À  ou  EN [+ nom d’un lieu]

 

À Terre-Neuve / En Ontario

À Cuba / En France

 

Un Canadien anglophone me demande, par personne interposée, pourquoi il doit dire Je vais À Terre-Neuve mais Je vais EN Ontario. Comme il tient à bien s’exprimer en français, il veut savoir quelle préposition utiliser et surtout pourquoi. S’il le savait, il n’aurait plus à se poser la question chaque fois que le problème se présente.

Qui l’en blâmerait?… Certainement pas moi.

Dans les mêmes circonstances, un Américain ― qu’il serait plus approprié d’appeler un États-unien (1) ―, se demandera pourquoi il doit, le même jour, se rendre AU Connecticut et EN Pennsylvanie  ou encore AU Dakota et EN Iowa; un Sud-Américain, pourquoi il doit aller AU Pérou ou AU Vénézuéla avant d’aller EN Bolivie ou EN Équateur; un Belge, pourquoi il doit se rendre AU Portugal après s’être rendu EN France; un Asiatique, pourquoi tel événement se tient EN Indonésie et non AU Japon.

Comme on peut le voir, le problème est universel. En ce sens qu’il se pose à quiconque veut apprendre le français, peu importeNT (2) sa nationalité et son lieu de résidence.

Cette question rejoint, sous un angle différent, celle qu’une bonne amie à moi me posait récemment : « Pourquoi dois-je dire : Je  vais À Cuba? Et un Cubain dire : Je vais AU Canada?… Pourquoi pas Je vais AU Cuba et Je vais À Canada? » Euh!… Sachant que AU est la contraction de à et le, la question pourrait se formuler de la façon suivante : pourquoi faut-il n’utiliser l’article que devant certains noms de pays? Ne dit-on pas que le Japon (avec article) fut secoué par un tremblement de terre, en avril 2016, et que ce fut le cas de Haïti (sans article), en janvier 2010? Ou encore que les États-Unis (avec article) ont rétabli leurs relations diplomatiques avec Cuba (sans article)?

Comme on vient de le voir, le choix de la préposition à utiliser devant le nom d’un pays, tout comme d’ailleurs l’emploi d’un article, pose problème à quiconque veut apprendre le français. Mais pas au francophone que je suis. J’utilise inconsciemment la « bonne » préposition. Du moins je le crois. D’où me vient donc cette connaissance? Serait-elle innée? NON. Elle me vient, à ne pas en douter, de l’usage que l’on en a fait autour de moi et que j’ai, inconsciemment, enregistré. Soit. Mais ceux que j’ai imité, d’où la tenaient-ils?… De plus, ce n’est pas dans ma prime jeunesse que j’ai appris l’existence de l’Ouzbékistan ou encore celle du Botswana. Alors… Est-ce parce que j’ai entendu dire, à la télévision, « EN Ouzbékistan » et « AU Botswana » que cette préposition me vient spontanément quand je nomme ces pays? Et ces lecteurs de nouvelles, d’où tenaient-ils leur façon de dire?…

J’imagine la tête de ce pauvre Canadien anglophone si je devais lui répondre : « C’est l’usage qui vous apprendra dans quels cas les noms propres de régions doivent être précédés de EN, de À ou de AU. » Il me regarderait certainement avec de grands yeux hébétés. Tout en se disant intérieurement, dans la langue de Molière : « C’est vraiment n’importe quoi! » ou, dans sa propre langue : « It’s nonsense. »

Qui osera dire le contraire?… Certainement pas moi.

Alors, quelle réponse dois-je lui faire, si, évidemment, réponse il y a? Je ne saurais dire pour le moment. Il me faut consulter des ouvrages susceptibles de me fournir cette information. Mais lesquels? Mon dictionnaire de langue? Ma grammaire? Mon dictionnaire de difficultés du français?…

Les dictionnaires de langue

Tout allophone qui veut apprendre le français ne se procure généralement qu’un dictionnaire de langue, de format réduit ou de poche. Supposons, pour les besoins de la cause, que notre Canadien anglophone s’est procuré un Nouveau Petit Robert (NPR) ou un Petit Larousse. Quelle réponse y  trouvera-t-il? Sera-t-il satisfait de l’information fournie? Devra-t-il pousser plus loin ses recherches ou encore poser la question à un francophone qui, lui, doit savoir?… ― Il ne faut toutefois pas se leurrer, bien parler une langue ne signifie pas que le locuteur en connaît toute la mécanique. ― Voyons donc ce que nous nous disent ces dictionnaires.

