FEU / FEUE (1 de 2)

Valse-hésitation de      feu la… / la feue…

1-    Son accord et son étymologie

 

À Québec, le 28 juin 2011, à l’âge de 95 ans et 7 mois, s’est éteinte doucement, entourée de ses enfants, Mme Lucie Desjardins née Dubeau, épouse de feu Georges-Paul Desjardins. Elle était la fille de feu Conrad Dubeau et de feu Corinne Boucher (feu Alphoma Ragazzi en 2e noces), sœur de feu Gratien Dubeau (feu Cécile Massé) et de feu Jean-Marc Dubeau (Rose Desmarais).    

Voilà le court extrait que me faisait récemment parvenir une bonne amie à moi. Elle me  demandait si, en tant que réviseur, je ne serais pas fortement tenté d’intervenir. Sans être Sherlock Holmes, j’ai tout de suite deviné que c’était les feu qui la gênaient. Ce que j’ignorais, par contre, c’était le sens réel de sa question. Était-elle agacée par la répétition de l’adjectif, son accord, son usage, son sens? Je l’ignorais. Plutôt que de lui demander des précisions, j’ai préféré profiter de l’occasion pour examiner plus globalement le problème. Ce dernier n’avait, jusque là, jamais retenu mon attention. Nul besoin de vous dire qu’en fouillant j’ai fait des découvertes étonnantes.

Accord de feu

Dans la notice en question, l’accord de feu est conforme à la règle que dicte la grammaire. Selon Le Bon Usage (2008), 1- feu varie quand il est placé entre le déterminant (article défini ou adjectif possessif) et le nom (ex. : la feue reine, les feus rois); 2- il ne varie pas quand il précède le déterminant ou quand il n’y a pas de déterminant (ex. : feu ma mère, feu Marthe Dupont).

Chaque fois que je rencontre cet adjectif, je dois faire un effort pour me rappeler de cette règle. Il serait plus exact de dire que je dois faire un effort pour oublier que l’adjectif, qui normalement s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte, a, dans ce cas-ci, un comportement irrégulier. Cette règle est une autre bizarrerie de la langue française. Mais en tant qu’utilisateur, je dois connaître cette règle, et surtout ne pas me demander comment on en est arrivé là. Mais, il y a bien longtemps que j’ai cessé de croire à ces vérités imposées, d’où mon regimbement. J’ai donc fouillé, car je voulais en savoir plus.

