu’en 1798, ce mot s’écrivait avec un a ou un e : alembic ou alambic. (Voir ICI.) Pourquoi avec un e s’il vient de al anbik?…

On pourrait penser ― même si cela peut paraître farfelu ― que le fait qu’un mot soit une onomatopée constitue une raison suffisante pour faire exception à la règle. N’écrit-on pas paNpan, perlimpiNpin, rantaNplan? Oui, mais, à bien y regarder, c’est un argument peu convaincant. En effet, pourquoi mettre un n devant le p dans rantaNplan si l’on doit mettre un m devant le p dans perliMpinpin? Une autre anomalie à mémoriser!

Justifier, par l’étymologie du préfixe pan- (du grec pan « tout »), la présence du n devant le m dans paNmixie ou devant le p dans paNpsychisme c’est vouloir à tout prix avoir le dernier mot. Comme si rester bouche bée était honteux! Pourquoi faut-il garder le n de pan- si l’on ne garde pas le n de en- ou encore de in-? N’écrit-on pas eMmêler (de eN et mêler) ou encore iMprécis (de iN et précis)?…  Et cela, c’est sans parler du N qui peut devenir  tantôt un l tantôt un r, selon les caprices de l’usage ou ceux des régents. C’est selon. Je pense, par exemple à iLlisible qui a fait concurrence à iNlisible (Voir ICI), qui a finalement dû céder sa place. Ou encore à iNlassable qui n’est jamais devenu iLlassable! Quelque chose peut être iRréfutable (◊ de 1. in- et réfutable), bien que iNracontable (◊ de 1. in- et racontable)!

Bref, justifier le maintien du N sous prétexte qu’il appartient à un préfixe n’est pas la découverte du siècle.

On pourrait être tenté de justifier la graphie de boNbec, moNbazillac et saiNbois en faisant appel à leur origine. Mais, comme nous allons voir, le succès est loin d’être assuré.

BoNbec      Ce mot tirerait son origine, selon le NPR, de « xviiie nom propre, surnom d’une personne bavarde ◊ de bonbon et bec ». Comme bon- serait le raccourci de bonbon, la présence du n devant le b se justifie d’elle-même. Mais Littré, au XIXe siècle disait de bonbec, qu’il venait de « bon et bec » et non pas « de bonbon et bec ». Comment alors justifier ce N?… Quant au nom propre, dont fait état le NPR, nulle part ailleurs il n’en est fait mention. D’après Littré, ce serait un sobriquet et non un nom propre! Qui croire?…

SaiNbois      Le Larousse du XIXe siècle fait dériver ce mot de sain– et –bois! Pourquoi alors conserver le N devant le b?… Le NPR semble répondre à la question, car il nous dit que saiNbois vient de : étym. 1774; sainct boys « bois de gaïac » 1540 ◊ de sain et bois.  Il y aurait donc eu disparition de deux lettres, sainct . Comme on l’a vu pour néantmoinsnéanmoins, la disparition d’une lettre (ou de deux lettres dans le cas présent) est sans effet sur la graphie du mot. Ferait-on appel à la forme intermédiaire sainct pour pouvoir justifier la présence du n?… Si je soulève cette possibilité, c’est que  cette forme intermédiaire est parfois fautive. À preuve, ce que le NPR nous dit de sainfoin : étym. 1572; sainct-foin 1549, par confusion de sain et saint ◊ de 1. sain et foin. Qu’en est-il alors dans le cas de sainbois? Y a-t-il eu, là aussi, confusion? La question se pose. Mais la réponse, on la cherche.

MoNbazillac      Ce mot aurait gardé son N parce qu’il vient, nous dit le NPR, de « montbasiliac 1796 ◊ du n. d’une commune de Dordogne ». C’est dire que le terme d’origine aurait perdu non seulement son t, mais aussi son i! Et de plus, converti son s en un z et doublé son l! Cela fait beaucoup de transformations. Il en est même devenu méconnaissable, le pauvre. Est-ce vraiment le bon étymon? ’ Je ne saurais dire.

L’élément mont- dans montbasiliac fait-il référence à une formation géologique? La commune tire-t-elle vraiment son nom d’une élévation de terrain portant ce nom? Je n’ai rien pu trouver qui aille dans ce sens, mais je demeure très loin de ce coin de pays. Quelqu’un de la région pourrait sans doute répondre à ma place. Selon Wikipédia : « En occitan, la commune porte le nom de Mont Basalhac » (Voir ICI).  Et en français?…

Bref, le N des mots qui font exception ne semble pas plus facilement justifiable que le  M devant les trois fameuses consonnes, b, m et p. À moins qu’il y ait quelque chose d’autre qui ne soit pas apparent et dont on n’a jamais parlé. Mais quoi?

À SUIVRE

Maurice Rouleau

(1)  Voici un autre exemple où la distinction faite par le NPR entre deuxième et second (« on emploie plutôt second quand il n’y a que deux choses ») n’est pas respectée. Il faut savoir que, selon ce dictionnaire, février est le second mois de l’année et mardi, le deuxième jour de la semaine! Rien de moins. Si le dictionnaire s’accorde cette liberté, pourquoi nous, simples utilisateurs de la langue, ne pourrions-nous pas en faire autant sans nous faire taper sur les doigts par un réviseur? (Voir http://wp.me/p18WCN-93)

(2) Je dis « Les apparences sont trompeuses » parce que les données mises en graphique sont obtenues grâce à un logiciel de reconnaissance optique de caractères ((ROC;  en anglais optical character recognition : OCR) et que ces données sont utilisées sans être validées. Les résultats ne sont donc pas fiables à 100 %.  Ceux qui ont déjà utilisé un tel logiciel en savent quelque chose.  Par exemple,  la suite « rn » est presque systématiquement confondue avec un m. Il en est de même, dans les documents anciens, de la suite « ur ». C’est ce qui fait que Bourbonne est interprété comme étant bombonne.   (Voir ICI un exemple d’une apparente occurrence datant de 1772!)