Concernant l’emploi du À, le Petit Larousse  est plutôt avare d’informations. Il ne fait que dire : À exprime un rapport de lieu (être à Paris). Le NPR ne dit guère plus : À indique la position dans un lieu (il vit à Paris; s’installer aux États-Unis). Rien qui puisse satisfaire l’esprit curieux d’un allophone qui désire savoir ce qui commande, en français, l’emploi de telle ou telle préposition devant tel nom de pays.

Pour ce qui est de l’emploi du EN, le Petit Larousse est toujours aussi avare : EN s’utilise pour indiquer un lieu (En France). Rien d’autre. Le NPR s’en permet un peu plus. On y apprend qu’il faut utiliser EN :

Devant les n. de pays fém. ou les n. masc. sing. commençant par une voyelle, un h muet. En Allemagne, en Russie, en Iran (mais au Pakistan, aux États-Unis).

Voilà le genre d’informations que recherche tout allophone qui souhaite parler français correctement. Mais cette réponse saura-t-elle combler notre Canadien anglophone? J’en doute, car elle ne fait que déplacer le problème. Comment saura-t-il, par exemple, que Allemagne est féminin et Iran masculin? Que le H de Honduras, tout comme celui de Hongrie, est aspiré et non muet, mais qu’il lui faut dire : AU Honduras et EN Hongrie?…

Les dictionnaires des difficultés du français

Ces ouvrages ― il en existe plusieurs ― seraient-ils de meilleurs conseillers? (Voir http://wp.me/p18WCN-4S) C’est à voir. Pas question évidemment de faire acheter un de ces ouvrages à un allophone qui veut apprendre notre langue. S’il en venait malgré tout à me demander lequel se procurer, je serais bien embêté de lui en conseiller un en particulier, car chacun a ses forces et ses faiblesses. J’ai donc consulté pour lui les quatre dictionnaires de difficultés du français que je possède [un professeur se doit d’être bien équipé!] : celui de Jean-Paul Colin (Éd. Robert), de Jean Girodet (Bordas), de D. Péchoin & B. Dauphin (Larousse) et celui de Adolphe V. Thomas (Larousse). Disent-ils tous la même chose?… NON. Ils ne se contredisent pas nécessairement, mais les informations varient d’un ouvrage à l’autre. Ils pourraient donc se compléter.  On le souhaiterait. Voyons voir.

Une fois cette consultation terminée, suis-je en mesure de répondre correctement à la question de départ : Quand utiliser à et en devant un nom de pays? NON.  Compte tenu de tout ce que j’ai pu y lire (distinctions, exceptions), j’irais jusqu’à dire qu’une chatte y perdrait son chat! Ce n’est pas peu dire.

On y apprend que…

Devant un nom de pays, on emploie EN si ce nom est féminin : EN Suisse, EN Italie, EN Espagne, EN Turquie, EN Pologne, EN Birmanie, EN Croatie, etc. Soit. Mais, encore faut-il savoir ce qui fait que ces noms sont féminins.

Et que faire si ce nom est masculin?…

Alors là, il faut faire plein de distinctions. Distinctions entre nom masc. singulier / pluriel; entre nom masc. commençant par une voyelle / par une consonne; entre nom masc. commençant par un H muet / par un H aspiré. Cela se complique, n’est-ce pas?