  • En 1606, Nicot donne comme exemples d’emploi de cet adjectif : Le feu Roy, feu mon père. Comme le nom est masculin, cet exemple ne nous éclaire pas beaucoup.
  • Un peu avant 1650, Vaugelas écrit, dans ses Nouvelles remarques sur la langue françoise (ouvrage posthume), que feu est « un mot indéclinable (1) qui n’a ny genre ny  nombre · feu ma mére, et non feuë ma mére, comme quelques-uns escrivent . et feu mes fréres, et non feux (sic) mes fréres ».
  • Selon Gilles Ménage (Les Observations de M. Ménage sur la Langue Françoise, 1672), ceux qui jugent que feu est indéclinable « se trompent, & dans leur décision, & dans  la raison de leur décision. »
  • En 1675, Bouhours, fils spirituel de Vaugelas et jésuite de surcroît, écrit dans Remarques  nouvelles sur la langue françoise : « On demande si feu se dit d’une femme comme d’un homme, & s’il faut dire, la feu Reine Mere, ou la feüe Reine Mere. Les esprits sont  partagés là-dessus. » Mais lui, sans pour autant l’écrire formellement, opte pour l’invariabilité : à deux reprises dans ce même ouvrage (pp. 264 et 310), il écrit  la feu Reine mere.
  • En 1694, l’Académie (1e éd. du DAF) décide de l’accorder avec le nom auquel il se rapporte : « Feu mon pere. feuë ma mere. feu mon oncle ». Elle ne se prononce toutefois pas sur son emploi au pluriel, pas plus d’ailleurs que sur son utilisation après un déterminant (article défini ou adj. possessif). Que comprendre de ces silences? Que l’Académie ne voyait feu employé qu’au singulier? Qu’elle ne l’employait qu’avant un déterminant, et nulle part ailleurs ? Pourtant, on le trouve, à l’époque, avant comme après un déterminant, comme en fait foi cet extrait du Livre de raison (2), rédigé en 1695, par Joseph Peconnet : « Le 12 novembre 1695, nous avons passé contract de transaction, mon frere Martial  Peconnet et moy, sur la contestation […]  attandu que tout l’argent porté à l’invantaire faict après le deceds de feu mon père, et autre qui m’avoit été randu ensuite par ma feûe mere, aussy bien que la majeure partie des effectz portés audit inventaire… »    (p.  317)
  • En 1718, l’Académie (2e éd. du DAF), sans évidemment expliquer son geste, décide que « Ce mot [feu] n’a point de pluriel, & même il n’a pas de féminin lorsqu’il est placé avant l’article ou avant le pronom personnel (3). Ainsi, quoiqu’on dise, La feue Reine, il faut dire, Feu la Reine. »
  •  Un siècle plus tard, Littré (1872-1877) endosse la règle formulée par l’Académie en 1718, tout en s’interrogeant sur son bien-fondé et en y introduisant même une petite touche personnelle, qui survit encore aujourd’hui : la forme plurielle. Dans ses Remarques, il précise que : 2. Cette règle est contestée par plusieurs grammairiens qui repoussent une pareille anomalie. 3. D’après l’Académie, feu n’a pas de pluriel ; cette remarque n’est pas fondée; et il est correct de dire : les feus rois de Prusse et d’Angleterre. On dirait aussi, mais sans accord : feu mes oncles.
  • En 1932-35, l’Académie (8e éd. du DAF) revient sur sa décision. Elle lui reconnaît alors la forme plurielle, mais il semble bien que ce soit à contrecœur. En effet, elle donne comme exemple Les  feus rois de Suède et de Danemark, qu’elle fait suivre immédiatement  de : « Il ne se dit guère au pluriel. » S’il ne se dit guère, pourquoi en avoir alors fourni un exemple? Cette remarque est fort heureusement disparue dans la 9e édition (1985-…).

Vous ne l’avez peut-être pas remarqué, mais aucun de ces ouvrages ne fait mention de l’emploi de feu suivi immédiatement d’un nom propre. Il est toujours suivi d’un nom commun de fonction (roi, reine) ou de parenté (père, mère). Alors d’où vient qu’il faille écrire, comme le disent Hanse et Goosse, feu Marthe Dupont plutôt que feue Marthe Dupont? Pourquoi l’absence du déterminant doit-elle être le facteur décisif? Ne pourrait-on pas paraphraser en disant : (la) feue Marthe Dupont et, par conséquent,  faire l’accord? Ce serait sans doute trop simple…

Comme on vient de le voir, la règle actuelle a eu du mal à s’établir – on comprend aisément pourquoi. On pourrait même aller jusqu’à dire qu’elle en a encore. C’est du moins ce que laisse clairement entendre Goosse, dans Le Bon Usage (14e éd., 2008). Les auteurs qui dérogent à la règle ne sont pas des analphabètes : Marcel Proust (1927), Albert Thibaudet (1927), Henri Bosco (1948), Marie Gevers (1943), Georges Bernanos (1929, 1950), Étienne Gilson, académicien (1967), Maurice Rat, (Figaro litt., déc. 1962); Gilles Roques (Revue de ling. rom., 1991), entre autres. Comment expliquer que ces auteurs aient pu faire une telle « faute »? Ce ne sont pas, que je sache, de fortes têtes. Le grand responsable de leur apparente rébellion, c’est leur gros bon sens. Ils n’ont jamais pensé qu’un adjectif pouvait ne pas s’accorder, en genre et en nombre, avec le nom auquel il se rapporte. Ils ont donc fait ce que Pierre Encrevé appelle une  « faute intelligente », c’est-à-dire une faute – puisqu’il faut l’appeler par son nom –, d’après le diktat grammatical, mais qui s’explique par la simple logique.

Bref, la règle veut que…, mais tous les utilisateurs ne le savent pas… La  connaissance de la règle générale l’emporte parfois sur celle des exceptions. Quoi de plus normal!  Surtout quand on est incapable de justifier la règle que nous impose la grammaire.