(3) Les mots maiNmise, maiNmorte et maiNmortable ont perdu leur trait d’union, mais pas main-forte. La Nouvelle Orthographe recommande de le lui enlever, mais le NPR 2010 et le Larousse en ligne font la sourde oreille. Je me demande bien pourquoi.

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6 commentaires pour M devant b, m et p (1 de 2)

  1. LMMRM dit :

    Bonnes questions, bonnes remarques, comme souvent.
    « Minbar » : en arabe, c’est bien un n, et le mot se prononce mine bar.
    « Mardi, le deuxième jour de la semaine » : pour certains, le premier jour de la semaine est le dimanche.

  2. Merci beaucoup!
    Très intéressant pour moi car sans être linguiste, je mène un travail (long, ardu) sur l’orthographe française:
    – état des lieux méthodique, rigoureux, honnête (nombreuses vérifications, notamment étymologie) et repérage d’incohérences (appentis / apprenti), d’arbitraires (flotter, tricoter), de nonsens* (être: verbe attributif / verbe auxiliaire: elle est fatiguée / elle est allé -vestige verbes déponents?-) (*// orthographe contresens)
    – suggestions de rectifications (par exemple: créer des régularités -disparition des verbes en ap- et app-); propositions d’une pédagogie axée sur la réflexion et non sur un apprentissage mécanique de l’orthographe (exemple: recherche systématique des mots dérivés de noms finissant par une consonne muette et identification de la nature grammaticale de ces mots, utile pour l’apprentissage d’autres langues)
    – objectifs: une orthographe plus logique donc plus accessible et plus solide (on constate qu’elle devient de plus en plus aléatoire) et un niveau correct pour tous: ne plus être gêné, handicapé, bloqué par une orthographe approximative, ne plus, comme cela arrive parfois, en avoir honte!

  3. Nelly Montpied -Roussignol dit :

    Le 10 octobre 2016

    Bonjour,

    C’est plus une question qu’un commentaire.
    Je viens de lire vos réflexions très intéressantes sur la règle « pas de n devant m,b,p » et je suis encore plus troublée qu’avant de vous lire. En effet, ce qui m’intrigue c’est l’histoire de l’écriture de mon nom de naissance : Montpied
    Au XVIIème siècle dans les actes d’état civil il est écrit « Monpied ».
    Dans le cadastre Napoléon de 1826 dans notre région il est écrit Montpied.
    Dans les recensements qui démarrent à 1836 il est écrit d’abord Monpied puis Montpied.
    Parfois aussi , mais je n’ai pas de dates à vous donner j’ai trouvé Mompied.
    J’ai l’impression que l’écriture est au bon vouloir des officiers d’état civil et des agents recenseurs. De façon générale au XVIIIème siècle les orthographes des noms et prénoms sont très variables.

    Ce que je cherche à savoir c’est de quand date la fameuse règle « pas de n devant m, b, p » pour voir si elle a eu une influence sur mon patronyme et à quelle vitesse.

    Actuellement les différentes écritures existent selon les familles.

    Cordialement. Nelly Montpied-Roussignol

    • rouleaum dit :

      Bonjour Madame,

      Je comprends très bien votre préoccupation. Et j’apprécie votre appétit de savoir. Mais j’aurais le goût de vous répondre ce que ma défunte mère me disait toujours : « Il n’y a pas de faute dans un nom propre. » Je ne me suis jamais réellement demandé ce qu’elle voulait dire. Mais aujourd’hui, en y repensant, je crois que, de façon lapidaire, elle me disait: « Comme il n’y a pas aucune règle de grammaire relative à l’orthographe des noms propres, comment peux-tu faire une faute? Personne ne pourra te taper sur les doigts. » Et elle avait raison.

      Mon grand-père maternel disait, me racontait ma mère : « Notre nom est Casaubon et non Cazabon! » Là encore, je ne me suis jamais demandé pourquoi il insistait tant sur ce point. Ce n’est qu’en faisant faire sa généalogie que j’ai compris.

      Son ancêtre, celui qui est à l’origine de la souche québécoise de sa famille, s’appelait Martin Casaubon. Né en 1665, à St-Jean-de-Luz, dans les Pyrénées-Atlantiques, il s’est marié au Québec, en 1689. Un de ses fils, Jean-Baptiste, né en 1715, est inscrit sur le registre d’état civil, comme étant : Jean-Baptiste Cazabon!

      À la septième génération, celle de mon grand-père, le patronyme devient Casabon! Mais ma mère, elle, est baptisée Simone Casaubon!

      Je me demande si cette variation ne s’explique pas, comme vous le mentionnez, par le niveau d’instruction des prêtres, qui au Québec étaient, jusqu’à tout récemment, presque les seuls responsables de l’inscription des naissances. Peut-être écrivaient-ils au son, comme on dit!

      Il ne faudrait pas penser que les prêtres, qui jouent le rôle d’officiers civils, sont les seuls responsables d’un tel méli-mélo. À preuve, un ami d’enfance était connu pour être le petit-fils de Tavienne (diminutif de OCTAVIENNE). N’allez pas penser que c’est le nom de la grand-mère. Que non! C’est bel et bien le nom du grand-père. L’histoire veut que ce soit le nom que le père, éméché, a fourni au prêtre qui rituellement demande sous quel nom l’enfant doit être baptisé. Et le sort en était jeté.

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