Réglons immédiatement le cas des noms de pays masculins commençant par un H, car ils ne sont pas légion. En fait, je n’en ai trouvé qu’un : Honduras. Mais pour que la préposition à utiliser devant ce nom soit EN, il faudrait, nous dit le NPR, que son H initial soit muet. Mais il ne l’est pas. On ne dit pas l’Honduras (comme on dit l’Himalaya) mais bien le Honduras. Il faut donc dire : Je vais AU Honduras. Simple, n’est-ce pas!

Il y a bien un autre pays dont le nom commence par H, c’est Hongrie. Mais comme ce nom est féminin, la présence d’un H initial n’entre pas en ligne de compte, nous dit le NPR. L’emploi de EN s’impose donc. On va AU Honduras, mais EN Hongrie!  Simple, n’est-ce pas!

Il doit bien exister un pays dont le nom commence par un H muet sinon pourquoi le NPR en ferait-il une condition d’emploi de la préposition EN? Se pourrait-il que ce soit Haïti? Pourquoi pas. Mais avant de décider quelle préposition utiliser, il nous faut savoir 1- si ce nom est bel et bien masculin (s’il est féminin, la question ne se pose même pas : il faut utiliser EN)  2- si, le cas échéant,  son H initial est bel et bien muet (s’il est aspiré, il faut utiliser À). Officiellement, le nom de ce pays est République d’Haïti et non de Haïti. Son H est donc « officiellement » muet. Mais l’est-il aux yeux de tous? L’usage varie, diraient les grammairiens. Certains vont  EN Haïti; d’autres, À Haïti. ― Sur la  Toile, la fréquence d’utilisation de ces deux tournures est quasi identique : 442 000 contre 402 000! ― Comment expliquer cette variation? Dépend-elle de la nature incertaine du H (aspiré/muet) ou du genre incertain (masculin/féminin) que l’utilisateur lui attribue? Mais au fait, quel est, d’après vous, le genre de Haïti?… Moi, je ne sais pas. C’est dire que je ne pourrais recourir à ce critère pour décider de la préposition à utiliser. Il en est tout autrement pour Honduras et Hongrie, car ils commandent l’emploi d’un article, dont le genre est fortement marqué : LA Hongrie et  LE Honduras.

Force est de conclure que faire intervenir la présence d’un H initial muet dans un nom masculin pour justifier l’emploi de EN, c’est faire appel à un critère dont la pertinence est… disons « douteuse ».

Réglons aussi le cas des noms masculins pluriels, car eux non plus ne sont pas légion. Il y a les Pays-Bas, les Barbades, les Philippines. Et aussi, les  États-Unis, les Émirats arabes unis. Même si ces deux derniers commencent par une voyelle (ce qui devait en théorie commander l’emploi de EN), il faut dire Je vais AUX États-Unis, Je vais AUX Émirats arabes unis. Des exceptions…

Voyons maintenant ce qu’il en est des noms 1) masculins 2) singuliers 3) commençant par une consonne. Tout nom de pays répondant à ces trois conditions commande, nous dit-on, l’emploi de À (ou AU si ce nom exige la présence d’un article) : À Cuba, À Madagascar, AU Canada,  AU Burundi, AU Mexique, AU Portugal. Savoir que ces noms commencent par une consonne ou qu’ils sont au singulier ne pose vraiment aucun problème, mais il n’en est pas de même quand vient le temps de décider s’ils sont masculins .

Et si le nom masculin singulier commence par une voyelle?…

Dans un tel cas, il faut employer EN. Ne dit-on pas : EN Afghanistan, EN Iran, EN Ouganda, EN Uruguay? OUI, mais à une condition ― toujours la même ―, savoir que le nom en question est masculin et non pas féminin. Ce qui, d’après certains, ne pose aucun problème : il suffit  qu’un nom se termine par un e pour être féminin! Si tel était bien le  cas, cette caractéristique ne s’appliquerait qu’aux noms propres, car, en langue générale, la finale e est loin d’être un signe de féminité (3). Mais tel n’est précisément pas le cas. On dit LE Mexique. On dit LE Mozambique. Euh…

Et si le nom n’est pas celui d’un pays…

Qu’en est-il si le nom propre désigne autre chose qu’un pays, seule catégorie de lieux que mentionne le NPR? S’il s’agit par exemple d’une province, d’un territoire, comme cela est le cas pour notre Canadien anglophone? D’un département, d’une commune? D’un État? D’une île? Euh… S’il s’agit d’une ville, la préposition à utiliser est À : Je vais à Québec, à Paris, à Pékin. Et uniquement À. Autrefois EN s’utilisait devant certains noms de ville (4), mais plus maintenant.