Goosse (Bon Usage, 14e éd., p. 529) a beau admettre que les « grammairiens ont parfois inventé des subtilités peu utiles », il n’est pas prêt, pour autant, à endosser la  déclaration de P. Guiraud : « C’est un des traits fondamentaux du français que l’accord n’y est qu’une survivance, maintenue par l’action arbitraire des grammairiens. Il survit et sévit surtout dans l’orthographe et n’existe qu’à l’état de vestige dans la langue parlée. » Il la trouve, dit-il, excessive. N’est-ce pas admettre implicitement qu’elle est en partie vraie? Et l’accord de feu en est un bel exemple.

Étymologie de feu

Mais comment en est-on venu à décider de cet accord fantaisiste? Comment expliquer qu’un adjectif ne s’accorde pas toujours, en genre et en nombre, avec le nom  auquel il se rapporte? Un petit retour en arrière va nous faire voir que les explications varient selon les sources. Chaque auteur se fait fort d’avoir la bonne explication; celle fournie par les autres est, évidemment, à rejeter…

  • En 1606, Nicot nous dit que feu vient du latin defunctus, auquel on a retranché le de-, et non de  focus, comme certains le prétendent; il envisage même qu’il puisse aussi venir du passé simple fuit du verbe « être », feu signifiant alors qui fut, qui a été, autrement dit qui n’est plus, qui est décédé.
  • En 1647, Vaugelas avoue qu’on sait peu de chose sur l’étymologie de feu. Ceux qui le font dériver de feu (manifestation d’une combustion) font preuve, dit-il, de beaucoup d’imagination. D’après lui, ce mot viendrait apparemment de fut, passé simple du verbe être. Ce qui renforce cette idée, c’est qu’on a relevé la forme plurielle f(e)urent dans un texte de 1501 : Les portraictures de furent mondict seigneur le chancelier et de madame Guigone de Salins, sa femme… (cité par Goosse, p. 728, H3). – Comprendre : les portraits de feu le chancelier et de feu sa femme… Ces deux personnes furent, mais ne sont plus.
  • En 1672, G. Ménage  rejette l’idée que cet adjectif vienne de fuit, même si Montaigne l’a dit. Ceux qui pensent ainsi se trompent. Feu vient, à ne pas en douter, de felix. Felix, felicis, felice, felce, feu! Ceux qui s’expriment bien disent : « la feüe Reine Mére, & non pas, la feu Reine Mére ». Il s’en trouve qui ne l’accordent pas, mais ceux-là ne sont pas à  imiter, selon lui.
  • En 1675, Bouhours (1675, pp. 553-4) maintient que feu vient de fuit, et non pas de felix, comme le prétend Ménage. Ces deux auteurs se sont crêpé le chignon à ce sujet, par écrits interposés.
  • En 1932, Bloch et von Wartburg, dans leur Dictionnaire étymologique de la langue française, avancent une autre explication : feu viendrait du latin populaire fatutus, dérivé de fatum (destin), dont le sens original « qui a une bonne ou mauvaise destinée » a été remplacé, au XIIIe siècle, par « qui a accompli sa destinée ».

En 2008, Goosse (Le Bon Usage, 14e éd., p. 728, # 561-b H3) s’aligne sur le point de vue de Bloch et von Wartburg. Feu vient de fatutus / fatum et non pas de fu, ni de fuit, ni de felix. Ces fausses étymologies (4) justifiaient l’invariabilité de l’adjectif, invariabilité qu’il explique par le fait que « quand le receveur (p. ex. un adjectif) précède le donneur (p. ex. un nom), on observe une tendance à laisser le receveur invariable. » Pour un grammairien, une tendance est peut-être une explication, mais pour moi, ce n’est pas aussi évident.

Force est de reconnaître que, dans les points de vue présentés, il y en a pour tous  les goûts. Chacun prêche pour sa paroisse, appuyant l’argument qui convient à sa croyance. Mais que je sache, l’étymologie n’est pas une science exacte.