Quel critère faut-il prendre en compte pour déterminer la préposition à utiliser devant des noms autres que des noms de pays? Là, il faut faire d’autres distinctions, qui varient selon le dictionnaire consulté. Comme s’il n’y en avait pas déjà suffisamment  à  prendre en compte!

Voyons ce qu’il en est avec le noms des îles.

Présence ou non d’un article :

  1. Si le nom de l’île est toujours précédé d’un article, il faut utiliser À : À la Martinique, À la Guadeloupe; À la Jamaïque. Pourtant il n’est pas rare d’entendre dire EN Martinique, EN Guadeloupe ou encore EN Jamaïque. Ce serait donc des exceptions. Sur la Toile, on trouve En Jamaïque ou À la Jamaïque à une fréquence presque identique : 349 000 contre 398 000. 
  2. Si le nom de l’île n’est jamais précédé d’un article, on emploie À : À Cuba, À Malte, À Madagascar, À Chypre, à Terre-Neuve, À Tahiti.
  3. Si le nom de l’île prend parfois l’article, on emploie EN : Une des plus belles réserves de Sicile ou la Sicile;  le retour d’Islande est prévu pour… ou  l’Islande.

Vous aurez remarqué que certains de ces noms désignent non seulement des îles sont aussi des pays! Ex. Islande, Cuba, Madagascar. Mais cela n’a rien à voir avec la préposition à utiliser, car on dit : Je vais EN Islande, À Cuba, À Madagascar. Dois-je dire EN Islande parce que ce nom prend un article à l’occasion, ou parce qu’il commence par une voyelle? Quel critère doit primer? Et plus fondamentalement encore, est-ce vraiment un critère?…

Superficie et Éloignement d’une île :

Il arrive même que l’on fasse une distinction entre petites îles et grandes îles! Entre îles éloignées et îles proches (comprendre : d’Europe)! Sans que pour autant tout soit clair. Voyez par vous-mêmes.

Devant le nom des petites îles d’Europe, il faut, paraît-il, utiliser À (À Jersey, À Chypre). Soit. Peu importe leur genre grammatical?… On ne le précise pas. Mais il faut dire AU Groenland, même s’il  s’agit d’une grande île (danoise en l’occurrence, donc d’Europe); sa superficie est de  2 166 000 km2 ! Encore une exception…

On utilise À également devant le nom de petites îles éloignées, de genre féminin : À Tahiti ― j’ignorais que Tahiti était féminin ―, AUX Canaries, À la Guadeloupe. Pourtant il n’est pas rare d’entendre dire EN Guadeloupe.

Et si ces îles éloignées sont grandes, on doit, nous dit-on, utiliser À : À Cuba, À Madagascar. Et ce, même si ces noms sont de genre masculin! Mais, ne dit-on pas EN Tasmanie? Certes, mais il s’agit d’une grande île éloignée, de genre féminin. Soit. Mais pourquoi doit-on dire alors  À Terre-Neuve, qui elle aussi est une grande île éloignée, de genre féminin?… Encore des exceptions.

De plus, comment savoir qu’une île est petite? Ou qu’elle est grande? Seule sa superficie peut nous le dire. Mais alors comment justifier que l’on doive dire : Je vais À Chypre (9 250 km2) mais Je vais EN Corse (8 680 km2). La superficie n’a vraiment rien à voir avec la préposition à utiliser. Ni l’éloignement d’ailleurs, car ce sont deux îles d’Europe.

Parlant d’éloignement, que faut-il penser de ce critère qu’on fait parfois intervenir? C’est un critère dont la valeur est biaisée au départ. Il n’a de sens que pour un Européen. Terre-Neuve est certes une île éloignée pour un Français. Mais pas pour le Canadien que je suis. Ce n’est donc pas un critère fiable.

Que dire des noms de départements en France ou encore de ses communes et de ses régions? Je ne veux même pas essayer de m’y retrouver. Le nom des îles a suffi à me faire comprendre qu’il y a là de quoi devenir fou.

Bref, que répondre à ce Canadien anglophone qui veut savoir quelle préposition utiliser devant les noms des provinces et territoires canadiens et surtout pourquoi utiliser l’une plutôt que l’autre? Je dois bien honnêtement avouer mon impuissance à lui expliquer pourquoi il doit dire : Je vais À Terre-Neuve, mais Je vais EN Ontario. Ce n’est pourtant pas parce que je n’ai pas essayé. Il sera donc contraint de mémoriser bêtement la préposition à utiliser devant le nom de chaque province et de chaque territoire du Canada (5). Et il devra en faire autant pour ce qui est des autres noms propres de lieu.

Je devrais me compter chanceux d’avoir le français comme langue maternelle. Du moins, pour ce problème particulier. Mais il y en a bien d’autres, par contre, où je dois, moi aussi, faire appel à ma mémoire et à elle seule.

La question reste entière : Pourquoi me faut-il, devant tel nom de lieu, utiliser telle préposition et non telle autre, si les grammairiens sont incapables de justifier correctement cette contrainte? Faire appel à l’USAGE, c’est bien joli. Mais n’est-ce pas admettre, discrètement il va sans dire, que la langue française ― il en est peut-être de même pour d’autres langues ― est bourrée de diktats, d’incohérences. Cela revient à dire : N’essayez pas de comprendre, c’est peine perdue. Contentez-vous de mémoriser… Directive qui s’applique aussi bien au francophone que je suis qu’à tout allophone.

Au fait, j’ai oublié de vous dire ce que je viens de trouver dans Le Bon Usage (11e éd., 1980, # 628), la grammaire de référence en français :

C’est l’USAGE qui apprendra dans quels cas les noms propres de pays doivent être précédés de EN, DE, sans article, et dans quels cas il faut dire AU, DU, DE LA, DANS LE, DANS LA,  avec l’article.

J’aime mieux ne pas voir la tête de ce pauvre Canadien anglophone quand il lira ce billet.

Maurice Rouleau

REM. : Si, en cliquant sur un hyperlien, vous recevez un message d’erreur, n’hésitez pas à m’en informer à l’adresse suivante : rouleaumaurice@videotron.ca.

(1)     États-unien serait un terme plus approprié que américain. Au sens propre du terme, « Américain » désigne toute personne originaire d’Amérique. Les Canadiens, les Mexicains, les Argentins, etc. sont tous, à ce titre,  des Américains. Mais l’usage en a décidé autrement. Seuls les États-uniens sont de nos jours dits « américains ». Comme si l’Amérique se résumait à leur pays! C’est du moins l’impression qu’ils donnent. À preuve, au golf, la President’s Cup (ou Presidents Cup, selon la source consultée), c’est le trophée que se disputent les États-Unis et le reste du monde (sauf l’Europe) dans un tournoi par équipes. La  Ryder Cup, elle, est un trophée de golf que se mérite le  vainqueur du tournoi qui oppose par équipes l’Europe et les États-Unis. Au billard (jeu du 9), la Mosconi Cup est le trophée que se disputent  l’Europe et les États-Unis.  Il y a donc les États-Unis et les autres…

(2)   Si jamais vous osez écrire « Les grands airs que chanteNT ce ténor… »,  vous vous ferez assurément taper sur les doigts. On vous dira, sur un ton qui ne laisse place à aucune contestation, que le verbe s’accorde avec son sujet. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai écrit « peu importeNT sa nationalité et son lieu de résidence ».  Mais j’aurais pu impunément écrire « peu importe sa nationalité et son lieu de résidence »! Pourquoi donc? Parce que les régents en ont ainsi décidé.  André Goosse (Le Bon Usage, 14e éd., # 936 – b) nous dit que, si le verbe précède le sujet, il y a une tendance « selon laquelle les receveurs d’accord (i.e. les verbes) restent invariables lorsque les donneurs (i.e. les sujets) suivent ceux-ci. Cette tendance est particulièrement vigoureuse si le verbe perd sa valeur normale. » Ce qui est, semble-t-il, le cas de « peu importe ».  Quelle valeur le verbe a-t-il alors acquis s’il n’a plus sa valeur normale?… Je me le demande.