Bref, on fait feu invariable dans certains cas; variable dans d’autres. Cette particularité ne s’explique que par « c’est la règle ». Il est vrai, comme le dit Goosse, que cette règle a eu de la difficulté à s’imposer et elle en a encore. C’est d’ailleurs fort compréhensible. On pourrait même se demander pourquoi on ne la change pas… Il y aurait moins de fautes faites par les bons auteurs!

À SUIVRE

Maurice Rouleau

(1)  « Indéclinable » veut dire « invariable ». C’est François 1er (Ordonnance de Villers-Cotterêts, 1539) qui fait du français la langue officielle du droit et de l’administration en lieu et place du latin et autres langues du pays. Le latin était la langue des lettrés. C’est  ce qui explique que Vaugelas la connaisse très bien et y fasse souvent référence. En latin, les mots sont déclinables : leurs terminaisons, ou désinences, varient selon leurs fonctions dans la phrase. Par exemple, le mot « rose » se dit rosa s’il est sujet; rosam, s’il est COD ; rosae, s’il est complément du nom, etc.  L’ancienne langue française avait  conservé certaines désinences, qu’elle a finalement laissé tomber. Ainsi, les mots déclinables sont devenus indéclinables, c’est-à-dire invariables.
(2)   Terme de comptabilité. Aujourd’hui, on dit «grand livre ».

(3)   Il faut ici comprendre « adjectif possessif ». Le métalangage de l’époque a évolué. Ce n’est que dans la 6e édition du DAF (1832-1835) que l’on voit apparaître «  adjectif  possessif » en remplacement de « pronom personnel ».

(4)    J’aimerais bien savoir ce qui rend ces étymologies fausses et celle de  Bloch & von Wartburg, la seule vraie.

P.-S. –  Dans le prochain billet, je poursuivrai mon examen de l’adjectif feu. Je traiterai de son sens et de son emploi.

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9 commentaires pour FEU / FEUE (1 de 2)

  1. Yurani Andergan dit :

    Pour ma part, j’en tiens à Vaugelas et Bouhours quant à l’étymologie de feu. On trouve dans des contrats de mariage fin XVIe-XVIIe et des registres paroissiaux du XVIIe en Bourgogne de très nombreuses fois des mentions telles que « … Jean X fils de feürent Pierre X et Marguerite Y… », selon une logique de formulation bien établie et peu susceptible d’avoir été influencée par un « italianisme de cour ».

  2. Richard Guenette dit :

    En rédigeant différentes lignées généalogiques ascendants de mariage, j’ai rencontré fréquemment les termes défunt et feu pour signifier un parent décédé lors de l’identification des parents du ou de la mariée dans les registres du 17e au 20e siècle tant pour les mariages que les décès. Or, les deux adjectifs ne sont pas équivalents, et, voici la nuance que j’ai trouvée pour leur utilisation en consultant le téléphone linguistique de l’Office de la langue française :
    L’adjectif feu origine du XIe siècle, malfeüz, « malheureux », puis « qui a accompli sa destinée, mort ». Issu du latin fatum, « destin », signifie « décédé récemment ». Pour parler d’une personne décédée de longue date, il faut utiliser l’adjectif défunt qui origine du XIIIe siècle, au sens emprunté du latin defunctus, « mort », issu de defunctus (devita), « qui a achevé sa vie », participe passé de defungi, « accomplir, achever ». Toutefois, aujourd’hui dans les chroniques de décès des différents quotidiens, cet usage ne se retrouve plus ; c’est l’adjectif feu qui est utilisé tant pour les décès de longue date que récents. Quant au mot défunt, il peut être utilisé aussi bien comme adjectif qu’un nom dans le sens de la personne morte, trépassée, du regretté, du disparu, etc. Par ailleurs, en notre époque, nous ne retrouvons plus l’adjectif défunt dans les rubriques de décès car il a été supplanté par celui de feu.
    Quant à l’accord de l’adjectif feu, trois situations peuvent se présenter :
    1. feu est placé devant un article défini ou un adjectif possessif, et il est alors invariable ; par exemple, feu la reine, feu votre mère, etc.
    2. feu est placé après un article ou un adjectif possessif; dans ce cas, il s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte ; par exemple, sa feue belle-sœur, leurs feus grands-parents, etc.
    3. feu est suivi d’un titre de civilité, et il ne s’accorde pas ; par exemple, Feu madame votre mère, etc.
    En résumé, l’adjectif feu ne s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte que s’il est placé après un article ou un adjectif possessif. Comparez les trois exemples suivants :
    • Feu votre mère – Votre feue mère – Feu madame votre mère .
    En résumé:
    On emploie l’adjectif défunt pour parler d’une personne qui est décédée depuis un certain temps, par opposition à feu (« décédé depuis peu de temps »).