(3) Pourquoi atmosphère est-il féminin et hémisphère  masculin? Pourquoi enclume est-il féminin, alors que agrume, costume, volume, eux, sont masculins? Pourquoi faut-il dire une aumône, une icône, mais un cône, un pylône, un trône? Sans oublier trampoline, que plusieurs font féminin, mais que les régents ont fait masculin. Qui nous dit qu’un jour la situation ne changera pas? Ce ne serait pas le premier mot à devenir un transgenre, si vous me permettez ce terme d’actualité.  (Voir  ICI.)

(4)   Voici ce que disait Jean-François Féraud en 1787-1788. Vous  constaterez que les usages actuels ne sont pas nécessairement ce qu’ils étaient. Je reproduis le texte avec la graphie et la ponctuation d’origine.

« Voici quelques règles générales. I. on met toujours en devant les noms de Royaumes [comprendre Pays], ou de Provinces, lorsqu’on ne leur done point d’article: en France, en Normandie, en Provence.

Devant les noms de Villes, on met à: À  Parisà Avignon.

Les noms de Royaumes qui prènent l’article, sont, la Chinele Japonle Péroule Mexiquele Canada, etc., et presque tous les pays du Nouveau-Monde. On dit, aller à la Chine, et non pas, en Chineau Japonau Pérou, etc. Le P. Bouhours excepte le Canada: l’on dit, aller en Canada: mais on dit certainement, au Maineau Perche.

Il est des Villes, en parlant desquelles on se servait aûtrefois de la prép. en. On disait, en Jérusalemen Arlesen Avignon; et plusieurs le disent encôre aujourd’hui: il faut dire, à Jérusalemà Arlesà Avignon. Pour les lieux qui ont un article constant devant leur nom; au lieu d’à, on dit au, ou, à laAu Caireau Mansà la Mecqueà la Flèche, etc. »

(5)  Le Canada compte 10 provinces et trois territoires fédéraux.

Les provinces sont, par ordre alphabétique, l’Alberta, la Colombie-Britannique,  l‘Île-du-Prince-Édouard, le Manitoba, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse,  l’ Ontario,  le Québec, la Saskatchewan [pourquoi ce nom est-il féminin et pas Manitoba?] et Terre-Neuve-et-Labrador (seul nom de province à s’employer sans article).

Les trois territoires fédéraux sont :  le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon.

La préposition à utiliser devant chacun de ces noms varie. L’USAGE veut que l’on dise

  • À,  dans deux cas : à Terre-Neuve, à l’Île-du-Prince-Edouard;
  • AU, dans trois cas : au Nouveau-Brunswick, au Québec (à Québec, s’il s’agit de la ville), au Manitoba;
  • EN, dans les cinq autres : en Ontario, en Saskatchewan, en Alberta, en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse.

Pour ce qui est des territoires, on dira  au Nunavut, au Yukon, mais dans les Territoires du Nord-Ouest.

 

P-S. — Si vous désirez être informé par courriel de la publication de mon prochain billet, vous  abonner est la solution idéale.

WordPress vient apparemment de simplifier cette opération. Dans le coin inférieur droit de la page d’accès à ce billet, vous devriez noter la présence de « + SUIVRE ». En cliquant sur ce mot, une fenêtre où inscrire votre adresse courriel apparaîtra. Il ne vous reste plus alors qu’à cliquer sur « Informez-moi ». Cela fonctionne-t-il ? À vous de me le dire.

Advertisements
Cet article a été publié dans Préposition imposée. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s