  3. Anton dit :

    Bonjour,
    Tout d’abord merci pour votre très intéressant article.
    J’ai simplement une question. Je lis dans la notice de « feu » issue des Trésors de la langue française informatisé, qui est usuellement une source fiable, que « Jusqu’à l’arrêté ministériel du 26 février 1901, l’adj. s’accorde avec le nom qui suit quand il garde sa valeur d’épithète c’est-à-dire quand il est précédé d’un adj. poss. ou d’un article : ma feue sœur, la feue souveraine. Dans les autres cas il est inv. pouvant être considéré comme un simple préf. : feu la reine. Depuis l’arrêté on fait l’accord dans tous les cas ».
    Aux termes de la dernière phrase, la règle conservée par le Bon usage me semble alors caduque (en plus d’être un peu contre-intuitive à mon goût), non ?

    • rouleaum dit :

      Le TLFi est une source aussi fiable que tout autre dictionnaire. Ou aussi peu fiable. C’est selon. Il faut savoir que cet ouvrage ne fait que présenter ce que les autres sources (uniquement celles des XIXe et XXe siècles) ont donné. (Voir Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Tr%C3%A9sor_de_la_langue_fran%C3%A7aise_informatis%C3%A9)
      http://rocbo.lautre.net/orthog/reforme_orthog_1901.html

      L’arrête ministériel dont il est question est intitulé : « Arrêté relatif à la simplification de l’enseignement de la syntaxe française ». Dans la Liste annexée à l’arrêté, on peut lire :
      NU, DEMI, FEU.- On tolérera l’accord de ces adjectifs avec le substantif qu’ils précèdent.
      nu ou nus pieds, une demi ou une demie heure (sans trait d’union entre les mots), feu ou feue la reine.
      Mais cet arrêté a eu le sort que les régents réservent généralement à ce genre de document : il a été tabletté. Il y en a eu un autre en 1976, l’arrêté Haby : Tolérances grammaticales ou orthographiques. Dans ce dernier, il est encore question des adjectifs NU et DEMI, mais pas de FEU. Les tolérances proposées n’ont pas été tolérées!

      Quand on se met à scruter l’histoire de la langue, on se rend vite compte que « trop de cuisiniers gâtent la sauce ».

      • Anton dit :

        Ah effectivement il est intéressant de constater que l’arrêté suivant n’a pas repris cette tolérance !
        Dans ce cas je m’incline et je m’en tiendrai à la règle du Bon usage que vous avez expliquée. Merci beaucoup !

  4. Nikole dit :

    Dans : Merci professeur, BC ne signale pas cette « non-tolérance » de 1976. Je crois que je vais m’autoriser encore quelques temps, parce que j’aime décidément mieux ça :-), sans m’occuper d’Haby, qui ne fait pas le moine, « feue » ma mère (que je préfère, phoniquement, à « ma feue mère »), et puis je remarcherai dans les clous, le plaisir … éteint …

  5. VIVIANE MARCON dit :

    Sur la transcription de déces de ma grand-mère, née en 1908, il est écrit, fille de feu, Jean P et de feue Jeanne B.
    Pouvez-vous me dire ce que cela signifie ? merci beaucoup pour vos lumières.

    • rouleaum dit :

      Si vous consultez votre dictionnaire, vous verrez que cet adjectif signifie « décédé ».

      Sur l’acte de décès de votre grand-mère il est écrit que ses parents (vos arrières-grands-parents) étaient décédés. Cette information n’est pas toujours pertinente. Si votre grand-mère est décédée à 50 ans, par exemple, ses parents pourraient fort bien être encore vivants. C’est dans le domaine du possible. Mais si elle est morte à 90 ans, cela va presque de soi que ses parents soient décédés.

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